Vouloir maigrir

70 % des femmes veulent maigrir et si on ajoute les hommes qui ne disent rien (pour ne pas avoir l’air trop coquets) mais n’en pensent pas moins, cela fait beaucoup de monde.

La question qui se pose alors est : pourquoi si peu de personnes parviennent-elles à leur but ?

 

L’ÉCHEC TOTAL DES RÉGIMES

Á cela, il existe de très nombreuses réponses que nous allons examiner :

1 – les conseils donnés pour se nourrir ne sont pas corrects en ce sens qu’on n’indique pas aux personnes qui ont tendance à grossir (ce qui représente la majorité de la population) les aliments qui permettent de ne pas prendre de poids. Par exemple, des nutritionnistes américains, croyant bien faire, se sont en fait complètement trompés depuis des décennies. Cherchant à réduire les accidents vasculaires trop fréquents, ils ont créé une véritable phobie des graisses sans se rendre compte que si certaines d’entre elles sont à éviter absolument (comme les huiles hydrogénées par exemple), d’autres sont absolument indispensables non seulement à la santé (celles qui contiennent des omégas-3. Lire le livre du Dr Michel de Lorgeril à ce sujet1) mais également pour maigrir (oui, la graisse peut faire maigrir). Ils ont par contre recommandé de consommer des céréales et ont procédé à un  véritable matraquage publicitaire (comme seuls les Américains savent le faire). Le message a été parfaitement entendu par la population qui s’est mise à consommer en moyenne 500g de céréales par jour, qui plus est trop souvent issues de filières industrielles (c’est-à-dire contenant quantité de produits toxiques).

Résultat : non seulement les maladies vasculaires n’ont pas diminué mais 60 % de la population est devenue en surpoids ou même carrément obèse. Cherchez l’erreur !

Les spécialistes actuels ont fini par la trouver. Après force expérimentations, ils ont été contraints d’accepter cette réalité incontournable : les céréales font grossir et il convient de les éliminer complètement de notre alimentation. Quant aux graisses,  il ne faut surtout pas les supprimer toutes car certaines sont indispensables ;

2 – la deuxième erreur est aussi énorme : la plupart des régimes pour maigrir communément proposés, sont en fait des opérations marketing et soit ne s’adressent qu’à une partie de l’individu, soit ne s’attaquent pas au mode de vie, allant même jusqu’à ignorer les aspects psychologiques des personnes. Ainsi, on perd quelques kilos les premières semaines (il s’agit en fait souvent de beaucoup d’eau, effet qu’on obtiendrait aussi facilement en buvant simplement des infusions de queues de cerise ou de tout autre diurétique naturel), mais on ne peut pas tenir la longueur car ces régimes sont à la fois sadiques et inapplicables dans la vie de tous les jours. On  arrête alors et, en raison de l’effet rebond habituel, on reprend rapidement tous les kilos qu’on avait perdus, plus quelques kilos supplémentaires à chaque fois.

On pourrait donc dire, paradoxalement, que grâce aux régimes pour maigrir, on réussit à grossir, ce qui est un comble !

 

L’ORIGINE DU PROBLÈME

3 – avant d’aborder la troisième raison, je tiens à rappeler ce que disait Albert Einstein : « Un problème sans solution est un problème mal posé ». Je m’explique. Si nous avons grossi davantage que nous aurions dû, c’est que notre système de régulation automatique (système fort complexe dont nous n’avons aujourd’hui encore qu’une vague idée de la constitution)  de notre poids s’est déréglé, autrement dit que nous absorbons des produits qui, compte tenu de ce que nous sommes (et nous sommes tous différents) et de notre mode de vie, ne nous conviennent pas. Perdre du poids devient donc la conséquence du rétablissement du fonctionnement incorrect de notre système de régulation automatique de notre poids et pour le rétablir dans son fonctionnement, il convient d’agir sur plusieurs éléments à la fois, à savoir les aliments que nous absorbons, ce que nous sommes et notre mode de vie. La conséquence qui en découle automatiquement sera une régulation de notre poids et nous maigrirons sans que nous ayons quoi que se soit de particulier à faire. Vu sous cet angle, on voit immédiatement que le problème de la perte de poids est mal posé et même posé exactement à l’envers. On cherche à agir sue les conséquences (le surpoids ou l’obésité) en persistant à ignorer délibérément les particularités de chaque personne qui font qu’elle est absolument unique. C’est d’ailleurs hélas la démarche trop fréquente de la médecine actuelle qui réussit parfaitement (ou presque) à faire disparaître les symptômes à coup de médicaments ou d’opérations chirurgicales sans s’attaquer aux causes.

On voit d’ici l’ampleur du contresens ! Cela revient à considérer chacun comme un numéro, une chose inerte et sans réaction, comme une matière première qu’on peut modeler à sa guise. Pas étonnant que les soi disant régimes-miracle ne marchent pas ;

 

LE SECOURS DE LA NUTRI-ANALYSE

4 – la quatrième raison fait en réalité partie de la troisième mais il convient de lui accorder une importance toute particulière que je voudrais développer ici. On fait en effet généralement semblant de croire que l’être humain est essentiellement logique. « Je suis maître de moi comme de l’univers » est sans doute une belle réplique du théâtre classique qui a fait frémir les foules mais qui dans la vie de tous les jours, elle s’avère entièrement fausse. En réalité, l’être humain est composé de deux parties (pour simplifier) : le conscient et l’inconscient. Ceux qui ont encore des doutes à ce sujet devenu absolument incontestable doivent se rappeler que les découvertes de Freud datent de plus d’un siècle et que le Dr Georg Groddeck a publié « Le livre du ça »2  (qui lui aussi date de plus d’un siècle et fait encore autorité en tant que fondement de la médecine psychosomatique) en 1923. Autrement dit, en privilégiant notre côté logique, on ne s’adresse qu’à la moitié de nous-même. Dans cette optique, que répondre à la personne qui finit par vous dire : « J’ai une tellement mauvaise image de moi que je ne parviens même pas à monter sur un pèse-personne » ? Qu’il vaudrait mieux qu’elle mange des carottes râpées ?

Cette réponse est complètement ridicule voire grotesque et en tous cas à côté du véritable problème.

C’est bien la raison pour laquelle la nutri-analyse ne s’appuie pas uniquement sur la nutrition. L’étude globale de la personne sous tous ses aspects et de son environnement sont indispensables. L’hypothèse est la suivante : si on a pris du poids, c’est qu’il y a une raison. Si on veut le perdre, il faut trouver cette raison. Elle est parfois tout à fait mineure mais c’est un grain de sable qui bloque la machine : cela rend vains tous les autres efforts et c’est pourquoi on n’arrive pas à maigrir.

In fine, vouloir maigrir apparaît comme un désir qui ne dépend pas uniquement de la volonté mais d’un nombre de facteurs beaucoup plus complexes pour le traitement desquels il semble parfois nécessaire de demander l’aide d’une personne vraiment compétente. L’aide et le suivi de quelqu’un d’extérieur (ami ou nutri-analyste) est presque toujours la béquille qui nous permettra temporairement de marcher en attendant que tout soit rentré dans l’ordre.

 

 

 

1 - LORGERIL (Pr Michel de), Pévenir l’infarctus et l’accident vasculaire cérébral, Vergèze, Thierry Souccar, 2011.

2 - GRODDECK (Dr. Georg), Le livre du ça, Paris, Gallimard, 1963.