Dire non !

C’est vrai que parfois (et même souvent !) cela m’énerve de démasquer les roueries marketing de l’agroalimentaire et de la distribution visant à me faire acheter des produits qui font davantage que de ne pas correspondre à mes besoins, pour ne pas dire franchement qu’ils me sont totalement superflus, voire toxiques. Au point de me pousser à fixer de temps en temps (par réaction) des règles qui se veulent être absolues et qui sont tout à fait excessives. Car je constate, par ailleurs, les remarquables progrès accomplis dans les deux secteurs cités plus haut, n’hésitant pas à en profiter le cas échéant (le système qui me permet de faire ses courses sur son ordinateur en restant chez soi, par exemple, et en évitant de parcourir les allées d’un supermarché, me semble une réussite. Car, eh oui, j’achète un certain nombre de produits au supermarché !).

Je ne suis donc pas un partisan à tous crins du passé qui regrette le Paléolithique et rejette systématiquement ce qui est moderne. Bien au contraire ! Certes, la diligence était sans doute charmante mais honnêtement je trouve que le TGV est bien pratique. Comment voyagerons-nous demain ?

Seulement, voilà : je n’accepte pas tout progrès en bloc sans discernement et refuse obstinément qu’on me mente effrontément pour faire passer la pilule. Or, depuis que je suis né, on se livre avec moi  à ce petit jeu qui pourrait être amusant s’il n’avait de fâcheuses conséquences. En fait, il s’agit tout simplement d’un usage pervers du marketing : j’en reparlerai bientôt.

Dans le domaine de l’alimentation qui est celui qui nous préoccupe ici, cela va très loin puisque notre santé (notamment toutes ces maladies qu’on appelle pudiquement « de civilisation » et qu’on ne sait pas soigner) en dépend. Notre longévité aussi puisque si celle-ci n’avait cessé d’augmenter au cours des siècles derniers, elle menace actuellement en certaines circonstances de régresser. Á quoi donc les extraordinaires progrès médicaux et chirurgicaux peuvent-ils donc bien servir si dans le même temps on assassine à qui mieux mieux dans les hôpitaux eux-mêmes comme dans les cliniques sous prétexte de bonne gestion : celle-ci n’est en fait rien d’autre qu’un moyen dissimulé pour se remplir les poches et faire de fausses économies.

Car finalement, derrière tout cela, on rencontre toujours des affaires de gros sous, ce qui n’a pas échappé au célèbre économiste Américain John Kenneth Galbraith(et à bien d’autres). Et bien sûr, c’est de l’argent qu’on retire du porte-monnaie du plus grand nombre pour le donner aux riches (comme s’ils en avaient besoin !). Frais médicaux (bien réels venant aggraver un soi disant « trou de la sécu » parfaitement imaginaire, lui2), arrêts de travail, difficultés sans nom des agriculteurs qui tentent de faire de la qualité, chômage… Parfois, trop c’est trop !

Une des raisons d’être de cette Newsletter est d’ailleurs de révéler le dessous des cartes car, comme disait Voltaire : « Plus les hommes seront éclairés, et plus ils seront libres ». Il est donc urgent de chercher à s’informer davantage.

Cela étant, je dois dire que cette guerre permanente est usante et que, si je continue à prendre ces mensonges trop à cœur, c’est mon équilibre personnel qui risquera bientôt de sombrer.

Alors comment puis-je faire et comment mes lecteurs peuvent-ils m’imiter ?

D’abord en acceptant que cette problématique qui existe déjà depuis longtemps, au train où vont les choses, n’est pas près de s’arrêter. Ensuite que si on reconnaît la réalité (il faut bien payer le gaz à la fin du mois !) cela ne signifie pas pour autant qu’on capitule : il est toujours possible de s’opposer chaque fois qu’on peut. Cela semble même être la solution : ne pas être un mouton de Panurge comme nous l’a montré Rabelais. Stéphane Esselet Edwy Plenel4 (entre autres) nous ont également clairement ouvert la voie : à nous de l’emprunter. Et puis, nous détenons l’arme absolue dont nous n’avons peut-être pas toujours pleinement conscience : le pouvoir d’acheter ou pas. Et là, la décision nous appartient !

Á ce propos, laissez-moi vous conter une anecdote hautement significative : un jour lors de la réunion annuelle de Davos, un journaliste interviewait le patron d’une importante chaîne de supermarchés. « Alors, lui dit-il, il paraît que vous avez décidé de ne pas vendre de produits contenant des OGM ? ». « Parfaitement, lui répondit-il ». « Et peut-on vous demander pourquoi, dit le journaliste ? ». « Bien sûr, répondit le patron, nos clients n’en veulent pas ! ».

Cela est donc bien clair et les consommateurs en ont fait la démonstration de très nombreuses fois. Le but n’est pas simplement de s’informer mais d’agir. Ainsi, le meilleur service que vous puissiez rendre à vos amis, est de les faire s’abonner à cette lettre (qui, je le rappelle, est gratuite et ne dissimule aucun piège).

Quant à moi, je vais essayer de rester calme, de continuer à manger (avec délices !) mes légumes bios achetés chez un producteur de la région et, comme disait Voltaire (encore lui !) :  « J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé ».

Je vous en souhaite tout autant !

 

 

 

Jean-Michel DESMARAIS

Nutri-analyste®

 

 

 

1 - GALBRAITH (John Kenneth), L’art d’ignorer les pauvres, Paris, Les Liens qui Libèrent, 2011.

2 - DUVAL (Julien), Le mythe du « trou de la Sécu», Paris, Raisons d’Agir, 2008.

3 - ESSEL (Stephane), Indignez vous, Paris, Éditions Indigène, 2010.

4 - PLENEL (Edwy), Dire Non, Paris, Don Quichotte, 2014.

 

 

Credit photo : http://fr.123rf.com/profile_peshkova’