Des légumes et des fruits

La recommandation officielle de manger cinq fruits et légumes par jour est certainement pleine de bonnes intentions mais ce sont de celles qui malheureusement pavent le chemin de l’enfer.

Tout d’abord en effet, se pose la question de la provenance des produits.

S’ils sont issus de la culture industrielle qui a tout misé sur un prix bas, le bel aspect extérieur des fruits et légumes et leur plus longue conservation sur l’étalage, non seulement on a de fortes chances pour être particulièrement déçu par leur goût fade (ou plutôt, leur absence de goût)  lorsqu’on entreprend de les consommer mais on a la certitude avec eux d’absorber quantité de pesticides, de résidus d’engrais chimiques, de métaux lourds, sans compter les OGM et l’ionisation des aliments qui prolonge leur conservation. Dans ces conditions, ce n’est pas forcément un bon conseil que d’encourager la consommation d’une plus grande quantité de fruits et légumes car, c’est en même temps pousser à la consommation de produits toxiques supplémentaires.

Quant à leur origine géographique lointaine, elle implique une récolte avant pleine maturité, la perte des nutriments essentiels au cours du voyage, la dépense inutile de tonnes de pétrole… De plus, je me demande ce que cela apporte de plus de pouvoir manger des fraises au mois de décembre ?

Donc, oui aux fruits et légumes à condition d’abord qu’ils soient cultivés localement et soient issus de la filière bio ou s’en approchant11.

Le deuxième problème est que mélanger les fruits et les légumes au sein d’une seule et même catégorie est une erreur tellement énorme qu’on se demande comment des nutritionnistes professionnels ont pu la commettre (la seule explication est qu’il existe des conflits d’intérêt avec l’industrie agroalimentaire). Pour mieux la comprendre en tous cas, revenons un  peu en arrière.

Les fruits sauvages, au départ, c’est-à-dire tels qu’ils étaient au Paléolithique, étaient plutôt acides et peu sucrés. Pour parvenir aux espèces actuelles, les cultivateurs ont sélectionné et croisé les plants. On a ainsi abouti à un grand nombre de catégories pour chaque fruit, chacune étant bien adaptée à une région particulière. Mais on a voulu faire mieux et, finalement, on n’en a conservé uniquement quelques unes : on est ainsi passé de quelques centaines à moins d’une dizaine, ce qui est sans doute avantageux pour l’agroalimentaire qui s’est focalisé sur les fruits les plus juteux, se conservant bien et ayant un aspect appétissant mais dommage, une fois de plus, pour l’étendue des goûts et des parfums.

Ce qu’il faut retenir par-dessus tout, c’est que ces fruits modernes sont très sucrés. Or, pour une personne dont le métabolisme la pousse à grossir, ils sont à consommer avec modération2.

De plus, et selon le naturopathe Robert Mason, la meilleure heure pour les digérer est vers 17 h 303. Le jus d’orange pris le matin à la mode américaine, est donc particulièrement toxique. Enfin, les fruits ne conviennent pas à tous les tempéraments et, toujours selon Robert Masson, il est hasardeux de conseiller uniformément leur consommation. Je le rejoins tout à fait car, si une orientation générale se dessine quant au mode alimentaire pour lequel nous sommes faits, une adaptation au cas de chaque personne est nécessaire. C’est le rôle de la nutri-analyse entre autres.

Pour les légumes, la situation n’est guère plus brillante car tous les légumes pris indistinctement ne se valent pas.

D’abord, il y a ceux qui contiennent de l’amidon, comme la pomme de terre, lesquels, au cours de la digestion, se transforment en glucose et doivent être évités, quelque soit leur forme de cuisson, par ceux qui ont tendance à prendre du poids (encore une fois, cessons la phobie des lipides pour nous méfier plutôt des glucides).

Puis, il y a ceux qui sont riches en sucre pour les raisons évoquées ci-dessus. Ce qui complique tout, c’est que leur indice glycémique n’est pas le même selon qu’ils sont cuits ou crus. La betterave rouge cuite, par exemple, a un indice glycémique de 65, ce qui est plutôt élevé, alors que pour la même mais crue, il n’est que de 30, ce qui n’est pas très bas mais est tout de suite plus acceptable. Donc, à vérifier avant de consommer ces légumes.

Par contre, vous n’avez aucune raison de vous limiter si vous mangez des asperges, céleri, chicorée, choux de toutes sortes, persil, salade et, d’une manière générale, des légumes à feuilles.

De surcroît, le choux, entre autres, contenant davantage de calcium que le lait, vous pouvez tranquillement laisser tomber ce dernier (contrairement aux conseils officiels donnés sous la pression de l’industrie laitière) qu’on digère mal une fois adulte car on ne produit que peu ou pas d’enzyme lactase et les produits laitiers deviennent la source de nombreux problèmes de santé4. Une exception doit être faite pour les fromages qui sont des produits fermentés et contiennent très peu de lactase (les fromages Suisses n’en contiennent que des traces).

Quant à la tomate qu’on classe généralement dans les légumes mais qui en fait est un fruit, elle vient en tête pour traiter les troubles de la prostate5. Ceci est en grande partie grâce au lycopène qu’elle contient. Celui-ci étant liposoluble, que les tomates soient crues ou cuites, un corps gras facilitera son absorption.

Restent les légumes secs et les céréales. Aucun n’était consommé au Paléolithique6, ce qui les rend tous suspects, surtout lorsqu’ils sont ultra raffinés. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder la population des USA devenue à 60 % obèse ou en surpoids en quelques décennies. Le blé est même devenu certainement la plus mauvaise des céréales selon le Pr Loren Cordain 7. C’est aussi l’avis du Dr William Davis 8. Si on ne souhaite pas trop changer ses habitudes, il suffit de consommer du Petit Épeautre, ancêtre du blé ayant conservé son état d’origine d’il y a environ 10.000 ans. Il est cultivé en Haute Provence et a obtenu le label IGP (Indication Géographique Protégée)9. De plus, il contient très peu de gluten et peut être accommodé de multiples façons10. Pour finir de vous convaincre, voici le point de vue du Pr Henri Joyeux, chirurgien-cancérologue au Centre Régional de Lutte Contre le Cancer au CHU de Montpellier : “ Le Petit Épeautre de Haute Provence est une excellente céréale… ses qualités nutritionnelles sont incomparables, ce qui signifie qu’il est situé très haut dans l’échelle des céréales… Si l’on devait éliminer toutes les céréales pour des raisons allergiques, il y en a une que l’on pourrait garder, c’est le Petit Épeautre, parce que n’étant pas encore modifié génétiquement… Les personnes qui s’occupent de cette culture ont un produit exceptionnel… ”.

Une solution attirante, surtout l’été venu : manger cru le plus possible11.

Tout ceci finalement est assez simple bien qu’il faille chercher un peu pour obtenir des informations correctes et que le nombre des facteurs soit nombreux. Comme quoi, une fois de plus, les informations que nous avons reçues dans notre enfance sont devenues insuffisantes compte tenu de la transformation en profondeur du monde agroalimentaire dont la perversité actuelle est devenue patente. Conclusion : il faut vraiment apprendre à manger.

Que tout cela ne vous coupe pas l’appétit !

 

1 En êtes-vous certain ? Le Pr Carlo Liefert, de l’Université de Newcastle au Royaume Uni, a déclaré que manger des légumes bios équivalait à manger une portion supplémentaire de légumes par jour.

2 TAUBES (Gary), Fat : pourquoi on grossit, Vergèze, Thierry Souccar Éditions, 2012.

3 MASSON (Robert), Les nouveaux dogmes en nutrition, Paris, Guy Tredaniel, 2013.

4 SOUCCAR (Thierry), Lait, mensonges et propagande, Vergèze, Thierry Souccar Éditions, 2007.

5 PFEIFER (Dr Patrice,) Docteur, c’est la prostate ?, Monaco, Alpen, 2006.

6 CATTAN (Nancy), Maigrir avec le régime paléo, Monaco, Alpen, 2011.

7 CORDAIN (Pr Loren), The Paleo Diet, USA, John Wiley & Sons, 2002 & 2011.

8 DAVIS (Dr William), Pourquoi le blé nuit à votre santé, Montréal, Québec, Les Éditions de L’homme, 2012.

9 http://www.petitepeautre.com/

10 PAYANY (Estérelle ), Le petit épeautre, Sète, La Plage, 2011.

11 KENTON (Leslie et Susannah), L’énergie du cru, Saint Julien en Genevois, Jouvence, 1995.

 

 

Crédit photo : <a href=’http://fr.123rf.com/photo_20791337_fruits-and-vegetables.html’>marucyan / 123RF Banque d’images</a>