Conseils irresponsables

Lancé en janvier 2001, le Programme national nutrition santé (PNNS) a pour objectif général l’amélioration de l’état de santé de l’ensemble de la population française en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs : la nutrition. Le programme a été prolongé en 2006 puis en 2011.

Ses principales recommandations sont les suivantes :

  • Les fruits et légumes : au moins 5 par jour

Crus, cuits, en conserve ou surgelés, les fruits et légumes doivent être présents à tous les  repas. Ils peuvent aussi être consommés en dehors des repas en collation le matin ou en guise de gouter l’après-midi.

  • Les produits laitiers : 3 par jour (3 ou 4 pour les enfants ou les adolescents)

À chaque repas, voire au goûter, il est important d’alterner lait, yaourts et fromages pour obtenir un bon compromis entre le calcium et les matières grasses. Il est préférable de consommer des produits demi-écrémés plutôt qu’entiers.

  • Les féculents à chaque repas et selon l’appétit

Les féculents sont les céréales ou les aliments à base de céréales (riz, pâtes, semoule, blé, pain, et maïs), les légumes secs comme les lentilles, les pois, les haricots ou les fèves, les pommes de terre. Il est préférable de privilégier les céréales complètes ou demi-complètes qui contiennent plus de fibres et de vitamines.

On a vu le résultat !

Comme le dit Thierry Souccar dans un de ses livres 1 : « En voyant monter sur la scène de la conférence de presse des nutritionnistes ventripotents, on aurait dû se méfier ! »

Certains même, qui ont l’habitude de me lire, s’imaginent en voyant ça que je suis en train de leur faire une blague. Non, non, hélas ! Alors voyons pourquoi ? Allons-y :

 

1 – Ce qui fait grossir ce ne sont pas les graisses mais le sucre2 :

Les Américains sont en train d’en faire la douloureuse expérience puisque 60 % de la population est en surpoids ou obèse. Or, comme partout dans le monde, on veut imiter les Américains, l’épidémie se répand à grande vitesse sur toute la surface de la Terre. Cela inquiète même les spécialistes de la nutrition.

Pour moi la conclusion est simple : supprimons le sucre dont nos ancêtres ne connaissaient même pas le goût mais pour lequel nous avons une certaine appétence (des personnes parviennent à en manger jusqu’à 120 kg par an) qui peut aussi se transformer en addiction. On ne s’en sortira pas avec des produits naturels ou bio ni même du simple fructose qui est encore plus dangereux.

Tous les aliments qui contiennent de l’amidon (qui se transforme en glucose dans votre estomac et  font monter votre taux de sucre sanguin) sont également à proscrire. Céréales et légumineuses bien sûr mais aussi certains fruits (banane…) et légumes (pommes de terre…).

Ne confondez pas non plus les légumes avec les fruits, ces derniers étant davantage sucrés et devant plutôt être mangés seuls vers 17 – 18 h et consommés avec parcimonie. Pas en conserve toujours car ils perdraient une partie importante de leurs vitamines. Quant aux fruit secs, c’est un concentré de fructose à éviter quand on veut maigrir.

 

2 – Des graisses mais pas toutes :

Dans les graisses, il convient de trier.

Éliminons d’entrée les graisses trans (ou oxygénées) utilisées par l’industrie et qui sont de véritables poisons.

Quand au graisses saturées, elles se trouvent notamment dans les graisses animales (lait, fromage, beurre, viande, lard, etc.) mais aussi dans l’huile de coco et de palme. Il convient de ne pas en abuser sans pour autant les diaboliser (certains pensent qu’en petite quantité, elles ont un effet bénéfique).

Restent les acides gras mono et polyinsaturés.

Il est recommandé de privilégier ceux qui contiennent des oméga-3 3. Cela ne veut pas dire que les oméga-6 soient mauvais, mais nous en avons de trop. Au Paléolithique, quand nos ancêtres absorbaient un oméga-6, ils absorbaient aussi un oméga-3. Avec l’évolution de l’alimentation, quand nous absorbons aujourd’hui un oméga-3, nous absorbons aussi vingt oméga-6. Je ne vous garantis pas que nous puissions rétablir l’équilibre mais on peut au moins réduire l’écart. Du 1 pour 3 ou 4 (maximum) serait un beau résultat.

Pour les végétariens, une solution sans céréales ni légumineuses est en train de voir le jour : j’en parlerai dès que possible car le jour est proche où l’humanité ne pourra plus absorber les mêmes quantités de viande grasse issue d’animaux grandis en élevage intensif qui, par dessus le marché, se comporte d’une manière particulièrement sadique.

 

3 – Le lait et les produits laitiers :

Le lait ainsi que tous les produits laitiers (à l’exception de petites quantités de fromage, produit lacto-fermenté ne contenant pratiquement plus de lactase et qui doit être considéré comme une gourmandise) sont, bien sûr, à éliminer, j’ai déjà expliqué pourquoi en long, en large et en travers dans mon dernier livre4 ainsi que dans une Newsletter précédente. Pour ceux qui voudraient en savoir davantage, le Dr Nicolas Le Berre explique bien quel est le problème 5.

Quant à l’ostéoporose, c’est un mythe sur lequel Thiérry Souccar apporte un éclairage intéressant 6.

 

Rassurez-vous, en tenant compte de tout cela, on mange très bien, on est mince, en bonne santé et on a un moral à toute épreuve.

Mais pour ceux qui veulent grossir, rien ne les empêche de suivre les recommandations officielles pour maigrir !

Je plaisantais bien sûr mais, en tous cas, ce ne sera pas nous !

 

 

Jean-Michel Desmarais

Nutri-analyste

 

 

 

1SOUCCAR (Thierry), Le régime préhistorique, Montpellier, Indigène éditions, 2007.

2 TAUBES (Gary), FAT : pourquoi on grossit, Vergèze, Thierry Souccar Éditions, 2012.

3 LORGERIL (Dr Michel de) et SALEN (Patricia), Le pouvoir des Omega 3, Monaco, Alpen, 2005.

4 DESMARAIS (Jean-Michel), Maigrir sans faire de régime, Romart, Monaco, 2011.

5 LE BERRE (Dr Nicolas), Le lait : une sacré vacherie ?, Condé sur Noireau, Charles Corlet,  1990.

6 SOUCCAR (Thierry), Le mythe de l’ostéoporose, Vergèze, Thierry Souccar Éditions, 2012.

 

 

Crédit photo : <a href=’http://fr.123rf.com/ifong’>ifong / 123RF Banque d’images</a>