Bien manger et faire des économies

Manger correctement et faire des économies semble incompatible, et pourtant…

On raconte généralement, en effet, que manger correctement coûte plus cher et c’est ce que j’ai cru moi-même pendant longtemps. Mais, heureusement, c’est totalement faux comme je l’ai découvert progressivement. Seulement les bruits de couloir ont la vie dure. Pour vous donner un exemple, j’ai réduit le poste « alimentation » de mon budget mensuel d’environ 30 % et j’espère bien aller plus loin (je ne parle que ce dont je suis certain pour l’avoir expérimenté moi-moi-même). Comment ai-je fait ? Vous allez le comprendre très facilement.

 

Les profits des industriels

Pour commencer, il existe un fait inéluctable qui fait partie de la réalité. Quand un industriel vend un produit en effet, il doit supporter un certain nombre de charges : achat de matière première (dans le cas de l’agroalimentaire, il s’agit du produit de base), les frais de fabrication (ou de transformation), les frais de personnel, l’emballage, les frais de distribution…, plus, bien entendu une marge (la plus élevée possible) qu’il met dans sa poche ou répartit entre ses actionnaires après s’être payé. Pour être compétitif (et que vous achetiez son produit), il va donc essayer de le vendre le moins cher possible et, pour cela, réduire les frais sur tous les postes. Le premier qui se présente et sur lequel tous les producteurs luttent, est celui du produit initial et c’est la qualité qui va être la première sacrifiée. Mais, pas toujours, heureusement, mais on a du mal à le savoir !

Aux frais du producteur, vont s’ajouter les frais du distributeur qui, grosso modo, sont les mêmes que les précédents sauf que ce seront des frais de magasin, de stockage, etc. Qu’il s’occupe de produits « bio » ne change rien à la chose car le mécanisme est tout à fait identique à peu de choses près. Certes, on peut faire des économies sur les quantités qui assurent un meilleur prix dans de nombreux postes mais cela est loin de suffire à payer tout le reste.

La grande distribution a bien essayé de réduire ses coûts avec les produits de distributeur (PDD) et les produits premier prix (dits: « produits low cost ») et parfois ce sont exactement les mêmes que les produits de marques (fabriqués dans les mêmes usines avec les mêmes ingrédients et dans les même conditions) mais cela n’est pas toujours vrai : donc, méfiance !

 

Même le bio !

Par ailleurs, dans le cas de la bio (que la grande distribution a parfaitement compris et intégré), il pourra, par exemple, paraître plus avantageux d’acheter des pommes provenant du Chili que des produits régionaux. Ce qui pose plusieurs problèmes. D’une part, compte tenu des frais additionnels, le producteur du Chili ne peut recevoir qu’un prix dérisoire. Vous voyez tout de suite ce qu’il peut en être des salaires et de la protection sociale ! Je ne voudrais pas être à la place du pauvre ouvrier chilien ! Bien sûr, il convient d’ajouter en plus les frais des grossistes qui vont se charger d’exporter et d’importer, les frais de transport… Pensons ensuite que, pour accomplir un aussi long voyage, les produits devront être cueillis avant la pleine maturité et perdront en cours de route une grande partie de leurs vitamines, enzymes et micro-nutriments.

Sortir des habitudes

Bref, en achetant à un distributeur, qu’il s’agisse de la grande distribution, de magasins biologiques ou classiques, on est certain de payer la plupart du temps très cher et d’avoir en fin de compte un produit de plus mauvaise qualité que celui qui est acheté directement chez le producteur régional (ou qu’on a fait soi-même). Donc, les premières économies commencent pas sortir de la filière traditionnelle.

 Oui mais, je n’ai pas le temps, dites-vous. Sans doute mais il y a des solutions qui ne prennent également pas énormément de temps et coûtent par contre beaucoup moins cher.

Par exemple, si vous possédez un bout de jardin vous êtes sauvé ! De plus, point n’est besoin de disposer d’une dizaine d’hectares : l’expérience prouve que 500 m2 suffisent pour la consommation de quatre personnes en fruits et légumes durant une année. Avec une terrasse ou même un simple balcon, vous pouvez encore parvenir à faire pousser une partie de vos légumes. Enfin, dans certaines villes, de courageux militants ont réussi à convaincre le maire d’utiliser les espaces publics pour faire du jardinage (ceci est toutefois plus rare !). Dans tous les cas, dites-vous bien que lorsque vous consommez vos propres produits, d’une part vous faites des économies considérables, d’autre part vous bénéficiez de produits d’une fraîcheur incomparable puisqu’ils sont consommés juste après avoir été cueillis. En plus, vous serez fier de manger les légumes de votre propre production.

Quant au temps que vous consacrerez à ces cultures, si vous vous organisez bien, il ne sera pas forcément très long et vous épargnerez le temps passé à faire des courses.

Si vous ne disposez pas de jardin ni de balcon, rien n’est perdu. Outre la possibilité de vous entendre avec des amis pour partager un terrain, il existe encore des solutions. D’abord une classique, qui renaît aujourd’hui, ce sont les marchés de quartier où on peut rencontrer de petits producteurs. Mais il existe aussi des AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) qui vous livrent toutes les semaines un panier à votre domicile (ou à votre bureau ou encore que vous trouverez dans un camion stationné dans votre quartier) et qui vous garantissent des produits locaux, frais, de saison et bien souvent bios.

 

Réduire la consommation

Après les légumes et les fruits (vous avez déjà 80 % de ce dont vous avez besoin) reste la viande. Certes, il existe d’autres moyens de se procurer les acides aminé essentiels : je vous en parlerai prochainement. Restons pour le moment aux solutions classiques.

Sachez-le, un Américain mange 120 kg de viande par an et un Européen, 85 kg (un Africain, 14 : cherchez l’erreur !). C’est beaucoup trop ! On s’accorde en effet pour dire qu’avec 80 g de viande par jour, c’est suffisant (cela fait 29,2 kg par an). On peut donc diviser notre consommation par deux et ce sera encore trop. Un Anglais a inventé le mot « demitarien » pour caractériser cette nouvelle façon de se nourrir. Va pour « demitarien », ça nous fait faire des économies ! On peut même remplacer certains jours (et même davantage) la viande par des œufs ou des algues.

Enfin, il n’y a pas que pour la viande : d’une manière générale, on mange trop. Tout le monde le sait, le dit, le répète. Commencez par exemple par ne pas vous resservir. Ou diminuez légèrement vos quantités au début. Puis, allez-y tout doucement et progressivement. Même si cela prend plusieurs années, vous allez y arriver !

Avec tout cela, le résultat est celui que je vous avais prédit : vous mangez mieux et vous dépensez moins !

Elle est pas belle la vie ?

 

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