LE SURPOIDS EST TOUJOURS UN DANGER

UNE ESCROQUERIE GÉNÉRALISÉE

On a pris la triste habitude de s’accoutumer au surpoids. On dit même : « un bon gros », pour dire que l’embonpoint est sympathique. En ne tenant pas compte de ce que peut ressentir la/le principal/e intéressé/e et, qui la plupart du temps, est juste l’inverse. Il est donc important de remettre les compteurs à l’heure et pour cela de reconsidérer la situation dans son ensemble depuis l’origine.

Tout d’abord, d’après ce qu’on sait, nos ancêtres n’étaient pas gras. Au Paléolithique, ils mangeaient beaucoup de végétaux (sans céréales, ni lait, ni sucre, ni sel…), affrontaient régulièrement des famines (donc subissaient des jeûnes obligés) et avaient une activité physique importante… : autant de raisons qui faisaient qu’il était quasiment impossible de grossir.

Par la suite, et jusqu’à très récemment, les hommes ont peu mangé pour la bonne raison qu’ils n’en avaient pas les moyens et ils ont toujours pratiqué de nombreuses activités physiques. Les rentiers ventripotents (alors signe de richesse) sont apparus progressivement mais sont restés une minorité. Ce n’est en vérité qu’avec le vingtième siècle que les choses ont changé et, depuis ce temps-là, ne cessent d’empirer.

Aujourd’hui, le surpoids et l’obésité gagnent tous les pays du monde et sont devenus un véritable fléau mondial qui menace l’avenir de l’humanité (et je pèse mes mots !) et nous coûte une large fortune car c’est l’antichambre de nombreuses maladies qu’on appelle pudiquement : « de civilisation ». On ne sait d’ailleurs pas comment enrayer cette tendance regrettable d’autant que cela rapporte beaucoup d’argent à des laboratoires pharmaceutiques, à des médecins, à des hôpitaux et à des industriels de l’agro-alimentaire qui en vivent grassement1.

Il est temps de mettre les deux pieds dans le plat et de dénoncer cette escroquerie généralisée avec laquelle nous allons droit dans le mur. C’est exactement ce que j’ai décidé de faire ! Ce qui est réconfortant dans cette difficile aventure, c’est que des médecins, et non des moindres, se sont aperçus de ce qui se passait et ne sont pas les derniers à réagir, même si ce mouvement est encore assez débutant2.

GROSSIR DÉSESPÉRÉMENT

Revenons à celle ou celui qui est en surpoids et essayons de nous mettre à sa place si nous voulons la/le comprendre.

D’abord, la personne se voit grossir, ce qu’elle constate tous les jours sur son pèse-personne. C’est, au début, un problème simplement esthétique mais on la rassure en lui disant toutes sortes de choses qui sonnent faux. Du genre : « Mieux vaut faire envie que pitié », « c’est normal : en vieillissant, on prend du poids » etc. Évidemment, cela ne rassure que ceux qui le disent car celui ou celle qui est en surpoids voit bien qu’on se détourne d’elle ou de lui, qu’on lui préfère celle ou celui qui est plus mince. Car la première préoccupation est surtout esthétique : on est moins attirant. Dire que les hommes préfèrent les grosses, n’est qu’une triste tentative de consolation qui n’abuse personne. Bien souvent, tout cela entraîne une déprime plus ou moins bien dissimulée (et en qualité de psychanalyste, cela ne m’a pas échappé).

D’autant que s’ajoutent rapidement les problèmes matériels. Changer sa garde-robe coûte cher d’autant que les grandes tailles (plus chère bien sûr) ne sont disponibles que dans des magasins spécialisés. Quant aux régimes pour maigrir, ils ne marchent pas (voir mon étude à ce sujet). Votre médecins lui, n’y connait rien car cela ne faisait pas partie du programme de ses études médicales et seulement 6 % de ses condisciples on fait des études complémentaires spécialisées. Pour ce qui est de l’aspect psychologique (changer de mode alimentaire), peu de gens en vérité savent comment s’y prendre, même parmi ceux qui font profession de travailler sur la psyché.

Alors ? Alors rien, ça continue : on souffre et ça empire.

Bientôt viennent les essoufflements quand on monte les escaliers, la limitation des mouvement, les troubles de santé… « Il vous faut perdre du poids ! » vous dit-on. D’accord, vous voudriez bien, mais comment faire ? Personne n’est capable de vous le dire !

Vous essayez bien de vous remettre à faire du sport, mais après avoir perdu quelques litres d’eau au début, la fonte du poids s’arrête. Il arrive même que vous en preniez davantage car les muscles pèsent plus lourd que la graisse !

Alors, vous prenez votre mal en patience, vous essayez de vous adapter… jusqu’à ce qu’une maladie grave survienne, dernière station avant l’autoroute, si j’ose dire. Mais, là encore, les médecins allopathiques ne savent pas du tout vous aider : pourquoi ? Simplement parce qu’ils ne savent pas quoi faire eux mêmes et que les médicaments sont, comme on pouvait s’en douter, inopérants dans ces cas-là..

Un élément supplémentaire vous arrête : on raconte que tout ce qui est réputé gastronomique est mauvais pour la santé. Ce qui, je le souligne, est archi-faux. On pourrait presque dire le contraire  ! Pour l’avoir expérimenté, je peux affirmer que de simples légumes ou fruits crus ont une saveur incomparable, une délicatesse de goût et offrent une palette de saveurs à côté de laquelle les préparations des plus grands chef paraissent ternes. Seul problème : il sont très mal connus.

LE SURPOIDS : UN DANGER MAJEUR

Tout cela m’amène à vous dire, même si je ne me fais pas que des amis, que

LE SURPOIDS, MÊME LÉGER, EST TOUJOURS, DANS TOUS LES CAS, UN DANGER MAJEUR.

Lisez bien ce que dit à ce propos le Pr Joyeux dont on ne saurait mettre l’expertise en doute. Parmi les origines du cancer du sein, il cite : « …responsables de surpoids et de gras qui se stocke dans les glandes mammaires. Le gras dans les seins est en effet authentiquement cancérigène. » (c’est moi qui souligne). On pourrait en dire autant du ventre. Donc, il ne saurait être question seulement de raisons esthétiques mais plutôt de facteurs de santé, et ce quelque soit l’âge de la personne.

Cela dit, pas de panique ! Je ne dis pas cela pour vous culpabiliser davantage (vous l’êtes déjà certainement bien assez comme cela !) mais pour vous avertir et vous rendre responsable de la suite. Sil n’y avait pas de solution, je ne vous le dirais pas non plus. Mais, en fait (voilà enfin une bonne nouvelle !), il existe toujours un moyen de vous tirer de ce mauvais pas (oui, vous avez bien lu : on peut commencer à manger correctement à n’importe que âge et quitter cette situation infernale dans laquelle l’ignorance vous a enfermé/e).

LE POURQUOI DU COMMENT

Je vous explique tout :

Normalement, l’organisme est en équilibre : il n’absorbe que ce dont il a besoin et élimine ce qui est superflu. Le surpoids et l’obésité n’existent pas dans la nature. Ainsi, vous n’avez jamais vu un lapin obèse qui ne pouvais plus courir ni un faisan que son poids empêchait de décoller. C’est la même chose pour l’homme !

Il convient donc de considérer que tout surpoids est le fruit d’un dysfonctionnement de l’organisme, résultat à la fois de l’alimentation (sur le plan qualitatif comme sur le plan quantitatif) ainsi que du mode de vie. Autrement dit, il s’agit d’un avertissement à prendre au sérieux et surtout pas d’un incident banal ou normal qu’on pourrait vouloir minimiser pour se donner bonne conscience. Même en vieillissant, même après la ménopause, même… il ne s’agit pas d’une simple préoccupation esthétique et on devrait toujours rester mince. N’oublions pas ce qu’a écrit le Dr Philippe Dransart3 que j’invite chacun à méditer : « Il est rare qu’un événement nous secoue sans avoir préalablement frappé à la porte, mais nous n’entendons pas. Notre vie est remplie d’une multitude de choses à travers lesquelles, si nous sommes attentifs, semble se dessiner une répétition d’expériences semblables, que nous vivons et revivons jusqu’à en comprendre le sens. Ces expériences souvent nous dérangent mais leur but est toujours la liberté, notre liberté ».

HIPPOCRATE, AU SECOURS !

Si on en revient à la médecine, d’Hippocrate au Dr Paul Cartonen passant par les plus célèbres médecins de l’histoire, on rencontre toujours le même discours. Pasteur lui-même sur son lit de mort reconnut qu’il s’était trompé et a avoué, comme le Pr Antoine Béchamp son ennemi de toujours, : « Le microbe n’est rien, le terrain est tout ». Le malheur est que la médecine allopathique ainsi que les laboratoires pharmaceutiques, pour des questions d’intérêt financier, ne l’ont pas entendu (ou n’ont pas voulu l’entendre !) et ont poussé la médecine dans une impasse.

Mais heureusement, de toutes parts aujourd’hui, on en prend conscience de la réalité, timidement d’abord, puis de plus en plus fort. En ce qui me concerne en tous cas, aucune hésitation n’est possible : l’état du terrain est la source de toutes les maladies. Or le surpoids et, à plus forte raison, l’obésité, est le signe indubitable d’un encrassement du terrain. Donc un signe précurseur à ne pas négliger.

Comment se sortir de ce guêpier ?

Contrairement à ce que raconte la rumeur populaire : c’est possible et même plus simple qu’on ne croît !

Par contre, ce qui est plus difficile, c’est de modifier ses habitudes. Comment changer l’organisation des neurones qui s’établit en fonction des usages de l’individu5 ?

INSUFFISANCE DE LA VOLONTÉ

En fait, je travaille depuis une trentaine d’années sur le processus de changementet, au début de cette aventure, je croyais naïvement que ce qui s’opposait au changement, c’était le manque d’un processus fiable et, en ce sens là, nos travaux apportèrent vraiment quelque chose de positif. Seulement voilà, ce fut insuffisant et l’observation du Dr Norman Doidge5 est fondamentale : les neurones dans le cerveau adoptent une organisation particulière en fonction de nos habitudes et, à plus forte raison, nos accoutumances à divers produits toxiques ou drogues font la même chose et on finit par les aimer ou par croire qu’ils nous sont indispensables, comme le tabac ou le sucre entre autres. Et, dès lors qu’il faut intervenir sur le biologique, la simple volonté s’avère totalement insuffisante.

Il convient alors d’adopter une stratégie mieux adaptée et beaucoup plus fine.

Seulement voilà, nous sommes tous différents de par notre sexe, notre âge, notre constitution, notre hérédité, notre histoire… Il est donc nécessaire de trouver pour chacun et dans chaque cas, bien souvent par tâtonnements successifs, une manière de faire qui fonctionne.

C’est la raison d’être essentielle de la nutri-analyse qui part, à la fois, des connaissances de la nutrition et de celles de l’inconscient qu’apporte la psychanalyse.

Alors, faut-il se faire aider ? Je réponds sans hésitation : oui. On ne peut pas, en effet, être à la fenêtre et se regarder passer dans la rue.

En fait, le choix est simple : patauger éternellement et ne parvenir à aucun résultat ou bien demander un coup de main quand cela est nécessaire.

Á vous de choisir !

1 - DELÉPINE (Dr Nicole), Le cancer : un féaux qui rapporte, Paris, Michalon, 2013.

- Entre autres : LORGERIL (Dr Michel de), Cholestérol, mensonges et propagande, Vergèze, Éditions Thierry Souccar, 2008 ;

EVEN (Pr Philippe), La vérité sur le cholestérol, Paris, Cherche Midi, 2013…

- DRANSART (Dr Philippe),  La maladie cherche à me guérir, Grenoble, Le Mercure Dauphinois, 1999.

- VASEY (Christopher), Le message du Dr Paul Carton, Fillinfes, TROIS FONTAINES, 1992

- DOIDGE (Dr Norman), Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau, Paris, Belfond, 2008.

- DESMARAIS (Jean-Michel), HAMELLE (Brigitte) et NIEWENGLOWSKI (Pierre), Anticiper et vivre le changement, Paris, Les Éditions d’Organisation, 1990.

 

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J’AI TOUT ESSAYÉ…

OUI MAIS QUOI ?

Il arrive qu’une de mes lectrices ou  un de mes lecteurs me dise : « Vous savez, j’ai tout essayé … ! » avec un air de découragement.

Cela n’a rien d’étonnant !J’explique en effet pourquoi dans une étude intitulée : « Pourquoi aucun régime n’a jamais marché et ne marchera jamais ». Cette étude est à votre disposition gratuitement sur le site http://nutri-analyse.com tant je suis révolté par les procédés et les mensonges utilisés pour répandre des illusions auxquelles trop de personnes encore se laissent prendre.

En fait, quand on me dit qu’on a tout essayé, on fait allusion aux régimes du commerce qui ne sont que des « coups marketing », tels des miroirs aux alouettes.

SPÉCIALISTES MON CUL…

… aurait dit la Zazie de Raymond Queneau !

Car, évidemment, pour donner davantage de crédibilité à leur entreprise, les promoteurs de ces soi-disant régimes n’hésitent pas à enfiler une blouse blanche (authentique !) ou à faire état d’un diplôme de médecin (l’un d’entre eux a même réussi la performance – re authentique ! -  de se faire exclure de l’Ordre des Médecins). Petite précision : la nutrition ne fait pas partie du cursus médical et seulement 6 % des médecins poursuivent une spécialité dans ce domaine. Encore faut-il ajouter que cette formation complémentaire est en général extrêmement classique, avec trois métros de retard sur les dernières découvertes dans le domaine de la nutrition.

Quant aux nutritionnistes, ils connaissent certes les bases de la nutrition bien que leurs connaissances soient souvent très en retard (comme celle des médecins) mais ils servent très souvent de caution aux hôpitaux et aux cliniques pour faire croire qu’on donne aux patients une nourritures adaptée à leur maladie et à leurs goûts, alors qu’on leur refile une pâtée industrielle de collectivité qui vient tout droit des cuisines centrales industrialisées qui s’approvisionnent elles-même dans les supermarchés les moins chers !

Le résultat est celui que vous connaissez : le surpoids et l’obésité connaissent aujourd’hui une inflation galopante, la culpabilité aussi du même coup. Et ce n’est pas fini !

Pas étonnant ! Les recommandations officielles elles-mêmes sont aberrantes car à la solde des labos pharmaceutiques !

 

POURQUOI DÉPENSER DE L’ARGENT ?

En plus, conséquence de ce qui précède, les régimes coûtent cher, voire très cher. Normal, ces opérations ont un but financer habilement dissimulé. Donc vous ne perdez que rarement quelque chose côté rondeurs mais par contre, côté porte-monnaie, c’est garanti !

Allez plutôt sur le site http://nutri-analyse.com : c’est gratuit !

Mais, curieusement, on dirait au contraire que plus c’est cher, plus le régime a du succès ! On finira par trouver que le « rien du tout » est hors de prix. Comment expliquer cela ?

C’est très simple. Tous les régimes du commerce commencent par vous culpabiliser un maximum : si vous êtes en surpoids ou obèse c’est, d’abord parce que vous mangez trop (vous êtes un goinfre !), ensuite parce que vous êtes un gros gourmand (en quelque sorte, un drogué de la pâtisserie) et enfin, parce que vous ne faites pas de sport (en oubliant que si on court le marathon, c’est parce qu’on est mince et non qu’on devient pas mince en courant le marathon).

En oubliant également de dire qu’on nous manipule tant et plus pour nous faire manger des produits séduisants1 (mais dont la composition est infâme), que la configuration des personnes comme leur histoire est particulière, que les raisons psychologiques existent (mais, la psychologie, on dirait que personne ne la connaît !).

Quand on a bien culpabilisé le prospect et qu’on l’a assailli de publicités diverses et variées                                            (ça s’appelle du matraquage publicitaire), celui-ci finit par craquer dans un moment de faiblesse et, qu’importe le régime, pourvu qu’il soit cher. Car plus on est culpabilisé, plus il faut que le régime soit cher (forcément : pour se déculpabiliser. Parlez-en à votre psy, il vous expliquera) !

En résumé :

Culpabilisation + MATRAQUAGE PUBLICITAIRE

= ACTE D’ACHAT ET GROS PROFITS

UN PROBLEME PRIS Á L’ENVERS

En fait, le problème est simple mais on vous fait croire qu’il est compliqué pour mieux vous enfumer. Évidemment, je ne vais pas me faire des amis en rétablissant le bon ordre des choses mais, tant pis ! Alors voilà :

CE N’EST PAS PARCE QUE VOUS ÊTES EN SURPOIDS (OU EN SOUSPOIDS C’EST LE MÊME PROBLÈME) QUE VOUS ÊTES EN MAUVAISE SANTÉ MAIS C’EST PARCE QUE VOUS ÊTES EN MAUVAISE SANTÉ QUE VOUS ÊTES EN SURPOIDS (OU EN SOUSPOIDS).

Alors, vous pouvez bien essayer tous les régimes du monde, rien n’y fera et vous irez de plus en plus mal. La seule solution que je connaisse est d’apprendre à manger correctement et, comme par miracle tous les autre problèmes se résoudront automatiquement. Mais je parie que vous n’avez jamais essayé vraiment, ou alors en suivant des indications inappropriées (et ce n’est pas parce qu’elles sont officielles ou qu’elles proviennent de médecins qu’elles ne le sont pas).

Donc, il faut apprendre à manger et cela s’apprend comme à faire du vélo, à parler Anglais, à se soigner, à élever un enfant…

Il n’est plus possible, en effet, de se fier à ce que nous ont appris nos parents ou nos grand parents car les modes de culture agricole, par exemple, ont tellement changé que nous ne parlons plus de la même chose. Un  exemple entre mille : en un demi siècle, la pomme de terre a perdu plus de la moitié de sa vitamine C de son fer et plus d’un quart de son calcium.

Quant à acheter les produits que nous proposent la grande distribution et l’industrie agroalimentaire, elles sont dans une telle dérive que cela devient presque du suicide pur et simple.

Heureusement, si apprendre à manger correctement aujourd’hui demande un certain temps, c’est plus facile qu’on ne le pense. Il existe pour cela des livres, des vidéos, des blogs (suivez mon regard…), des rencontres avec les producteurs, des conversations avec les uns et les autres… Petit à petit, à force de chercher et d’expérimenter, on finit par trouver ce qui nous convient le mieux. Mais attention, ne vous imaginez pas trouver la méthode miracle qui aille à tout le monde car celle-ci n’existe pas. Il ne peut y avoir, en effet, une seule solution qui s’appliquerait uniformément. Cela serait d’ailleurs vraiment étonnant car nous différons tous par le sexe, l’âge, l’histoire, la conformation, la forme d’esprit, les activités…

Bien sûr, il existe des bases communes comme le genre d’alimentation (si vous mangez matin, midi et soir chez MacDo, vous avez toutes les chances de ressembler très vite à un gros cochon), le mode d’approvisionnement (en avalant tous les jours des plats préparés par l’industrie, vous pourriez bien passer davantage de temps chez votre médecin qu’au cinéma), les aliments qu’on trouve dans votre réfrigérateur (ceux de l’agriculture actuelle ont non seulement, à la fois perdu une grande quantité de leurs qualités et sont, par contre, bourrés de produits chimiques et pharmaceutiques), ….

Ces généralité déâsses, le reste est adaptable à chacun.

POURQUOI FAIRE LE CHEMIN TOUT SEUL ?

La difficulté dans tout cela n’est pas là où on pense.

En effet, pour manger correctement, on sait très bien aujourd’hui (quand on a étudié la question) quels sont les aliments qu’il vaudrait mieux manger et ceux qu’il vaudrait mieux éviter. Avec, bien entendu, toutes les adaptations nécessaires à chacun.

Non, le vrai problème est qu’il faut changer progressivement ses habitudes et là, d’autres éléments beaucoup plus difficiles à contrôler entrent en jeu. Alors, quand on a du mal à changer (ce qui est finalement assez normal), pourquoi ne pas se faire aider par quelqu’un qui saura vous écouter et, parce qu’il a l’habitude, saura aussi trouver la bonne stratégie en ce qui vous concerne ? En fait, vous avez le choix entre perdre beaucoup de temps avec le risque, peut-être de ne jamais y parvenir et faire appel à un nutri-analyste. Á vous de voir.

POURQUOI LAISSER LES AUTRES DÉCIDER Á VOTRE PLACE ?

Certes, et dans tous les cas, il est très confortable de s’en remettre à quelqu’un qui décidera pour vous mais c’est là une grossière erreur que vous risqueriez de payer très cher pour la simple raison que personne ne peut vous connaître aussi bien que vous-même, expérimenter à votre place, évaluer les effets produits sur votre propre organisme. Certes, on peut vous apporter des informations, vous écouter, répondre à vos questions mais la décision finale vous appartiendra toujours. Ne recommençons pas la terrible erreur de la médecine :  personne ne peut être assez qualifié pour vous dérober le pouvoir sur votre propre vie !

Alors, prêt, partez ?

 

Jean-Michel DESMARAIS

Nutri-analyste©

 

1 - WANSING (Pr Brian), Conditionnés pour trop manger, Vergèze, Thierry Souccar Éditions, 2009.

 

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Je ne parviens pas à maigrir

Une de mes lectrices me dit : « Ton régime ne marche pas : je ne parviens pas à maigrir ! ».

Ce qui entraîne de ma part une interrogation et quelques mises au point.

Tout d’abord, je ne propose à personne de suivre un régime quel qu’il soit, et ne donne aucune prescription unique car nous sommes tous différents de par notre sexe, notre âge, la particularité de notre métabolisme, notre constitution, notre histoire, nos motivations, notre hérédité, etc. Comment voulez-vous qu’une même mesure puisse s’adapter à tous ? Je laisse donc ce genre de choses aux charlatans qui, comme les arracheurs de dents des foires d’antan, mentaient effrontément et faisaient croire aux chalands qu’ils n’allaient pas souffrir !

Certes, il existe bien des faits incontestables valables pour tous (par exemple, que c’est le sucre qui fait grossir ou encore, que le sel est délétère au niveau vasculaire) mais cela s’arrête là, chacun devant trouver le mode d’alimentation qui lui convient.

De plus, j’ai exercé suffisamment longtemps la profession de psychanalyste pour savoir que les conseils ne servaient strictement à rien. Je ne pratique donc aucune prescription : exit les prescriptions ! Il vous appartient de trouver vous-même exactement le mode d’alimentation qui vous convient car nul ne peut prétendre qu’il vous connaît mieux que vous ne le faites vous-même.

Par ailleurs, les informations que je diffuse ne m’appartiennent en aucune façon. On ne peut donc pas dire qu’il s’agit de mon régime : les informations que je diffuse sont disponibles et d’accès libre dans le monde entier (souvent sur Internet). Mon rôle consiste uniquement à les recueillir, à choisir les plus pertinentes (ce que vous n’avez certainement pas le temps de faire), à y ajouter mon avis de psychanalyste et tenir compte de mon expérience de l’alimentation humaine pour, finalement, les diffuser plus largement. That’s all folks !

Cela dit, il arrive que le mode d’alimentation dont je vous fait part (qui n’est d’ailleurs rien s’autre que mon mode d’alimentation personnel) que j’ai fini par mettre au point à force de recherches, ne produise pas l’effet escompté. J’ai moi-même dû errer pendant plusieurs années avant de pouvoir franchir certains paliers. Mais comme je suis têtu, j’ai poursuivi inlassablement ma quête et je peux dire aujourd’hui que le résultat obtenu a dépassé mes espérances initiales puisque j’ai perdu environ 30 kg et retrouvé le poids de mes vingt ans (que je n’aurais d’ailleurs jamais dû perdre !).

Alors, pourquoi cela ne donne-il pas chez ma lectrice le résultat escompté ? J’ai mené l’enquête : suivez-moi !

Mon constat de base est que maigrir ne peut pas être un objectif en soi (contrairement à ce qu’on raconte) pour la simple raison que c’est parce qu’on est en bonne santé qu’on va maigrir jusqu’à atteindre son poids d’équilibre, opération qui se produit automatiquement sans qu’on ait besoin d’entreprendre une opération particulière pour cela. Ce n’est donc pas parce qu’on est maigre qu’on est en bonne santé : c’est le contraire. Notre civilisation commet donc un parfait contre-sens (entretenu pour des raisons mercantiles) et, comme disait le chanteur Gilbert Bécaud qui prétendait que : « La solitude, ça n’existe pas », je dirais volontiers que : « Le surpoids et l’obésité, ça n’existe pas ». J’ai d’ailleurs discuté de cette opinion avec une amie médecin spécialisée dans l’alimentation qui était elle aussi tout à fait de cet avis. Ce qui ma rendu encore plus catégorique qu’auparavant. Évidemment que le surpoids et l’obésité existent cependant (60 % des américains sont d’ailleurs dans ce cas-là), bien sûr qu’il faut faire quelque chose pour en sortir, mais rien n’est jamais impossible.

La deuxième raison est que, dans la nature, on ne rencontre jamais aucun animal en surpoids. Si vous croisez un sanglier obèse ou un faisan devenu trop lourd jusqu’à ne plus pouvoir décoller, prévenez-moi car, pour ma part, je n’en ai jamais vus. La conclusion évidente est que tous les animaux en liberté ont un système automatique de régulation du poids qui leur permet de rester minces et en bonne santé, et c’est d’ailleurs grâce à cela que nos ancêtres du Paléolithique étaient eux aussi minces et en bonne santé (par contre, s’il est vrai que nous sommes fondamentalement des animaux je vous laisserai seul juge pour savoir si nous sommes libres !).

D’où il ressort que, si vous êtes en surpoids, il existe sûrement une raison. L’objectif est donc d’abord de la découvrir avant d’entreprendre quoi que ce soit afin de ne pas risquer d’aller droit dans le mur. Cela peut d’ailleurs prendre pas mal de temps et nécessiter des moyens d’investigation sophistiqués.

Je vais vous donner un exemple concret et, pour cela, je m’en tiendrai au plus simple et au plus facilement compréhensible par notre raison cartésienne (trop mise à toutes les sauces, et c’est bien pour cela que nous commettons des erreurs).

Donc, vous ne parvenez pas à maigrir (parfois vous me dites que vous ne grossissez pas non plus, ce qui, compte tenu de ce que vous mangez, n’est déjà un pas un si mauvais résultat !). Jusque là, je vous suis assez facilement car vous ne faites que me transmettre ce que vous dit tous les matins votre pèse-personne. Mais c’est pour la suite que je m’interroge, non pas que je mette votre parole en doute, mais parce que je connais le pouvoir de déni de l’inconscient.

Donc, vous mangez correctement. Oui mais pourtant…

Oui mais pourtant, vous ne pouvez pas vous passer de vos deux tartines de pain au petit déjeuner (qui bizarrement deviennent facilement quatre), de quelques cuillers de miel ou de confiture (une ou deux, vous êtes sûr ?), d’un peu de vin (pas plus d’une bouteille !) au cours des repas ou d’un whisky (voire deux) le soir avant de dîner. Et vous argumentez : le pain est complet, la confiture est celle de votre grand-mère, le miel vient de chez un apiculteur de votre village et le whisky est un pur malt qu’un ami Écossais vous a rapporté du pays. Je n’en disconviens pas et tout cela est sans doute très bon pour votre moral mais, dans votre estomac, tout cela devient du glucose et provoque immédiatement un pic glycémique dans votre sang (je vous expliquerai un jour en détail ce que c’est). Or, et cela a été prouvé à de multiples reprises, c’est le sucre qui fait grossir et non la graisse1. C’est, hélas, la réalité et figurez-vous qu’il n’y a dans ce constat aucune mauvaise intention de ma part : cela m’est une épreuve autant qu’à vous car j’ai été habitué très tôt dans mon enfance au goût sucré et je suis très tôt devenu « accro » (depuis, j’ai compris pourquoi !). Seule différence : maintenant que j’ai retrouvé le poids de mes vingt ans, je peux m’accorder, de temps à autre, quelque aliment qui, je le sais par avance, me fera grossir. Ce que je ne pouvais pas faire auparavant.

Oui mais pourtant encore, nous mangeons trop (dans nos sociétés parce que dans d’autres pays, on rencontre 870 millions de personnes qui souffrent de la faim). Je n’invente rien : tout le monde le sait, le dit, le répète. Le Pr Brian Wansink2 nous explique d’ailleurs fort bien comment nous nous faisons piéger par ce que j’appelle la perversité du système agroalimentaire. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille vous restreindre du jour au lendemain. Au contraire, ce serait très mauvais car cela engendrerait aussitôt la sensation de faim qui est pire que tout ! La réduction alimentaire est une opération longue et progressive (je vous dirai un jour, quelle est la stratégie recommandée). Pour le moment, je vous suggère de vous contenter tout simplement de ne pas vous resservir des plats (comme l’a fait Jaques Chirac, ce qui lui a permis de perdre immédiatement le surpoids qu’il avait accumulé par gourmandise au cours des repas officiels) et d’adopter des assiettes plus petites (ainsi que le recommande un gastroentérologue canadien).

Oui mais pourtant enfin (et je m’en tiendrai là pour aujourd’hui), vous ne buvez pas suffisamment. D’ailleurs vous me l’avouez innocemment : « Je suis comme le chameau, dites-vous, je me contente d’un verre d’eau par jour ! ». C’est un peu comme si Hercule avait entrepris de nettoyer les écuries du roi Augias à l’aide d’un dé à coudre. Or, comme je l’ai déjà démontré3, il convient de boire plus de deux litres d’eau par jour (et pas n’importe laquelle). Pour atteindre cet objectif, il existe une stratégie d’une simplicité étonnante : munissez-vous du minuteur que vous utilisez pour la cuisine, réglez le sur 60 minutes et, à chaque fois qu’il sonne, buvez un verre d’eau. C’est tout ! Vous verrez le résultat les jours suivants sur votre pèse-personne !

Cela dit, si vous avez grossi (et cela s’est fait progressivement, à coup de quelques centaines de grammes chaque semaine donc, en conséquence vous ne pouvez maigrir que relativement lentement) c’est parce que, quelque part (et entre autres), vous mangiez des produits qui font grossir, que vous commettiez un excès de nourriture ou que vous ne buviez pas suffisamment. Bien sûr, il convient, d’abord, de trouver la cause profonde de cet état qui correspond à votre cas mais, ensuite, de faire strictement le contraire pendant le temps que durera votre amaigrissement (rassurez-vous, c’est temporaire et vous pourrez recommencer après à manger une pizza ou un gâteau au chocolat de temps en temps – mais de temps en temps seulement).

Je viens de vous donner quelques raisons de votre surpoids mais il y en a des milliers d’autres, parfois bien cachées. Si vous ne parvenez pas à perdre du poids, c’est simplement parce que vous n’avez pas trouvé la vraie cause qui en est à l’origine. Dans ce cas, ne restez pas plus longtemps sur un  sentiment d’échec et consultez d’urgence votre nutri-analyste®.

Attendez tout de même d’être dans une période calme pour modifier votre alimentation. Les moments de stress ne sont pas, en effet, particulièrement indiqués pour cela.

Quant à moi, mon avis, de plus en plus catégorique, est que, sauf cas pathologique notoire (et encore !), tout le monde peut maigrir.

Oui, j’ai bien dit tout le monde et je mets au défi ceux qui n’y parviennent pas !

 

Jean-Michel DESMARAIS®

Nutri-analyste®

 

1 - TAUBES (Gary), FAT : pourquoi on grossit,Vergèze, Thierry Souccar Éditions, 2012.

2 - WANSINK (PR Brian); Conditionnés pour trop manger, Thierry Souccar Éditions, 2009.

3 - DESMARAIS (Jean-Michel), Maigrir sans faire de régime, Monaco, Romart, 2011.

 

 

 

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Jamais, plus jamais !

 

 

Une des plus grosses erreurs psychologiques les plus communément commises par les régimes marketing du commerce est de s’instituer en gardiens de la bonne façon de se nourrir. Ce qui prouve bien, une fois de plus, la nécessité d’avoir recours à la nutri-analyse si on veut comprendre et intervenir sur cette question.

Certes, il y aurait beaucoup à dire sur les dérives de notre mode d’alimentation moderne délétère qui provoque surpoids et obésité, favorise (pour ne pas dire « entraîne ») les maladies  dites : « de civilisation » et entretient de nombreux troubles dont on pourrait venir à bout facilement sans faire usage de médicaments, simplement par l’ajustement judicieux de notre mode de vie1.

Ce n’est pas une raison pour dire n’importe quoi et se comporter n’importe comment.

D’abord, chaque personne est différente de sa voisine et son équation personnelle ne peut être comparée à aucune autre. Comment un seul et même régime alimentaire pourrait-il convenir à toutes les personnes ? Le « Je veux voir tout le monde sur un seul rang et pas une seule tête qui dépasse  » et « Au coup de sifflet, on monte à cheval », on a déjà donné, merci : il ne faut pas nous prendre pour des benêts !

Ensuite, nous allons forcément devoir changer un peu nos habitudes car on ne voit pas comment un même mode d’alimentation qui a provoqué en nous de tels inconvénients, pourrait sans être modifié et quasi miraculeusement, nous permettre, à partir de maintenant, de perdre des kilos, pour prendre cet exemple.

Cela n’est pas tout.

Ces habitudes, outre le fait qu’elles ont souvent été acquises depuis fort longtemps (parfois même dans la toute petite enfance : c’est dire à quel point elles sont fortement chargées affectivement) ne peuvent pas être modifiées sans difficultés du jour au lendemain. C’est le moment de se souvenir de la célèbre phrase de Mark Twain qui disait avec beaucoup d’humour « On ne se débarrasse pas d’une habitude en la flanquant par la fenêtres ; il faut lui faire descendre l’escalier marche par marche ». En fait, tous ces comportement automatiques de tous les jours sont mémorisés par notre inconscient et c’est eux qui nous poussent inexorablement vers le placard aux provisions. Ignorer notre inconscient, c’est ne pas vouloir tenir compte d’une partie de nous-mêmes, peut-être même de celle qui détermine la majeure partie de nos actions.

Tout cela me conduit donc à affirmer que le changement ne peut être que progressif et qu’il ne faut pas vouloir brusquer notre nature. « Allons lentement car nous sommes pressés » avait coutume de répéter le Maréchal Lyautey. Autrement dit, un nouveau mode d’alimentation est adopté au début à 10 ou 20 % puis seulement progressivement à 30, 40, 50 % et finalement, au fur et à mesure à 60, 70, 80 puis 90 %. Pratiquement jamais à 100 %.

Enfin (mais j’en oublie peut-être !), il est possible, pendant quelque temps et dans un but précis, de supprimer un aliment qu’on réintroduira ensuite progressivement dans son alimentation. Sans exclure toutefois l’éventualité qu’alors nous n’en aurons plus très envie car nos goûts auront changé imperceptiblement. Par exemple, je peux envisager (plus facilement) de supprimer totalement les pommes de terre ainsi que les céréales pendant deux semaines, le temps de voir l’aiguille de mon pèse-personne se déplacer dans le bon sens. Cela ne m’empêchera pas de me délecter plus tard d’une assiette de pommes de terre frites, laquelle n’aura pratiquement aucune incidence sur ma courbe de poids car elle ne représentera qu’une exception. Donc, oui aux deux croissants du matin qu’on mangera avec les copains venus nous rendre visite pendant le week end et bienvenue aux petits fours que les enfants ont amenés pour Noël !

Finalement, et c’est peut-être là que réside l’essentiel de ma démarche, c’est que la perte de poids (toujours pour prendre cet exemple qui n’est jamais qu’un des symptômes) n’est qu’une conséquence naturelle de la bonne santé et non la cause d’un inconvénient quelconque qu’on cherche à faire disparaître. Autrement dit, et contrairement à la médecine d’urgence qui fait des merveilles par ailleurs en chassant les symptômes mais qui de ne traite que plus difficilement la cause du problème, je suggère d’abord chercher d’adopter un mode d’alimentation qui a fait ses preuves chez nos ancêtres (depuis 200.000 années : excusez du peu !) et qui correspond exactement à ce que nous sommes.

Ce sont là les conclusions auxquelles ont abouti les chercheurs les plus en pointe au niveau mondial.  On « tend » vers une nouvelle alimentation mais il est certain que celle-ci mettra du temps pour s’installer et connaîtra des allers et retours. Sans compter qu’on peut être amené, pour se faire plaisir, d’imiter Proust et de plonger la main dans le plat de madeleines qui rendent inimitables nos souvenirs affectifs même si elles ne sont pas excellentes pour notre régime. Mais, qui est opposé au plaisir ?

Finalement, on voit que cette décision qui consiste à dire :« Rivière, je ne boirai plus de ton eau » est non seulement sadique mais aussi irréaliste : n’est-ce pas le meilleur moyen de craquer ou de s’imposer des effort démesurés.

« Jamais, plus jamais ? » Sûrement pas !

Et c’est comme ça que vous allez maigrir !

 

 

Jean-Michel Desmarais

Nutri-analyste

 

 

 

1 LORGERIL (Dr Michel de), Prévenir l’infarctus et l’accident vasculaire cérébral, Vergèze, Thierry Souccar, 2011.

 

 

Crédit photo : <a href=’http://fr.123rf.com/metsafile’>metsafile / 123RF Banque d’images</a>

Maigrir dites-vous ?

OBJECTIF FACILE À ATTEINDRE POUR QUI ACCEPTE DE CHANGER

Maigrir est plus facile qu’on ne le croît contrairement à ce qu’on dit mais le processus est assez complexe. C’est la raison pour laquelle les solutions simplistes ont tant de succès.

Mais la première condition est de faire ce qu’il faut pour atteindre cet objectif et, en premier lieu, vraiment vouloir perdre ses kilos en trop. Autrement dit y être réellement déterminé car personne n’est jamais parvenu à faire boire un âne qui ne voulait pas boire. Ce qui suppose, à l’évidence, de vouloir changer. En effet, puisqu’on a grossi, c’est tout simplement parce que notre système de régulation automatique du poids (qui agit au fond de nous comme pour tous les animaux de la nature et sans lequel nous serions tous obèses ou maigrelets) s’est déréglé. Et s’il s’est déréglé, c’est que nous faisions, sous la pression d’un évènement ou d’une relation une ou plusieurs choses qui ne convenaient pas à notre équilibre. Or, si nous continuons à les faire, et puisque c’est à cause d’elles que nous avons grossi, je ne vois pas pourquoi subitement elles nous feraient maigrir. Élémentaire mon Cher Watson.

Donc, tant que vous ne voudrez pas au fond de vous-même changer vos habitudes, abandonnez immédiatement toute idée de perdre du poids car aucun régime, quel qu’il soit, ne peut vous être utile, à moins de mettre votre santé gravement en danger.

Cela dit, les facteurs à modifier pour perdre du poids peuvent être extrêmement nombreux  et bien dissimulés. Pour beaucoup, ils concernent notre environnement et notre mode de vie. Mais, la plupart du temps, en agissant sur deux domaines, le biologique et le psychologique, cela suffit car la conséquence en est que vous changerez de vous-même les premiers. Je commence par le biologique qui est le plus accessible.

 

CHANGER D’ABORD D’ALIMENTATION

On sait maintenant que certains aliments, inconnus dans le passé et introduits récemment (je dis récemment car l’histoire de la race Homo commence il y a sept millions d’années ce qui rend le moyen-âge très proche), font grossir inéluctablement. C’est le cas du glucose1 (et non des graisses qu’on a accusé bien à tort et qui, au contraire, pour certaines d’entre elles, sont nécessaire pour maigrir). Ce qui veut dire que tout ce qui a le goût sucré (à l’exception de la Stevia et de quelques autres rares produits) ainsi que l’amidon des céréales et légumineuses ou celui de certains fruits et légumes (comme la pomme de terre sous toutes ses formes) sont à proscrire. Les protéines, quant à elles, ne contiennent pas de glucides et ne font pas grossir. Leur consommation quotidienne, de plus, est nécessaire. Attention toutefois, les protéines animales maigres consommées au Paléolithique étaient fort différentes de celles de nos animaux issus de l’élevage intensif  qui sont beaucoup trop engraissés, dans le meilleur des cas avec des céréales qu’il vaut mieux, au contraire, ne pas consommer. Quant aux végétariens, il existe des solutions en dehors des éternelles céréales et légumineuses qu’il est préférable d’éliminer comme je viens de le dire.

Boire suffisamment est aussi une nécessité généralement sous-estimée. En effet, pour éliminer ce qui est en trop, il est important de disposer de suffisamment d’eau (peu minéralisée) pour drainer les déchets alimentaires2.

Le cru, non exclusif (le cuit étant lui aussi souhaitable pour certains plats), est également réputé faire maigrir (et a de nombreuses autres vertus concernant notamment l’absorption de multiples nutriments vivants). L’abondance des fruits et légumes de l’été ainsi que l’attirance naturelle due à la température clémente, voire chaude, nous pousse vers ce type d’alimentation.

 

RÉDUCTION ALIMENTAIRE

Ce qui est également efficace est la réduction alimentaire (attention, je n’ai pas parlé de privation) car, et c’est une banalité que de le répèter), il est reconnu que, généralement, nous mangeons en trop grande quantité. Il s’agit tout simplement de cesser de se forcer à finir son assiette (ou même les plats) et de diminuer progressivement la quantité de nourriture qu’on ingère (pour plus de détails, voir le livre du Pr Wansing3). La bonne question à se poser devant un aliment est : « En ai-je vraiment envie ou besoin ? ». On s’aperçoit alors que l’absorption de l’aliment en question n’est pas toujours vraiment indispensable mais qu’on agit tout simplement sous l’influence de la pression de conformité ou de l’habitude.

C’est tout ? Oui, c’est tout. C’est tout mais c’est déjà pas mal et c’est un mode d’alimentation (car c’est bien de cela qu’il s’agit et non d’un énième régime marketing) auquel on vient progressivement et qu’on n’adopte pas d’un seul coup au risque de provoquer un choc préjudiciable. Le modèle qui se rapproche le plus de cela serait le régime préhistorique4 qui me semble bien adapté (et depuis longtemps) à l’homme.

AUTRES RAISONS DU SURPOIDS

Si en faisant tout cela, vous ne voyez pas votre poids diminuer, c’est qu’il y a autre chose et que là, le moment est venu d’entrer dans l’exploration  de votre mode de vie et de votre cadre psychologique.

Le premier point à étudier est votre rapport à la nourriture qui varie infiniment avec les individus. Pourquoi donc éprouvez-vous le besoin de manger (qu’il ne faut pas confondre avec la faim) ? Pourquoi vous forcer à vous resservir lorsque vous êtes rassasié ? Pourquoi ressentez-vous des fringales irrésistibles qui vous poussent inexorablement vers le réfrigérateur ? Qu’est-ce qui vous empêche de changer vos habitudes ? Et bien d’autres choses encore, parfois étonnantes ou inattendues, que le spécialiste repèrera, bien souvent grâce à son expérience de ces types de problèmes.

Tout cela est le domaine de la nutri-analyse qui vous prend par la main précisément là où les autres vous abandonnent.

Quelques fois aussi, il arrive que le problème à l’origine du surpoids ne soit pas verbalisable car il se situe au niveau des émotions. Un travail psychocorporel du type bio-énergie est alors indiqué pour atteindre l’obstacle qui arrête l’individu.

Il se peut également que la personne soit prisonnière d’une histoire ancienne qui ne la concerne pas directement et qui appartienne à ses ancêtres, transmise inconsciemment. C’est là le champ de la psychogénéalogie, trop souvent déniée ou même carrément ignorée4.

 

UN SUIVI INDISPENSABLE

Quoi qu’il en soit,  dès que la décision de perdre du poids est prise, un suivi s’avère très utile, voire indispensable. L’inconscient est en effet très habile pour semer sous vos pas toutes les occasions de mettre fin aux changements que vous avez décidés et entrepris. La nécessité d’un rendez-vous régulier avec quelqu’un affectivement en-dehors de votre cheminement, est seule capable de vous obliger à respecter la voie que vous vous êtes tracée vous-même. Il ne s’agit en aucune façon d’une contrainte mais d’un simple rappel, d’un point de repère et d’un avis extérieur. C’est comme la rampe qu’on saisit d’une main pour monter un escalier et qui rend l’entreprise à la fois possible et plus confortable.

Mais souvenez-vous de ce conseil avisé d’Hippocrate : « Si quelqu’un te demande de le soigner, demande-lui d’abord s’il est d’accord pour renoncer à ses symptômes ». Êtes vous certain d’être véritablement décidé à maigrir ?

 

MAIGRIR, GROSSIR : UN MÊME PROBLÈME

Á noter que la plus grande partie de ce que je viens de dire pour maigrir vaut également pour grossir, ce qui, de l’aveu des personnes qui cherchent à prendre du poids, est souvent plus difficile. Il leur serait alors inutile d’avaler chaque jour un plein pot de Nutella ou plusieurs kilos de pommes de terre pour retrouver un métabolisme correct qui leur permette naturellement, et sans effort particulier, d’atteindre leur poids d’équilibre.

Finalement, des moyens existent maintenant, même s’ils ne sont pas toujours très bien coordonnés. C’est la tâche qui vous reste à entreprendre.

Bon courage !

 

 

 

 

 

1 TAUBES (Gary), Fat : pourquoi on grossit, Vergèze, Thierry Souccar Éditions, 2012.

2 DESMARAIS (Jean-Michel), Maigrir sans faire de régime, Monaco, Romart, 2011.

3 WANSING (Pr Brian), Conditionnés pour trop manger, Vergèze, Thierry Souccar Éditions, 2009.

4 CATTAN (Nancy), Maigrir avec le régime paléo, Monaco, Alpen, 2011.

5 VIGOUROUX (François), Le secret de famille, Paris, Hachette, 2001.

Mangeons moins mais mangeons bien

La réduction alimentaire a mauvaise presse parce qu’on pense aussitôt aux restrictions et aux privations de sinistre mémoire. Or il ne s’agit pas du tout de cela et, pour tout dire, cela n’a même rien à voir.

Le constat de départ est que, dans nos pays dits « modernes », il est vrai qu’on mange trop : tout le monde le sait, le dit et le répète. Pourquoi en est-on arrivé là ?

En fait, il existe de nombreuses raisons, au point qu’on ne sait pas trop par laquelle il faut commencer. Tant pis : je les énumère dans le désordre.

D’abord, les famines ont toujours existé : la révolution française, par exemple, succédait à trois années de famine. Depuis longtemps, le Paléolithique par exemple, on connaissait des périodes d’abondance (en général l’été et l’automne, saisons pendant lesquelles les légumes et les fruits parviennent à maturité. Pour s’en convaincre, il suffit de relire le récit d’Ishi, le dernier indien, qui vivait en Amérique au début du XXème siècle comme au Paléolithique1) qui alternaient avec des moments plus durs lorsque les réserves s’épuisaient (la fin de l’hiver et le printemps) avant que la terre ne se réveille et soit de nouveau fertile). De plus, nous produisions alors moins et disposions également de moyens de conservation plus réduits (quoique, durant l’époque glaciaire, il suffisait de creuser un trou pour disposer d’un congélateur). Par dessus le marché, dernièrement, deux guerres mondiales ont eu lieu pendant lesquelles la nourriture s’est faite plus rare et était une préoccupation quotidienne pour tout le monde. Tout cela est resté gravé dans notre inconscient collectif et, que nous le voulions ou non, au plus profond de nous, demeure cette vieille peur de ne pas avoir suffisamment à manger, ce qui nous incite à trop bien nous servir quand l’occasion se présente.

De plus, le monde change de plus en plus vite. Il n’y a pas si longtemps, l’homme dépensait un grand nombre de calories car, d’une part aucune de ses activités vitales n’était mécanisée (ou très peu), pas plus que ses déplacements. Il n’était pas rare, par exemple au début du siècle dernier, de voir les enfants parcourir plusieurs kilomètres à pied matin et soir pour aller à l’école. Il existait également très peu de  moyens de chauffage. Tout cela a bien changé en quelques siècles, et même en quelques années, c’est-à-dire en un temps ridiculement court à l’échelon de l’humanité, avec l’utilisation de sources d’énergie comme le charbon, le gaz, l’électricité, le pétrole… Aujourd’hui, assis toute la journée devant nos ordinateurs et dans des transports mécanisés, nous brûlons beaucoup moins de calories. Nous en consommons donc une quantité très inférieure. Mais, emportés par notre inertie ainsi que par les recettes de nos grand-mères (si vous voulez avoir une idée de l’appétit de nos ancêtres, relisez Brillat Savarin2), nous n’avons pas suffisamment réduit notre alimentation pour l’adapter à nos dépenses énergétiques.

Acceptons également de voir que tout nous pousse à trop manger. Tous les matins se lèvent des bataillons entiers de spécialistes du marketing dont le but, tout au long de la journée, est d’imaginer de nouvelles méthodes pour nous faire, inconsciemment, consommer davantage. Vous ne me croyez pas ? Alors, lisez le passionnant ouvrage (plein d’humour) du Pr Brian Wansing3. En attendant, vous pensez certainement que vous êtes assez malin pour déjouer les pièges que le marketing vous a tendus. Le problème, c’est que les gens du marketing eux aussi sont rusés, que c’est leur métier et qu’ils consacrent toute leur semaine, onze mois par an, à ce but unique. Même des spécialistes avertis, comme le Pr Brian Wansing, avouent modestement, s’être laissés prendre. Réfléchissez donc et ne tentez pas la lutte du pot de terre contre le pot de fer4 : vous auriez perdu d’avance.

D’autre part, différentes équipes de chercheurs à travers le monde, ont eu la curiosité de se livrer à l’expérience suivante avec deux groupes d’animaux de laboratoire. Un a été nourri à volonté, l’autre a été soumis à une réduction alimentaire. Le résultat a toujours été que les animaux qui mangeaient un peu moins que les autres vivaient aussi plus longtemps qu’eux (cela pouvant atteindre 20 %). Cela ne fait que rejoindre l’expérience des super centenaires de différentes régions du globe qui mangent très peu comme on a pu l’observer. Dans certains pays, on s’efforce même de sortir de table lorsqu’on estime avoir rempli son estomac à 80 %.

Pour ces raisons et pour bien d’autres, bien se nourrir était (et c’est encore vrai dans certains pays émergents) un signe d’opulence. Un ventre rondouillard se trouvait ainsi davantage associé à la réussite sociale et à la richesse qu’à un problème de santé, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui dans les pays riches comme les USA. Et de moins en moins chez nous. Malgré tout, j’étais récemment invité à un BBQ où l’hôte s’affairait devant un monceau de victuailles dans lequel nous étions invités à nous servir largement. Il y avait là toutes sortes de charcuteries, des tonnes de saucisse diverses, des monceaux de viandes différentes à griller, des pommes de terre en papillote pour tout légume et, pour finir, un grand assortiment de gâteaux. Bien sûr, le vin coulait à flots. L’hôtesse nous pressait de consommer comme pour nous mettre au défit d’en avaler le plus possible.

Après un moment, je m’assis avec la sensation d’avoir été trop loin et je me mis à observer le brouhaha ambiant. En fait, une grillade, une assiette de salade et un verre de vin auraient été bien  suffisants pour agrémenter une rencontre amicale. Maintenant, je ne rêvais plus que d’être chez moi de faire la sieste pour digérer plus facilement et de boire un thé à la menthe. Qu’est-ce nous cherchions à fuir en nous gavant de la sorte ? Que voulions-nous prouver ? Á quel rite barbare avions-nous cédé ?

La conclusion de tout cela (mais j’oublie certainement quelques unes des raisons) est qu’il est sage de réduire au plus vite la quantité d’aliments que nous ingérons. Ainsi que je l’ai dit plus haut, cela n’a rien à voir avec une restriction : il s’agit tout simplement d’un ajustement nécessaire.

La question dès lors qui se pose est : « Comment y parvenir sans souffrir ? ». En fait, cette habitude de trop manger est tellement ancrée au fond de nous que je ne connais qu’un seul moyen : ruser avec notre inconscient qui nous conditionne. Pour gagner à ce jeu, il ne faut surtout pas y entrer en force car on ne dompte pas son inconscient avec un fouet : il convient au contraire de se montrer plus subtil que lui afin de ne pas éveiller sa méfiance en bouleversant les apparences.

1ère technique : manger de tout sans restrictions mais ne jamais se resservir. C’est cette manière qu’adopta Jacques Chirac qui s’était un peu trop laissé emporter par sa gourmandise lors des déjeuner officiels. Ce qui va dans le même sens, est de pas finir son assiette quand on n’a plus faim et, à plus forte raison, les plats.

2ème technique : ne pas apporter le plat sur la table (ni la bouteille). C’est sûr : voir donne envie et disposer de l’objet à portée de la main ne fait que tenter le diable (comme disait Oscar Wilde : « Je résiste à tout sauf à la tentation »). Remplir les assiettes et les verres à la cuisine (comme dans de nombreux restaurants), d’une part évite d’avoir le produit sous les yeux, et donc d’être tenté, d’autre part oblige à un effort spécial pour se resservir. Et comme nous sommes tous partisans du moindre effort…

3ème technique : elle est fondée sur l’observation que la mode, sans doute pour inciter à donner aux autres une image de l’opulence, nous pousse à acheter de grandes assiettes. Or, la même quantité dans une grande ou une petite assiette peut, selon les cas, laisser l’inconscient imaginer que l’assiette est remplie à ras bords ou à moitié vide. D’ailleurs, les assiettes anciennes sont souvent beaucoup plus petites que les modernes. Conclusion : remisons à la cave ou au grenier nos assiettes habituelles et servons-nous dans des assiettes à dessert.

4ème technique : fuir la cuisine. Au moins pendant un temps, histoire de nous déshabituer. La cuisine, en effet, est pleine de tentations et il est facile de s’y emparer de quelque chose à manger en dehors des repas. C’est aussi le but que poursuit l’industrie alimentaire : nous encourager à grignoter tout au long de la journée. Dans cet objectif sont conçus des emballages spéciaux qui nous permettent d’emporter toujours avec nous, où que nous soyons, quelque chose à manger. Or, on sait que cette pratique est très néfaste pour notre santé et qu’elle conduit tout droit au surpoids. Dans le même ordre d’idée, évitons également la fréquentation (le temps que ce comportement devienne un réflexe) de tous les lieux dans lesquels nous pouvons être tentés de nous procurer facilement de la nourriture (supermarchés, pâtisseries…). Car cette pratique serait également très favorable non seulement à la compensation psychologique sur la « bouffe » mais ne laisserait aucun repos à l’organisme qui serait tout le temps en train de digérer5.

5ème technique : éviter tous les produits industriels, les plats préparés, les aliments raffinés et ceci pour plusieurs raisons. D’une manière générale, l’industrie alimentaire ayant pour but de nous faire consommer toujours davantage, on ne peut s’attendre de sa part qu’à multiplier les pièges semés sur notre chemin pour que nous consommions plus. Comme nous risquons de ne pas pouvoir les déceler tous, la meilleure façon de les déjouer consiste à ne pas y être confrontés, c’est-à-dire à ne pas acheter ses produits. La deuxième raison, et cela est évident en ce qui concerne les céréales, c’est que l’industrie va raffiner ses produits à l’extrême, leur enlevant tous les micro-nutriments utiles pour notre santé et multipliant les calories vides qui effacent ou repoussent la sensation de satiété. La troisième raison, est que l’industrie remplace le plus souvent possible les éléments nutritifs des vrais aliments par des produit chimiques moins chers dont on ne connaît pas les conséquences sur la santé à plus ou moins long terme. Á ce sujet, la lecture du livre de Michel Pollan6 est particulièrement instructive.

6ème technique : le sirop de maïs glucose-fructose est maintenant connu pour faire grossir inéluctablement et les américains en savent quelque chose7. Mais ce qu’on sait moins et que quelques spécialistes seulement ont découvert, c’est qu’il pourrait aussi empêcher aux signaux de satiété d’être émis, ce qui conduirait à manger au-delà de ses propres limites, même quand on a plus faim. L’industrie se frotterait les mains d’une telle possibilité qui pousse à consommer davantage mais, pour nous, c’est une raison supplémentaire de ne pas consommer de sirop de glucose-fructose sous aucun prétexte.

7ème technique : ces fameux signaux de satiété émis par le cerveau, demandent en fait vingt minutes pour devenir conscients. Manger à toute vitesse, avec un lance-pierre, est donc la garantie de manger trop à coup sûr. Tout au contraire, on conseille de manger lentement, des aliments de qualité et de créer pour cela un cadre agréable, à la manière de slow-food 8.

Ces quelques techniques sont faciles à mettre en œuvre et suffisent bien souvent à diminuer progressivement notre consommation (et à perdre n,os kilos superflus) sans provoquer de grands changements, c’est-à-dire sans réveiller nos incitations inconscientes à trop manger. Bien sûr, elles ne deviendront opérationnelles qu’au fil du temps et je suis certain qu’il est inutile d’user de violence pour se les imposer. Au contraire. Prenons plutôt le temps de les relire régulièrement et de les intégrer tranquillement à notre vie.

En attendant, je vous souhaite à toutes et à tous d’avoir beaucoup de plaisir car, si on a intérêt à manger moins, rien n’empêche de prendre le temps de savourer tout ce qu’on porte à sa bouche.

 

 

1 KROEBER (Théodora), Ishi, Paris, Plon, 1968.

2 Brillat-Savarin (Jean-Anthelme),  Physiologie du goût, gratuit sur Kindle d’Amazon.

3 WANSING (Pr Brian), Conditionnés pour trop manger, Vergèze, Thierry Souccar Éditions, 2009.

4 LA FONTAINE (Jean de), Fables, gratuit sur Kindle d’Amazon.

5 CLAVIÈRE (Bernard), Et si, on s’arrêtait un peu de manger… de temps en temps, Gironde sur Dropt, Nature & Partage, 2008.

6 POLLAN (Michael), Manifeste pour réhabiliter les vrais aliments, Vergèze, Thierry Souccar Éditions, 2013.

7 TAUBES (Gary), Fat : pourquoi on grossit, Vergèze, Thierry Souccar Éditions, 2012.

 8  http://www.slowfood.fr/

 

 

 

Crédit photo : <a href=’http://fr.123rf.com/photo_21623662_scrambled-eggs-with-less-salt-salmon-fried-mushrooms-onions-and-cherry-tomato.html’>ryzhkov86 / 123RF Banque d’images</a>

Conditionnés pour trop manger

Le but d’une entreprise est de faire du profit. Pour faire du profit, elle doit vendre des produits qui intéressent le plus large public possible et dégager une marge bénéficiaire. Dans notre système économique, celle qui ne le ferait pas, ne survivrait pas longtemps : telle est la loi. Pour « faire le maximum d’argent », elle doit donc vendre le plus possible et, pour cela, elle fait appel aux meilleurs spécialistes, aux personnes les plus intelligentes, aux plus astucieuses, aux plus rusées…, brefs aux meilleurs des meilleurs. De nombreuses écoles forment d’ailleurs ces cracks et leur enseignent des techniques ultra perfectionnées. Certains vont même directement apprendre leur métier aux USA qui, dans le domaine du marketing, ont quelques années d’avance sur nous.

Car, mais vous l’aviez déjà compris, plus la clientèle sera nombreuse et fidèle, plus l’industriel se frottera les mains en voyant ses profits augmenter. Les spécialistes du marketing vont donc travailler dans ce sens sans relâche. Et ils sont nombreux ! Chaque entreprise ayant les siens, imaginez le nombre de personnes extrêmement compétentes qui, à longueur d’année, se lèvent tous les matins dans le monde entier avec pour but essentiel de vous faire consommer d’abord les produits de leur entreprise, essentiellement les produits de leur entreprise et de plus en plus grandes quantités de produits de leur entreprise (et ils savent bien que c’est en fonction de leurs résultats que leur patron les payera).

Jusque là, il n’y aurait rien à redire et, certaines entreprises, parfaitement respectables, parviennent effectivement à fabriquer et à distribuer d’excellents produits à un prix correct. Le marketing peut donc se pratiquer tout à fait honnêtement et pour le plus grand bien des consommateurs, tout en permettant à des entreprises de prospérer, de créer des emplois, etc.

Le problème commence quand l’appât du gain entraîne des excès.

Allonger la dimension des brosses à dent pour augmenter la consommation de dentifrice, fait partie des vieilles astuces auxquelles nous sommes habitués. Autre grand classique du genre est l’obsolescence programmée. Sous ce nom barbare se cachent les conséquences d’un vieux constat fait après la 2ème guerre mondiale avec l’apparition des premiers bas en nylon. Ils avaient un inconvénient : ils duraient trop longtemps ! D’où un renouvellement limité qui entraina les industriels à faire en sorte que la durée de vie de leurs produits soit limitée dés le départ. Ainsi, la plupart des appareils ménagers sont conçus pour fonctionner quelques années au bout desquelles, le prix des réparations étant tellement élevé, qu’il est plus économique d’en acheter un neuf. Cela vaut pour les appareils de cuisson, les lave-vaisselle et un grand nombre de produits dont la durée de vie est volontairement limitée. Dans l’agroalimentaire, on applique ce principe également. Après quoi on agite la menace d’une intoxication alimentaire qui est loin d’être toujours vraie. C’est ainsi que de nombreux produits parfaitement consommables finissent leur vie dans la poubelle.

Tout ceci commence franchement à être douteux mais, malheureusement, nous n’en sommes déjà plus là car ces méthodes relativement naïves se sont perfectionnées et sophistiquées à l’extrême !

On a ainsi pratiqué ce qu’on appelait : « l’analyse de la valeur », méthode soi disant scientifique destinée à améliorer la qualité du produit mais, finalement, surtout utilisée pour accroître les bénéfices. Cela consiste, sans changer l’aspect final d’un produit, sans en changer le moins du monde l’aspect, tout d’en modifier radicalement la composition pour en abaisser les coûts de fabrication. Dans l’alimentaire, ce sont évidemment les composants de base des produits qui ont vu en premier leur qualité diminuer constamment (et cela commence avec l’agriculture puisque, par exemple, le blé cultivé aujourd’hui est devenu un véritable poison). D’abord, ces derniers sont devenus les moins chers possible et on leur a ajouté en plus des quantités de sel, de sucre, de matières grasses hydrogénées, de colorants, de parfums de synthèse et autres produits toxiques qui ne coûtent pas cher et font du volume. D’où la nécessité absolue de lire attentivement les étiquettes indiquant la composition des produits avant de les acheter, quand toutefois cela est possible, ce qui n’est pas toujours le cas car les lettres utilisées sont trop petites et l’inscription se trouve souvent (et comme par hasard !) sur un pli de l’emballage. Ainsi, j’ai voulu m’obliger à cette lecture fastidieuse (mais instructive !) pour une sélection de produits de base simples qui n’auraient jamais dû poser de problèmes (pour des plats préparés, je n’ai même pas essayé !). Ma conclusion générale a malheureusement été catastrophique car la majorité de ces produits était bonne pour aller directement dans la poubelle.

Une autre illustration dont je vous ai déjà entretenu est le fromage sans fromage des pizzas. Il est clair qu’on atteint là des sommets qui laissent pantois et, en même temps, effrayé car on se demande ce que les fabricants sont capables d’inventer si on les laisse faire. L’appréhension d’un Jean-Pierre Coffe était-elle justifiée ? En tous cas, on craint le pire.

Poursuivons notre inventaire des roueries.

Un cran au-dessus, c’est le neveu de Freud émigré aux USA, Edward Bernays1 qui, ayant bien retenu les leçons de son célèbre tonton, fut dans les premiers, dans les années 1950, à montrer aux industriels comment agir sur cette partie de nous-mêmes, si mal connue, qui nous échappe en permanence et qu’on appelle l’inconscient. Il obtint un succès considérable car il ouvrait la porte à ce qu’on prétendait être une justification scientifique de ce qui n’était finalement qu’une nouvelle forme de malhônneteté. Il fit tellement bien école qu’aujourd’hui, c’est dans le marketing qu’on trouve les plus grands spécialistes de l’inconscient. La lecture, très amusante, de l’ouvrage du Pr Brian Wansink 2, est à ce sujet fort instructive.

Ainsi, vous croyez naïvement que vous avez décidé de grignoter ce sachet de chips en rentrant du bureau et en regardant, confortablement installé dans le canapé, les nouvelles à la télévision. Innocent que vous êtes ! D’abord, ce sachet se trouvait exactement au bon endroit lorsque vous avez fait vos courses au supermarché (près de la caisse par exemple), son emballage était spécialement étudié pour attirer votre œil, la couleur des chips était exactement celle qui vous faisait déjà saliver et, en plus, il se trouvait à hauteur de votre main. En rentrant à la maison, vous l’avez rangé, comme par hasard, dans le placard où vous allez tout droit en revenant de travailler. Comme vous étiez fatigué par une dure journée et que vous aviez une petite faim, vous avez saisi naturellement le sachet pour vous accorder un petit plaisir bien mérité. D’ailleurs ces chips avaient tout à fait le craquant que vous attendiez (les gens de marketing savent très précisément quelle pression votre mâchoire doit exercer pour que le produit soit réputé « croustillant »), le parfum et le goût étaient parfaits (on sait retrouver par synthèse – et produire – n’importe quel parfum et goût : pourquoi croyez-vous que certaines frites des restaurants fast food soient si tentantes ?)… En attendant vous venez d’absorber votre dose superflue d’amidon, de graisses hydrogénées, de colorants synthétiques, de conservateurs et autres produits chimiques. Vous croyez bien sûr que c’est vous qui aviez décidé de manger ces chips et, le lendemain matin, en montant sur le pèse-personne, vous vous en voulez encore de votre manque de volonté et démarrez la journée avec une dose de culpabilité complètement inutile.

Car, en vérité, vous n’avez rien décidé du tout : vous avez été manipulé de A à Z par les gens de marketing qui ont réussi, par dessus le marché, à vous faire croire que vous aviez une responsabilité quelconque dans cette affaire. Très fort !

Mais leur action ne s’arrête pas là. Un bon consommateur, en effet, doit prendre le plus tôt possible l’habitude de réclamer un produit particulier. Plus tôt il consommera, plus grande sera sa fidélité et plus longtemps il sera client de la marque. Les souvenirs de jeunesse acquièrent affectivement une force extraordinaire et si vous avez des doutes, pensez à la chanson de Renaud « Les Mistrals gagnants ». Dans le même orde d’idée, vous serez peut-être aussi étonné d’apprendre qu’on trouve aujourd’hui un arôme alimentaire de Carambar 3 (et même un parfum !) : on croit rêver parfois ! Rien d’étonnant donc de voir les dessins animés et les émissions de vos chers petits à la télévision entrecoupés de publicités pour tel soda, friandise ou petit déjeuner. Cette politique a valu à certains adolescents aux USA (des adolescents : vous avez bien lu) de souffrir d’ostéoporose tout simplement parce qu’ils buvaient (inutilement il faut le dire) trop de sodas chaque jour.

Voyons maintenant comment ce dérapage continue et s’amplifie pour atteindre un degré franchement intolérable.

Certes, un industriel cherche à avoir le plus de clients possibles et les plus fidèles possibles mais cela ne justifie pas tout. Pourtant, il va donc chercher (sans que cela se voit bien sûr) à réduire ses coûts de production pour augmenter sa marge et diminuer ses prix de vente afin de les rendre davantage concurentiels. En poursuivant ce dernier but, on parvient ainsi à obtenir des produits immondes ou même carrément nuisibles pour la santé humaine. Exemple déjà cité : le fromage sans fromage pour les pizzas et autres plats préparés.

Quant au premier point, les cigarettiers américains allèrent jusqu’à (et en le niant bien entnedu, c’est-à-dire en allant jusqu’à se parjurer ouvertement devant le Congrès : on en a la preuve !) à ajouter des matières toxiques à leurs cigarettes pour provoquer une dépendance des consommateurs dès les premières prises : il était déjà difficile de « décrocher » du tabac et, de cette manière, cela devenait impossible. Mais par contre la fidélité des clients devenait, par ce biais, résistante à toute épreuve.

Pour les produits alimentaires, au-delà de l’accoutumance purement psychologique obtenue par une manipulation de l’inconscient comme nous venons de le voir, il a semblé possible à certains de créer aussi une dépendance physique. En acquérant la fidélité d’un client dès son plus jeune âge, on bénéficiait ainsi de celle-ci jusqu’à sa mort. On s’est aperçu, par exemple, que certains composants, comme le sucre, rendaient insensible aux signaux de satiété qu’essayait d’émettre le cerveau. D’une part le consommateur éprouvait le besoin de manger toujours davantage, bien au-delà de ses véritables besoins, sans percevoir de limite à son appétit, d’autre part le sevrage du produit créait une sensation de « manque » comme peuvent en provoquer des drogues dures (héroïne par exemple). La route du surpoids, de l’obésité, du diabète et des profits sans limite s’ouvrait alors aux industriels peu scrupuleux.

Maintenant, vous savez comment 60 % des Américains souffrent du surpoids et comment celui-ci est devenu un danger planétaire.

Pour me résumer, vous payez une première fois pour acheter un produit dont vous n’avez pas forcément besoin. Vous payez une deuxième fois les conséquences des inconvénients provoqués chez vous par ce produit (mal être, ennuis de santé). Puis vous payez une troisième fois par le biais de cotisations de sécurité sociale trop élevées dues à la prise en charge des maladies provoquée par une nourriture délétère. Enfin, vous payez une quatrième fois par l’intermédiaire de vos impôts car ces entreprises ou agriculteurs trouvent toujours le moyen de se faire subventionner.

Vous n’en avez pas assez de payer ?

Voyons maintenant comment se tirer de ce mauvais pas.

D’abord, être égoïste.

Cette situation changera un jour certes, ne serait-ce que parce qu’on ne pourra pas continuer à courir ainsi vers l’abîme. Mais avant que les yeux d’un nombre suffisant de consommateurs s’ouvrent, vous risquez d’attendre un joli moment pendant lequel vous risquez de tomber malade.

Donc, pensez à vous et, sans plus attendre, changez votre façon de vous alimenter. Les informations que je vous communique régulièrement devraient vous y aider.

Le biologique par exemple, qui semble coûter un peu plus cher, permet en fait de réaliser des économies car il élimine des conséquences néfastes de produits qui, à première vue, semblent bon marché.

Attention cependant, tous les produits biologiques ne sont pas excellents pour autant. De plus, leur provenance est parfois tout à fait discutable. Je regardais dernièrement au supermarché l’origine de pommes biologiques et m’aperçu qu’elles venaient… d’Argentine. Or, d’une part nous manquons maintenant de pétrole et on se demande pourquoi gaspiller des ressources qui deviennent de plus en plus rares, d’autre part je m’interrogeai sur l’argent que devait toucher le pauvre agriculteur pour que ses pommes, compte tenu de la succession de frais à ajouter, pouvait bien recevoir au départ. Pour information, il n’existe aucune raison sérieuse pour que les pommes proviennent d’Argentine, du Chili ou même d’Allemagne car on en trouve très facilement dans toutes les régions de France. Il faut donc apprendre à exiger du biologique et du local.

Pensez ensuite aux personnes que vous aimez. Communiquez-leur cette lettre et abonnez-les, vous les aiderez à ouvrir les yeux. Donc, vous leur rendrez service. Et vous participerez ainsi à la prise de conscience générale.

Ensuite, je vous suggère de ne laisser passer aucune occasion pour dire tout haut ce qu’on cherche si bien à dissimuler. Et notamment, n’hésitez pas à dire aux commerçants ce que vous pensez de leurs produits, à leur demander quelle est leur provenance ainsi que les traitements dont ils ont été l’objet.

Enfin, en qualité de citoyen, vous avez votre mot à dire. Faites savoir à vos élus, par tous les moyens dont vous disposez, que vous n’êtes pas d’accord avec cette politique aberrante qui conduit à la dégradation permanente de l’alimentation humaine, à l’augmentation sans fin des charges sociales et à la disparition de nos agriculteurs (on pourrait au contraire créer des emplois).

En conclusion, manger correctement est un combat permanent dont je vous souhaite de sortir vainqueur.

 

 

1 BERNAYS (Edward), Propaganda : comment manipuler l’opinion en démocratie, Paris, La Découverte, 2007.

2 WANSINK (Pr Brian), Conditionnés pour trop manger, Vergèze, Thierry Souccar Éditions, 2009.

3 http://www.patiwizz.com/patiwizz-aromes-arome-carambar-115-ml.55786.html

 

 

 

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Peut-on maigrir ?

La période de fin d’année et ses excès de victuailles étant passée, on se retrouve un beau matin de l’an nouveau sur son pèses-personne devant le constat des dégâts provoqués qui se chiffrent en kilos. Oui, je sais, cette année vous avez tenu compte de mes informations et vous avez fait du slalom devant la table. Mais, entraîné par l’ambiance, vous pourriez bien quand même avoir stocké un peu de poids en trop. Alors, vous vous dites : « comment vais-je faire pour le perdre ? ».

Angoissante question que beaucoup de gens se posent et qui va faire les choux gras des magasines féminins, des pharmacies et d’Internet où vont s’affronter les régimes les plus divers destinés à capter le maximum d’argent en culpabilisant le plus possible tous ceux (et surtout celles) qui ont le malheur de laisser leur regard planer sur les publicités alléchantes exposées bien en vue. En janvier, le départ est donné et ça va bien durer au moins jusqu’à Pâques. Qu’allez-vous faire ?

En général, on essaye quelques « régimes marketing » (je les appelle ainsi car ils font assaut de séduction et de promesses mirifiques – comme perdre 4 kg par semaine par exemple – pour attirer les clients mais ne sont fondés sur rien de sérieux et ne marchent – à moyen terme – que dans 5 à 20 % des cas) et, comme ils donnent des résultats très décevants, on en conclut qu’on ne peut pas maigrir. Deux exceptions cependant :

  • 80 à 95 % d’échec, laissent toutefois 5 à 15 % de réussite : certes, c’est peu mais cela suffit à entretenir la légende !
  • tous les régimes pour maigrir, quels qu’ils soient, produisent des effets positifs dans un premier temps qui, en général, ne dure pas très longtemps.

J’expliquerai prochainement ce dernier phénomène un peu surprenants dans une étude plus détaillée.

Autre solution, agir plus globalement sur son mode de vie comme le suggèrent le Dr Jean-Paul Curtay 1, le Dr Michel de Lorgeril2, le Dr Jean Seignalet3, Thierry Souccar4, le Pr Lorain Cordain5… Moins spectaculaires, un peu plus lentes mais aussi beaucoup plus sûres, ces méthodes permettent, à long terme, d’obtenir de bien meilleurs résultats. Surtout, plus durables.

Pour avoir essayé trente six régimes, lu environ deux cents livres parlant d’alimentation et visionné des tonnes de vidéos (ce n’est pas toujours facile en effet de ne pas se perdre dans le maquis de la nutrition, d’autant que les meilleurs chercheurs ne sont pas forcément des pédagogues accomplis et que j’ai dû parfois relire leurs ouvrages jusqu’à cinq fois de suite pour être certain de les avoir bien compris), je peux affirmer aujourd’hui que tout le monde (aux exceptions près) peut maigrir. J’ajoute quand même que mon expérience de psychanalyste m’a beaucoup aidé car l’obstacle à surmonter n’est pas toujours de nature biologique. Finalement, j’ai fait une synthèse des découvertes les plus récentes qui m’a permis de perdre moi-même prés de trente kilos sans aucun effort : je sais donc de quoi je parle !

Par conséquent, je suis persuadé que vous aussi vous pouvez maigrir même si vous pensez que ce sera difficile (ce qui est faux, rassurez-vous). Si d’ailleurs vous n’y parveniez pas ou si vous rencontriez une difficulté particulière, n’hésitez pas à m’écrire pour m’expliquer votre cas (je suis en train de tester une possibilité de coaching par l’intermédiaire de Skype : pour le moment, c’est gratuit, profitez-en !).

Pour cela, il vous suffit de suivre quelques règles simples.

La première condition, préalable à toute autre, consiste à se se déculpabiliser car c’est avec cette sacré culpabilité qu’on vous manipule. Il ne faut pas tomber dans ce piège qui est très préjudiciable à l’atteinte de nos objectifs 6. Il y a quelques bonnes raisons à cela :

  • faire la fête de temps en temps est nécessaire à notre bon équilibre psychique et profiter de la période de fin d’année et de ses rencontres conviviales est donc tout à fait naturel. Rien à regretter donc ;
  • bien manger fait partie des plaisirs de la vie et il serait bien dommage de ne pas en profiter ;
  • en vieillissant, la masse grasse augmente et on ne retrouvera jamais le ventre creux de nos quinze ans (si d’ailleurs c’était le cas, il vaudrait mieux vous en inquiéter et  consulter votre médecin).

Ceci étant, notre corps est comme le moteur d’une automobile : il est conçu pour fonctionner avec un certain carburant, entendez une certaine nourriture. Si vous voulez absolument l’alimenter avec autre chose, ne vous étonnez donc pas de vous trouver en surpoids ni de souffrir de maux divers. Dans cette Newsletter, je m’efforce de vous donner des informations sur lesquelles vous pouvez vous appuyer sans crainte car elles émanent des chercheurs les plus en pointe dans le monde entier.

Aujourd’hui, je vais me contenter de tracer le cadre général vers lequel le plus de spécialistes actuels essayent d’aller et qui devrait déjà vous permettre de voir rapidement l’aiguille de votre pèse-personne dévier dans le bon sens. Vous êtes prêt ? Alors, allons-y !

Faites en sorte que votre alimentation se compose de 70 % de légumes frais (et de quelques fruits le moins sucrés possible) sans amidon (pas de pommes de terre par exemple) et de 30 % de protéines animales maigres (pour les végétariens, il me semble qu’il existe une solution que j’évoquerai prochainement).

C’est tout ? Oui, c’est tout : je vous avais dit que c’était simple ! Si vous parvenez à cela, vous aurez de bonnes surprises sans souffrir d’aucune carence ! Bien sûr, c’est une tendance générale et vous n’adopterez pas ce mode alimentaire du jour au lendemain. Mais cet objectif simple et clair pourra vous servir en toutes circonstances de boussole indiquant la bonne direction, celle qui vous garantira la meilleure santé.

Et n’oubliez pas que pour réussir, il faut agir : quand on ne fait rien, il ne se passe rien !

En route !

 

PS : manger correctement est aujourd’hui une nécessité qui s’apprend car on ne peut faire confiance ni à la tradition (le monde a beaucoup changé !), ni au discours officiel, objet de trop de conflits d’intérêts. Trouver l’alimentation qui nous convient nécessite d’abord de consacrer un certain temps à la lecture.

 

1 CURTAY (Dr Jean-Paul), Okinawa, Paris, Anne Carrière, 2006.

2 LORGERIL (Dr Michel de), Prévenir l’infarctus et l’accident vasculaire cérébral, Vergèze, Éditions Thierry Souccar, 2011.

3 SEIGNALET (Dr Jean), Préface du Pr Henri Joyeux, L’alimentation ou la troisième médecine, Paris, François-Xavier de Guibert,1999

4 SOUCCAR (Thierry), Le régime préhistorique, Montpellier, Indigène, 2007.

5 CORDAIN (Pr Loren), The Paleo Diet, John Wiley & Sons, Inc, USA, 2002.

6 THALMANN (Yves-Alexandre), Au diable la culpabilité ! Cessez de vous culpabiliser et retrouvez votre liberté intérieure, Saint Julien en Genevois, Jouvence, 2005.

 

 

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Quand faut-il se peser ?

Connaître précisément son poids du jour est une des questions qui préoccupe de nombreuses personnes. C’est effectivement une information intéressante car elle permet de savoir, entre autres, trois choses :

  • son poids, c’est-à-dire des variations depuis la dernière pesée ;
  • l’effet produit par les aliments ingérés la veille ;
  • comment il convient de rectifier et d’adapter son menu du jour.

Des spécialistes de la perte de poids ont cependant remarqué que certaines personnes étaient devenues obsédées par le pèse-personne et que cet état psychologique de tension avait tendance à produire l’effet contraire, à savoir à favoriser la prise de poids. En conséquence, ils ont préconisé de pas se peser trop souvent, une fois par semaine suffisant bien largement à leur avis.

Certes, ils n’ont pas tout à fait tort dans la mesure où ils tentent de rassurer leurs patients en essayant de les libérer de leur obsession.

Cependant, en adoptant cette attitude qui semble à première vue très sage et très mesurée, ils se trompent lourdement et confondent deux questions en inversant tout simplement la cause avec un des signes qui la révèle.

Pour prendre une comparaison plus explicite, arrêtons-nous un instant sur la météo qu’aujourd’hui tout le monde connaît.

Savoir le matin qu’il risque de pleuvoir dans la journée, incite seulement à se munir d’un parapluie. Si au contraire on annonce qu’il va faire chaud, on pourra se vêtir plus légèrement. Dans tout les cas, le bulletin météo n’est absolument pas responsable du temps qu’il va faire mais donne simplement une information prédictive qui, aujourd’hui, se trouve juste la plupart du temps. Se mettre en colère contre le bulletin météo parce qu’il va pleuvoir ou, au contraire se réjouir parce que la journée sera ensoleillée, ne sert strictement à rien et n’aura aucune influence sur le temps.

Il en est de même avec le pèse-personne. Si vous vous êtes bourré de pommes de terre frites la veille et si le pèse personne accuse le lendemain matin un kilogramme de plus, l’instrument de mesures n’est en aucune façon responsable de ce que vous avez mangé.

Ne mélangeons donc pas les problèmes : si vous êtes victime d’une tension psychologique qui vous empêche de monter sur le pèse-personne, traitez-là d’abord afin de la réduire jusqu’à ce que la connaissance de votre poids ne provoque plus en vous de bouleversement émotionnels et redevienne l’indication objective qu’elle a toujours été. Ce faisant, vous agirez certainement sur les causes réelles et profondes du dérèglement que vous cherchez à combattre (qui n’ont d’ailleurs parfois rien à voir avec le poids !), après quoi il ne vous restera plus qu’à appliquer quelques principes simples pour retrouver très rapidement le poids qui vous convient.

Pour les autres, ceux dont les renseignements fournis par le pèse personne ne sont que des informations (à peu près justes mais ne demandez pas non plus à cet instrument la précision de la balance Roberval !), l’information fournie peut être pleine d’enseignements.

Ce n’est d’ailleurs pas le poids global qui est le plus intéressant contrairement à ce qu’on pourrait croire mais la variation de poids depuis la veille car on peut la relier à ce qu’on vient de manger et dont on se souvient encore facilement (mais attention à l’inconscient qui s’amusera justement à vous faire oublier ce qui vous aura fait grossir). Jour après jour, ces observations vous permettront de découvrir quels sont les aliments qui vous conviennent le mieux ainsi que les conditions d’alimentation à éviter.

Mais aussi, vous pourrez agir et rester maître de la situation (au lieu de demeurer passif) et décider de modifier ou non votre menu du jour et dans quel sens.

Se peser tous les matins en se levant (ou à peu près : ne soyons pas obsessionnels !) est donc pour moi une excellente occasion d’apprendre des choses qu’on ne soupçonnait pas et de regarder la réalité en face. De plus, cela nous aide à garder le regard tendu vers un objectif sans pour autant se mettre dans un état préjudiciable.

Ma suggestion est donc bien de se peser tous les jours mais de regarder l’information fournie comme on regarde celle donnée par le bulletin météo en se disant simplement : « Tiens, il va faire beau aujourd’hui » ou alors : « il va pleuvoir » mais de ne pas s’en sentir affecté pour autant.

Grâce à cette attitude, soyez certain que vous allez peu à peu trouver ce qui vous convient le mieux.

 

Une fausse bonne idée

On croit généralement (et c’est bien légitime au vu de ce qu’on nous raconte) que pour maigrir, il est bon de consommer des boissons  . C’est malheureusement une fausse bonne idée car, en fait, cela produirait un effet contraire. C’est du moins le résultat d’une étude parue dans l’American Journal of Public Health.

En effet, il a été constaté que si les personnes obèses buvaient davantage de boissons allégées que les personnes normales qui buvaient, elles, des boissons sucrées et absorbaient ainsi davantage de calories. Pourtant les personnes obèses consommaient finalement davantage de calories solides que les non-obèses. Ainsi, au lieu de maigrir, elles continuaient à grossir, c’est-à-dire que les boissons light produisaient l’effet inverse !

Cela interrogea bien sûr les chercheurs.

Ils s’aperçurent alors que les boissons allégées contenaient une foule d’édulcorants chimiques (évidemment, pas de la Stévia, hélas) pour donner un goût sucré aux boissons. Or, ces édulcorants à haute dose, activaient les centres de la récompense dans le cerveau. Mais, cela modifiait du même coup le contrôle de l’appétit et les symptômes de la satiété ne parvenaient plus à temps à la conscience, ce qui conduisait à une augmentation des apports alimentaires.

Ce phénomène a déjà été remarqué depuis un certain temps : pour manger moins, encore faut-il en avoir moins envie. Si on consomme des produits qui excitent l’appétit (comme le goût sucré dont le rôle a bien été repéré depuis longtemps. On a même remarqué que le sucre pouvait être comparé à une drogue forte), on a beaucoup plus de mal à réduire sa consommation, donc à perdre du poids.

Faites l’expérience vous-même : la perspective de ce petit dessert sucré à la fin du repas ou la vue de ce beau gâteau, comme par hasard vous redonnent de l’appétit. Or, on le sait bien maintenant, ce n’est pas la graisse qui fait grossir mais c’est le sucre 1. Cette note sucrée à la fin du repas vous était donc superflue : vous aviez suffisamment mangé avant, vous auriez dû vous arrêter là !

On en vient à la conclusion que pour perdre du poids, il convient non seulement de supprimer sucre et amidon (et tout ce qui peut se transformer en glucose) qui relance le mécanisme de production d’insuline (et au deuxième chef celui de l’hypoglycémie pathologique) mais qu’il était bon de se désintoxiquer du goût sucré. Même la Sétvia, qui pourtant est végétale et ne contient aucune calorie, ne serait pas recommandé, sauf dans un premier temps en tant que produit de substitution. Ne soyons quand même pas trop exigeant et si l’abandon du goût sucré est trop difficile, prenons de la Stévia, c’est toujours mieux que 90 kg de sucre par an (oui, certaines personnes arrivent à consommer 90 kg de sucre par an ! Étonnez-vous ensuite qu’il y ait de plus en plus d’obèses de par le monde ! ).

Pour mémoire, je rappelle quand même que le sucre n’existait pas au Paléolithique.

Quant à la boisson, la meilleure est de l’eau pure. Choisissez la le moins minéralisée possible (Mont Roucous, Rosée de la Reine…). J’en ai déjà indiqué les raisons dans un livre précédent 2.

Tchin, tchin !

 1 TAUBES (Gary), FAT : pourquoi on grossit, Vergèze, Éditions Thierry Souccar, 2012.

2 DESMARAIS (Jean-Michel), Maigrir sans faire de régime, Romart, Monaco, 2011.

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Vouloir maigrir

70 % des femmes veulent maigrir et si on ajoute les hommes qui ne disent rien (pour ne pas avoir l’air trop coquets) mais n’en pensent pas moins, cela fait beaucoup de monde.

La question qui se pose alors est : pourquoi si peu de personnes parviennent-elles à leur but ?

 

L’ÉCHEC TOTAL DES RÉGIMES

Á cela, il existe de très nombreuses réponses que nous allons examiner :

1 – les conseils donnés pour se nourrir ne sont pas corrects en ce sens qu’on n’indique pas aux personnes qui ont tendance à grossir (ce qui représente la majorité de la population) les aliments qui permettent de ne pas prendre de poids. Par exemple, des nutritionnistes américains, croyant bien faire, se sont en fait complètement trompés depuis des décennies. Cherchant à réduire les accidents vasculaires trop fréquents, ils ont créé une véritable phobie des graisses sans se rendre compte que si certaines d’entre elles sont à éviter absolument (comme les huiles hydrogénées par exemple), d’autres sont absolument indispensables non seulement à la santé (celles qui contiennent des omégas-3. Lire le livre du Dr Michel de Lorgeril à ce sujet1) mais également pour maigrir (oui, la graisse peut faire maigrir). Ils ont par contre recommandé de consommer des céréales et ont procédé à un  véritable matraquage publicitaire (comme seuls les Américains savent le faire). Le message a été parfaitement entendu par la population qui s’est mise à consommer en moyenne 500g de céréales par jour, qui plus est trop souvent issues de filières industrielles (c’est-à-dire contenant quantité de produits toxiques).

Résultat : non seulement les maladies vasculaires n’ont pas diminué mais 60 % de la population est devenue en surpoids ou même carrément obèse. Cherchez l’erreur !

Les spécialistes actuels ont fini par la trouver. Après force expérimentations, ils ont été contraints d’accepter cette réalité incontournable : les céréales font grossir et il convient de les éliminer complètement de notre alimentation. Quant aux graisses,  il ne faut surtout pas les supprimer toutes car certaines sont indispensables ;

2 – la deuxième erreur est aussi énorme : la plupart des régimes pour maigrir communément proposés, sont en fait des opérations marketing et soit ne s’adressent qu’à une partie de l’individu, soit ne s’attaquent pas au mode de vie, allant même jusqu’à ignorer les aspects psychologiques des personnes. Ainsi, on perd quelques kilos les premières semaines (il s’agit en fait souvent de beaucoup d’eau, effet qu’on obtiendrait aussi facilement en buvant simplement des infusions de queues de cerise ou de tout autre diurétique naturel), mais on ne peut pas tenir la longueur car ces régimes sont à la fois sadiques et inapplicables dans la vie de tous les jours. On  arrête alors et, en raison de l’effet rebond habituel, on reprend rapidement tous les kilos qu’on avait perdus, plus quelques kilos supplémentaires à chaque fois.

On pourrait donc dire, paradoxalement, que grâce aux régimes pour maigrir, on réussit à grossir, ce qui est un comble !

 

L’ORIGINE DU PROBLÈME

3 – avant d’aborder la troisième raison, je tiens à rappeler ce que disait Albert Einstein : « Un problème sans solution est un problème mal posé ». Je m’explique. Si nous avons grossi davantage que nous aurions dû, c’est que notre système de régulation automatique (système fort complexe dont nous n’avons aujourd’hui encore qu’une vague idée de la constitution)  de notre poids s’est déréglé, autrement dit que nous absorbons des produits qui, compte tenu de ce que nous sommes (et nous sommes tous différents) et de notre mode de vie, ne nous conviennent pas. Perdre du poids devient donc la conséquence du rétablissement du fonctionnement incorrect de notre système de régulation automatique de notre poids et pour le rétablir dans son fonctionnement, il convient d’agir sur plusieurs éléments à la fois, à savoir les aliments que nous absorbons, ce que nous sommes et notre mode de vie. La conséquence qui en découle automatiquement sera une régulation de notre poids et nous maigrirons sans que nous ayons quoi que se soit de particulier à faire. Vu sous cet angle, on voit immédiatement que le problème de la perte de poids est mal posé et même posé exactement à l’envers. On cherche à agir sue les conséquences (le surpoids ou l’obésité) en persistant à ignorer délibérément les particularités de chaque personne qui font qu’elle est absolument unique. C’est d’ailleurs hélas la démarche trop fréquente de la médecine actuelle qui réussit parfaitement (ou presque) à faire disparaître les symptômes à coup de médicaments ou d’opérations chirurgicales sans s’attaquer aux causes.

On voit d’ici l’ampleur du contresens ! Cela revient à considérer chacun comme un numéro, une chose inerte et sans réaction, comme une matière première qu’on peut modeler à sa guise. Pas étonnant que les soi disant régimes-miracle ne marchent pas ;

 

LE SECOURS DE LA NUTRI-ANALYSE

4 – la quatrième raison fait en réalité partie de la troisième mais il convient de lui accorder une importance toute particulière que je voudrais développer ici. On fait en effet généralement semblant de croire que l’être humain est essentiellement logique. « Je suis maître de moi comme de l’univers » est sans doute une belle réplique du théâtre classique qui a fait frémir les foules mais qui dans la vie de tous les jours, elle s’avère entièrement fausse. En réalité, l’être humain est composé de deux parties (pour simplifier) : le conscient et l’inconscient. Ceux qui ont encore des doutes à ce sujet devenu absolument incontestable doivent se rappeler que les découvertes de Freud datent de plus d’un siècle et que le Dr Georg Groddeck a publié « Le livre du ça »2  (qui lui aussi date de plus d’un siècle et fait encore autorité en tant que fondement de la médecine psychosomatique) en 1923. Autrement dit, en privilégiant notre côté logique, on ne s’adresse qu’à la moitié de nous-même. Dans cette optique, que répondre à la personne qui finit par vous dire : « J’ai une tellement mauvaise image de moi que je ne parviens même pas à monter sur un pèse-personne » ? Qu’il vaudrait mieux qu’elle mange des carottes râpées ?

Cette réponse est complètement ridicule voire grotesque et en tous cas à côté du véritable problème.

C’est bien la raison pour laquelle la nutri-analyse ne s’appuie pas uniquement sur la nutrition. L’étude globale de la personne sous tous ses aspects et de son environnement sont indispensables. L’hypothèse est la suivante : si on a pris du poids, c’est qu’il y a une raison. Si on veut le perdre, il faut trouver cette raison. Elle est parfois tout à fait mineure mais c’est un grain de sable qui bloque la machine : cela rend vains tous les autres efforts et c’est pourquoi on n’arrive pas à maigrir.

In fine, vouloir maigrir apparaît comme un désir qui ne dépend pas uniquement de la volonté mais d’un nombre de facteurs beaucoup plus complexes pour le traitement desquels il semble parfois nécessaire de demander l’aide d’une personne vraiment compétente. L’aide et le suivi de quelqu’un d’extérieur (ami ou nutri-analyste) est presque toujours la béquille qui nous permettra temporairement de marcher en attendant que tout soit rentré dans l’ordre.

 

 

 

1 - LORGERIL (Pr Michel de), Pévenir l’infarctus et l’accident vasculaire cérébral, Vergèze, Thierry Souccar, 2011.

2 - GRODDECK (Dr. Georg), Le livre du ça, Paris, Gallimard, 1963.