Allergies et Cie

C’est l’histoire de la baignoire qui se vide tandis que les robinets sont restés ouverts. Nous avons tous connu cela à l’école primaire. La question est de savoir si la baignoire va se vider complètement ou, au contraire déborder, et cela en combien de temps.

En fait, tout dépend si elle se vide plus vite qu’elle ne se remplit. Dans le cas contraire, c’est la catastrophe assurée et le sol de la salle de bain risque fort d’être inondé.

Le Dr Randolph 1, allergologue, eut l’idée d’expliquer le phénomène de l’allergie en utilisant cette comparaison que, pour ma part, je trouve très explicite. Il imagine que notre corps est comme un tonneau qui se remplit tous les jours de produits toxiques mais qui, heureusement, élimine aussi en permanence des matières indésirables. Quand l’absorption devient supérieure à l’élimination, le tonneau déborde ou, plus simplement, nous tombons malade.

Côté absorption, nous ne sommes plus hélas au Paléolithique et nous sommes soumis tous les jours aux déchets de nos activités humaines. Ces produits viennent essentiellement de trois sources :

1 – de notre nourriture : plus nous consommons des produits de l’agriculture traditionnelle et de l’élevage intensif, plus nous ingérons les restes de pesticides, herbicides, engrais de synthèse, antibiotiques, hormones de croissance… et j’en passe. Les produits de l’agriculture biologique sont évidemment la première façon d’éviter d’accumuler ces déchets parfaitement inutiles, le « bio » ayant maintenant fait la preuve de sa supériorité incontestable en matière de qualité des produits et, ce qui ennuie bien ses détracteurs, en termes de production également puisqu’il s’avère non seulement comparable mais supérieur à l’agriculture intensive.

2 – de l’air que nous respirons : c’est une banalité que de dire qu’il est pollué car tout le monde le sait et c’est même devenu un phénomène inquiétant dans de nombreux endroits du monde. Il n’y a pas que les fumées d’usines car l’élevage intensif y est pour beaucoup ainsi que les moteurs diesel. Certes, les constructeurs automobile ont inventé les filtres à microparticules mais, d’une part pour qu’ils soient efficaces, il convient que les moteurs aient chauffé préalablement une dizaine de minutes ce qui rend le dispositif quasiment inopérant en ville, d’autre part de nombreux conducteurs les enlèvent afin d’améliorer les performances de leurs moteurs. Il n’existe pas, malheureusement, beaucoup de moyens de se prémunir contre une telle pollution, à moins d’habiter une campagne éloignée et préservée.

3 – les vêtements que nous portons : la troisième source est moins connue mais tout aussi dangereuse. Les vêtements, portés souvent à même la peau, sont aux premières loges pour absorber les polluants qu’ils contiennent. Les vêtements, en effet, sont fabriqués dans le pire des cas dans des tissus synthétiques dont on persiste à vouloir ignorer les effets et, dans le meilleur, dans des matières naturelles (comme le coton) qui auront subi tellement de traitements, depuis la croissance de la plante jusqu’à la présentation du tissu, qu’on risque de rencontrer autant de problèmes que dans le cas précédent.  En plus, sachez que dès qu’un vêtement est réputé « anti » quelque chose (taches, repassage…), cela signifie automatiquement qu’il contient des résidus de produits nocifs.

Là aussi, comme pour la nourriture, le « bio » permet de limiter les dégâts. Des adresses de plus en plus nombreuses existent sur Internet : il suffit de chercher. J’ai même trouvé sur le marché, des personnes qui vendaient des vêtement en chanvre (inusables).

Voyons maintenant comment vider le tonneau, c’est à dire ce qui existe côté élimination.

D’abord, il y a le système sanguin que tout le monde connaît et qui fait le ménage en permanence dans nos cellules. On pourra l’aider en buvant beaucoup une eau peu minéralisée (si en effet celle-ci est trop minéralisée au départ, comment voulez-vous qu’elle se charge des déchets en plus ?). Mais il existe aussi un autre système beaucoup plus discret, trop méconnu (même des médecins) et négligé : le système lymphatique. Il joue également un grand rôle dans l’élimination des toxines. Le but étant évidemment que celles-ci stagnent le moins longtemps possible dans l’organisme.

C’est maintenant que l’image du tonneau est très parlante car, moins nous remplirons celui-ci et plus nous le viderons, moins nous aurons de risques de succomber aux allergies. Donc à des traitements compliqués et dont les effets secondaires sont souvent graves.

Selon le vieux principe qui se vérifie tous les jours, mieux vaut donc prévenir que guérir.

Si maintenant, vous trouvez que le « bio » coûte trop cher (ce qui n’est d’ailleurs pas toujours vrai), pensez à ce que disent les Russes : « Je n’ai pas les moyens d’acheter bon marché ».

  1 cité par CLEMENT (Dr Anna Maria) et (Dr Brian), Ces vêtements qui nous tuent, Paris, Guy Tredaniel, 2012.

 

 

 

Crédit photo : <a href=’http://fr.123rf.com/photo_15566799_retro-bathroom-with-plank-wood-floor.html’>siraanamwong / 123RF Banque d’images</a>