PRENEZ LE TEMPS DE SAVOURER !

 LE SIÈCLE DE LA VITESSE

Si on a souvent appelé le vingtième siècle celui de la vitesse, il serait bon qu’on fasse un effort pour nommer le vingt et unième celui de la lenteur et du retour aux sources. Pas la lenteur subie ni imposée mais le ralentissement choisi. En effet, à force de vouloir aller vite, on finit par passer complètement à côté des plaisirs de l’existence sans même les voir. 

 Cela me rappelle l’anecdote suivante qui s’appuie sur une expérience de ma jeunesse qui m’a marquée : une après-midi, pendant les vacances, nous décidâmes d’aller faire une grande promenade dans la montagne environnante. Nous partîmes en marchant d’un bon pas et doublâmes, plein d’enthousiasme et de condescendance, un vieux monsieur qui marchait tout tranquillement en se servant de sa canne. Au bout d’une heure, nous nous arrêtâmes pour souffler un peu et refaire nos forces. Tandis que nous étions assis sur la mousse, essoufflée en train de nous désaltérer, nous vîmes arriver, toujours très tranquillement, le vieux monsieur qui nous salua en souriant et poursuivit son chemin. DE L’INTÉRÊT DE PRENDRE SON TEMPS

La leçon porta et je me répétai en maintes occasions : « à quoi bon aller si vite ? » car, en ce qui concerne notre façon de manger, est extrêmement préjudiciable. En voici les raisons principales :

1 – Ne pas prendre le temps est déjà une façon d’exprimer son mépris envers le fait de se nourrir qui est pourtant la troisième chose la plus importante dans la vie après respirer et boire. cesser de manger (à ne pas confondre avec un jeûne qui représente parfois la meilleure thérapie) revient tout simplement à se suicider ;

2 – manger trop vite revient bien souvent à avaler n’importe quoi et, notamment, des produits industriels contenant des tonnes de sucre et de céréales. Vous voulez perdre du poids ? Il vous suffit de prendre le temps de manger ;

3 – les signaux de satiété prennent 20 minutes pour parvenir au cerveau. Ne pas s’accorder ce minimum de temps, cela revient à ne pas sentir quand vous parvenez à satiété, donc à manger trop ;

4 – les dents sont faites pour broyer les aliments et préparer une bonne digestion. Rappelons-le même si cela est une évidence : l’estomac n’a pas de dents ! Si ce travail de réduction des aliments n’est pas fait dans la bouche, les aliment arriveront entiers dans l’estomac. Je rappelle que des personnes ont réussi à maigrir sans rien changer à leur alimentation  mais en prenant simplement le temps de mastiquer ;

5 – autre bénéfice de la mastication et corollaire de ce qui précède : enrober les aliments de salive. Celle-ci est le premier suc digestif et prépare l’action du suc gastrique. Voilà des liquides qui ont une action complémentaire et bien utiliser le premier permet de maximiser l’action du second ;

6 – prendre le temps, c’est aussi se donner la possibilité de goûter et, très vite, d’écarter les produits de mauvaise qualité qu’on découvre immédiatement. Par la même occasion, on profite des aliments qu’on ingère et on se fait plaisir ! 

 

ÉLOGE DE LA LENTEUR

Vous l’avez compris, il vaut mieux prendre son temps !

Cela n’a d’ailleurs pas échappé aux promoteurs du mouvement « slow food » créé en réaction au développement galopant au développement des fast food1 aux effets délétères. Dans les restaurants slow food on fait exactement la même chose que dans les fast food mais tout le contraire : on déguste lentement des plats préparés « maison » par un amoureux de la gastronomie, les aliments ne sont pas industriels mais, la plupart du temps, bio et, en tous cas, de qualité, le décor est chaleureux, on peut converser abc le patron ou les serveurs… Bref, on passe un bon moment et c’est tout bon pour la santé !

 Alors, il n’y a pas le feu au lac !

 

 

 

 

1 - http://fr.wikipedia.org/wiki/Slow_Food

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