FAITES DES ÉCONOMIES

 SUPÉRIORITÉ ÉCRASANTE ET INDISCUTABLE DU BIO ET DU LOCAL

Je ne vais pas le répéter une fois de plus car tout le monde le sait (et si on ne le sait pas, c’est qu’on ne veut pas le savoir !), le bio est d’une qualité supérieure écrasante par rapport aux produits de l’agriculture chimique ou raisonnée. Le Pr Joyeux (entre autres) a effectué des tests comparatifs impartiaux voilà déjà quelques années : il n’est d’ailleurs pas le seul et il me semble inutile d’en rajouter une couche !

Quant au local, il suffit de comparer les coûts que représente le transport de produits en avion sur des milliers de kilomètres (à un moment où on s’achemine vers la fin du pétrole), plus le tri (qui engendre forcément une perte car la nature ne produit pas des fruits ou légumes d’un gabarit standard exigé par les supermarchés), l’emballage, la manutention, la distribution… et on se rend rapidement compte que les frais engendrés sont très largement inférieurs pour des produits qui poussent à 30 km de chez soi et qui ne sont pas distribués dans un centre commercial qui, par le simple fait d’exister, entraîne des frais bien supérieurs à un marché de quartier temporaire en plein air.

De plus, d’une part ces fruits ou légumes sont cueillis avant pleine maturité et sont à la fois des produits plutôt hors saison mal adaptés à l’organisme ainsi que des fruits ou des légumes qui n’ont aucun parfum et sont pleins d’eau.

Quant à la planète, dire que l’agriculture bio ne peut pas nourrir toute la population mondiale (à l’inverse de l’agriculture moderne fortement aidée par la chimie), c’est entièrement faux. L’étude de l’institut Rodale de Pennsylvanie (que tout le monde peut consulter librement sur Internet) prouve l’exact contraire, sans ambiguité aucune. Force est donc de considérer que ces accusations de non-rentabilité n’ont aucun fondement et sont répandues à seule fin de déconsidérer l’agriculture biologique. Nous devons donc prendre l’habitude de dire et de répéter l’exact contraire (pour essayer d’enrayer le matraquage fait par l’agroalimentaire), à savoir que la Terre peut nourrir sans problème tous ses habitants (et d’ailleurs, la notion de surpopulation doit être également entièrement revue).

 

Á LA SUITE

Dans la même ligne, les produits industriels accumulent des critiques sévères. Certes, on a réussi à faire pousser, en grande quantité, des végétaux moins chers. Cela semble vrai mais on ne peut comparer que ce qui est comparable. Or, on l’a vu au paragraphe précédent, sur le plan de la qualité, la supériorité du bio est incontestable. Donc, incomparable avec les beaux fruits et légumes bien calibrés et brillants qu’on peut voir dans le commerce traditionnel qui sont donc tout simplement bons pour être mis à la poubelle car ils sont vide de valeur nutritive. Pour finir de convaincre les irréductibles de l’agroalimentaire moderne, voici un exemple supplémentaire proprement stupéfiant : sachez qu’hier, quand nos grands-parents croquaient dans une pomme de variété ancienne, ils absorbaient 400 mg de vitamine C, indispensable à la fabrication et à la réparation de la peau et des os. Aujourd’hui, les supermarchés nous proposent des bacs de Golden standardisées, qui ne nous apportent que 4 mg de vitamine C chacune, soit 100 fois moins1. Il vous faudrait donc manger un plein cageot de pommes pour obtenir un effet comparable, ce qui est bien entendu impossible.

Les autres produits fabriqués par l’industrie, le sont généralement dans de bonnes conditions d’hygiène (quoi que, on a parfois des surprises en apprenant, par exemple, que des palettes de légumes stationnent pendant la totalité de la journée en plein soleil sur des parkings de supermarché, ce qui est tout-à-fait contraire à leur bonne conservation, ou que la chaîne du froid est plus souvent interrompue qu’on l’imagine !). Emballés (et même suremballés) dans des cartonnages attirants (souvent d’ailleurs disproportionnés à seule fin de faire croire à qu’ils contiennent une quantité de produit plus importante), ils ont tout pour séduire le client (y compris le fait que les plus chers sont disposés dans les rayons à hauteur de main des consommateurs pressés). Tout se complique quand on a la prétention de vouloir lire les étiquettes pour s’enquérir de la composition du contenu du paquet : le texte est minuscule, le nombre des composants est impressionnant et leurs noms sont incompréhensibles car exprimés en termes techniques.

Michael Pollan nous donne un bel exemple de ce qui se passe aux État Unis (et peut-être déjà en France : si ce n’est pas encore le cas, c’est pour bientôt) et son livre tout entier est à méditer de toute urgence2 (oui, il fait partie des livres de base à avoir lus).

 

UN GROS MENSONGE

Et même énorme devrais-je dire !

C’est vrai qu’apparement (mais apparement seulement comme nous allons le voir), notre civilisation permet à chacun de se nourrir au moindre coût. C’est d’ailleurs ce qu’on nous serine à longueur de temps (en oubliant d’ailleurs de préciser que cela rapporte à certains beaucoup d’argent ce qui reste le but principal). Mais, c’est comme au théâtre : on a construit le décor pour créer l’illusion mais ce n’est pas la réalité. Suivez-moi si vous le voulez bien de l’autre côté du rideau :

1 – nous avons vu plus haut que la qualité des produits n’est pas du tout comparable. Les éléments que vous ne trouverez pas dans le légume ou le fruit du supermarché (vitamines, enzymes, minéraux et autres micro-nutriments), vous êtes obligés de vous les procurer sous forme d’additifs alimentaires et de les payer fort chers à des laboratoires (qui bien entendu se réjouissent de l’aubaine). Et si vous ne prenez pas de compléments alimentaires, ce sont vos frais médicaux (et tous les désagréments qui vont avec) que vous verrez  terriblement augmenter : où est l’économie au bout du compte ?

2 – comment peut-on oser essayer de nous faire croire un seul instant qu’une pomme venant du Chili (par exemple) et cultivée à grands renforts d’arrosage, d’engrais, de pesticides et autres produits chimiques, peut coûter quelques centimes de moins qu’une pomme qui a poussé naturellement à côté de chez vous ? Et si c’était vous qui, finalement, deviez payer la différence ?

3 – nous mangeons trop de viande. Celle-ci, issue des élevages intensifs, outre qu’elle est trop grasse et de mauvaise qualité, est obtenue à bas prix à l’aide de traitement sadiques que, même les  nazis, n’avaient pas osé l’imaginer. Retenez que jusqu’au XIXème siècle, la population mondiale (sauf exceptions peu nombreuses comme celle des Inuits), était essentiellement végétarienne.

Même les œufs sont concernés car leur production en poulaillers industriels est une horreur ;

4 -  nous mangeons tous beaucoup trop, tout le monde le dit et le répète. Ce qui se traduit d’abord par un immense gaspillage (évalué à 30 % des aliments que nous produisons) et, ensuite, par une pandémie de surpoids qui inquiète tous les spécialistes de la planète. Ceci n’est cependant pas de notre faute, nous sommes tous (oui, tous) manipulés pour progresser dans ce sens. C’est ce que nous explique d’une manière très drôle le Pr Brian Wandsink3 (ça aussi, c’est un livre fondamental si on veut comprendre ce qui nous arrive).

 

GROS, LAID, MALADE ET PAUVRE

Je m’arrête là car c’est suffisant pour que vous compreniez que nous sommes au bord d’une  terrible catastrophe : un pas de plus et c’est la chute dans le précipice (je vous aurais prévenus mais, hélas, cela ne nous empêchera pas de tomber !)

Alors, vous faites comme vous voulez mais moi j’ai pris les mesures suivantes :

1 – n’acheter aucun produit industriel sous aucun prétexte et dans aucun magasin si sympathique que soit le sourire de la vendeuse ;

2 – manger en moindre en quantité. Oui, je sais, ce n’est pas simple mais avec l’aide de quelqu’un d’expérimenté, tout le monde peut y parvenir ;

3 – manger autrement. Albert Einstein disait : « La folie, c’est de se comporter de la même manière et d’attendre un résultat différent ». Alors, vous allez devoir changer. Mais, bonne nouvelle, au lieu d’aller de plus en plus mal, vous irez de mieux en mieux. Là aussi, l’aide d’une personne expérimentée peut vous faire gagner beaucoup de temps et économiser pas mal d’argent.

Rien qu’avec cela, j’ai réduit mon budget nourriture de 30 % et, en prime, je me porte beaucoup mieux (et, accessoirement, j’ai perdu 30 kg).

 

ALORS ?

Alors, c’est à vous de jouer car tout dépend de vous. Cessez de prétendre que McDonalds cherche à empoisonner le monde. Le jour où plus personne n’achètera de hamburgers ni de frittes, McDonalds se mettra à vendre des salades car le but de McDonalds n’est pas de vendre des hamburgers ni des frittes mais de gagner de l’argent.

Oui mais, me direz-vous, tout cela semble facile mais en vérité, c’est bien difficile. C’est la raison pour laquelle je vous propose deux jokers :

1 – faites-vous aider. N’attendez pas d’être malade et d’aller rendre visite au médecin : c’est bien une façon de vous faire aider mais elle arrive trop tard : agissez avant car, vous le savez bien : « mieux vaut prévenir que guérir »  ;

2 – lisez, regardez des vidéos, documentez-vous… Et ceci pour trois raisons essentielles.

La première est qu’il s’agit de votre vie, sujet qui semble assez important pour que vous lui consacriez un temps minimum.

La deuxième est que, à un moment où tout change très vite, les idées comme les produits, tout ce vous avez appris de votre grand-mère est irrémédiablement dépassé et comporte tous les risques de ne jamais revenir. De plus, des spécialistes travaillent dans le monde entier sur ce sujet de l’alimentation humains et on trouve souvent les résultats d’une étude scientifique intéressante.

La troisième est que c’est le meilleur moyen de maintenir votre motivation au plus haut. Car vous devez changer. Ce n’est pas que les idées nouvelles soient très difficiles à comprendre mais c’est que le plus dur est de se débarrasser des anciennes. Et là, vous aurez bien besoin d’encouragement.

 

Venez me voir régulièrement sur ce blog : je suis là pour ça !

1 – http://www.terraeco.net/Decouvrez-le-nouveau-Terra-eco-Le,59078.html

2 – POLLAN (Michael), Manifeste pour réhabiliter les vrais aliments, Vergèze, Thierry Souccar, 2013.

3 – WANDSINK (Pr. Brian), Conditionnés pour trop manger, Vergèze, Thierry Souccar, 2009.

Credit photo : <a href=’http://fr.123rf.com/profile_bicubic’>bicubic / 123RF Banque d’images</a>