Le mieux est l’ennemi du bien

Généralement, on dit plutôt le contraire mais, pour ce qui est de l’alimentation, c’est parce que, en général, on veut trop bien faire que cela nous empêche d’avancer. Je m’explique :

On sait tous ce qu’il faudrait faire pour bien manger, quels sont les produits à bannir de notre alimentation, ceux par contre à choisir, quelle attitude quel et quel comportement avoir vis à vis de la nourriture, comment nous devrions changer notre mode de vie… Il faudrait tout simplement un peu plus de ceci et un peu moins de cela… Parfois même, dans un bel élan, nous décidons de tout bouleverser et qu’à partir de demain… Mais, le lendemain, nous avons tout oublié et sommes incapables d’effectuer le moindre changement. Dans le meilleur des cas, si nous nous lançons dans une tentative aussi radicale, celle-ci ne dure pas longtemps et nous revenons vite aux errements du passé. Le seul résultat est de nous culpabiliser encore un peu plus et de nous pousser à reporter le premier pas aux calendes grecques.

Il ne me semble pas en effet que ce soit une bonne méthode et, avec l’expérience, je ne saurais conseiller d’essayer de la suivre. Nous avons tous des habitudes et une culture : en France, par exemple, on prend un café au petit déjeuner, on mange du pain pendant les repas, on sale ses aliments, on mange du fromage (il existe plus d’une sorte de fromages pour chaque jour de l’année) puis, après, nous prenons un dessert sucré… Et cela depuis dix, vingt, trente ans ou plus. Or, ce qu’on sait aujourd’hui sur le fonctionnement du cerveau, c’est que ces habitudes se traduisent par une organisation particulière de nos neurones. Changer une habitude revient, avant tout, à faire en sorte que cette organisation se transforme. Exemple : on prend un groupe d’individus, on leur bande les yeux et on les oblige à vivre ainsi, dans le noir. Au bout de quelques jours, on constate que les neurones de la zone visuelle se consacrent à d’autre sensations, olfactives, sonores ou tactiles par exemple. C’est pourquoi les aveugles, pardon les non-voyants, ont développé une facilité particulière pour d’autres sens. Croyez-vous pouvoir modifier instantanément vos neurones d’un coup de baguette magique à la suite d’une simple décision ?

Faudrait-il pour autant renoncer à tout changement et considérer que les velléités dans ce sens sont toutes vouées à avorter ?

Peut-être pas si on veut bien prendre un peu de recul, être davantage réaliste et, surtout, vouloir obtenir un résultat.

Pour cela, il convient de déterminer, pour chaque personne (car nous sommes tous différents), ce qui est accessible à chacun avec un faible effort. Par exemple : je peux ne mettre qu’un seul sucre dans mon café, ou bien remplacer le café du matin par du thé vert, ou encore manger un œuf sur le plat comme les Anglais ou bien encore ne boire qu’un seul verre de vin par repas au lieu de deux ou trois. Je peux aussi ne plus manger de pain, remplacer ces sodas industriels qui contiennent chacun l’équivalent de cinquante grammes de sucre par une boisson faite maison à base de plantes, manger dans des assiettes plus petites etc.

Chacun de ces petits changements deviendra une étape accessible, réalisable tout de suite et, surtout produira des résultats immédiats que nous pourrons constater très vite sur notre pèse-personne. Cela constituera en soi un encouragement à continuer et à faire davantage.

Ce changement étant acquis et entré dans les habitudes, nous pourrons passer au suivant : en fait, au lieu d’attendre « le grand soir », nous pourrons mettre tout de suite la révolution en marche.

Ainsi, de petites étapes en petites étapes, nous parviendrons à modifier notre alimentation en profondeur et durablement. Au bout de quelques années, si nous repensons au passé (et prendre des notes sur ce que nous faisons aujourd’hui nous permettra de mieux nous en souvenir), nous serons très surpris de constater quelle est notre pratique actuelle : nous aurons l’impression d’avoir rien fait, et pourtant nous aurons retrouvé la ligne et le poids de nos vingt ans. Quant à nos visites chez le médecin, elles ne seront bientôt plus qu’un souvenir !

N’oubliez pas : il faut agir pour réussir !