QUATRE CHOSES IMPORTANTES

ON REPREND TOUT DEPUIS LE DÉBUT

Un bébé qui vient au monde (nous par exemple puisque nous sommes tous nés du ventre d’une femme) va commencer à faire quatre choses primordiales et même vitales.

D’abord, aspirer sa première bouffée d’air. C’est même cela qui lui permet de quitter la vie aquatique intra-utérine et de prendre pied dans notre vie aérienne. Ce souffle se répètera jusqu’au dernier et montrera que nous sommes vivants.

La deuxième chose que fait un bébé, est de ramper sur le ventre de sa mère jusqu’à atteindre son sein et à s’alimenter (colostrum d’abord assurant l’immunité du nourrisson, puis lait).

La troisième chose est de faire ses besoins, c’est-à-dire de se débarrasser des déchets encombrants et inutiles.

Et la quatrième est de s’endormir paisiblement.

Ensuite, et durant toute notre vie, et quelques soient les hautes fonctions sociales ou économiques que nous occupions, nous continuerons à accomplir ces quatre actions fondamentales car, comme disait Montaigne, « Si haut que l’on soit placé, on n’est jamais assis que sur son cul ».

RESPIRER, BOUGER, DORMIR…

Respirer est donc notre première nécessité et cela est même tellement important, que c’est la base de nombreuses approches orientales, dont le yoga.

Bon nombre de nos semblables s’y sont convertis et le pratiquent régulièrement. La plupart des autres sont conscients de cette nécessité de respirer le mieux (et le plus profondément) possible et s’offrent, chaque fois qu’ils le peuvent, une grande promenade dans la nature, ce qui présente un nombre considérable d’avantages.

Celui, entre autres, de combiner la respiration à une des fonctions pour lesquelles notre organisme est fait, je veux parler de bouger. Nous ne sommes pas conçus en effet pour rester immobiles, scotchés devant un écran. L’informatique et la télévision sont sans doute bien agréables et très pratiques, à la condition d’être utilisées avec mesure et de savoir entrecouper leur usage d’un certain nombre de mouvements. Notre santé d’ailleurs en dépend et s’il est un point sur lequel tout le monde est bien d’accord, c’est sur la nécessité de pratiquer tous les jours quelques exercices. On s’accorde d’ailleurs à dire qu’une demi-heure suffit, que ce soit de la simple marche à pies, de la bicyclette, de la natation, du jardinage ou même du ménage. Ceci ne représentant que des exemples parmi les mille et une choses que vous aimerez pratiquer.

Ce qui a des répercussions directes sur le sommeil. Mieux oxygénés, plus calmes, nous dormirons également mieux. Or rien n’est meilleur que de se réveiller bien reposé et plein d’enthousiasme devant une journée qui commence, après une bonne nuit d’un sommeil paisible.

Autrement dit, on a fait d’une pierre deux coups !

S’ALIMENTER, ALLER AUX TOILETES, DORMIR…

Bien sûr, il arrive que nous ayons faim. Soif également (Entre parenthèse, on oublie souvent la soif. Or, si l’on peut rester aisément quarante jours – et plus – sans manger, il est impossible de survivre plus de trois jours sans boire. J’ai déjà parlé de cette nécessité et j’y reviendrai. Fermons la parenthèse). Donc, nous devons manger mais notre mode d’alimentation a sans doute davantage changé au cours des cinquante dernières années que depuis le Paléolithique. Or, comme l’a dit le Dr Boyd Eaton (cité par Thierry Souccar1) :

  • La fréquence des mutations spontanées de l’ADN du noyau cellulaire est de l’ordre de 0,5 % par million d’années. Nos gènes sont donc très proches de nos ancêtres du Paléolithique, il y a 40.000 ans. »

Retenez bien ceci car c’est fondamental et davantage que vous ne le croyez.

La conclusion, du coup, est parfaitement claire : tout ce que nous ont appris nos mères, tout ce que nous avons lu dans des livres, tout ce qu’on nous a raconté dans les écoles (toujours particulièrement en retard sur l’actualité), est aujourd’hui complètement dépassé et nous devons entièrement réapprendre à manger (et à boire).

Ceci n’est pas une plaisanterie. Songez au nombre impressionnant de produits industriels qui apparaissent tous les ans sur les rayons des supermarchés et n’oubliez pas non plus la vitesse avec laquelle disparaissent ce que Michael Pollanappelle « les vrais aliments ». Pensez que 60 % des citoyens des USA sont déjà en surpoids et que l’obésité est une sorte de pandémie qui gagne le monde entier et inquiète particulièrement les spécialistes. Au point que, selon moi, le plus grand danger auquel est exposée l’Amérique actuellement n’est pas la guerre des étoiles mais la malnutrition. D’autant que ce qu’on nomme pudiquement « maladies de civilisation » (pour faire semblant de ne pas voir quelle est leur origine) qui déciment une partie de plus en plus grande de la population mondiale des pays dits « modernes », provient directement (et indiscutablement) des produits industriels. Nous avons en effet réussi à fabriquer en abondance des produits à faible coût (ce qui est un succès) mais nous avons oublié d’estimer les dégâts indirects qu’ils produisaient (ce qui est un échec).

Toujours est-il que ce qu’on mange (et ce qu’on boit) produit des déchets qui font que nous allons (plus ou moins bien) aux toilettes. Les troubles intestinaux étant en grande augmentation ainsi que les cancers du colon. Or, on peut difficilement isoler ces troubles de la nourriture que nous absorbons.

Comment, dans ces conditions peu-on avoir un sommeil paisible et réparateur ?

POUR ME RÉSUMER

Les clés de la forme sont donc :

1 – de bien respirer (ce qui suppose d’effectuer un minimum d’exercices physiques) ;

2 – de manger (et de boire) correctement.

Les conséquences naturelles sont :

1 – d’aller aux toilettes sans difficulté chaque fois que le besoin s’en fait sentir ;

2 – de dormir profondément d’un sommeil réparateur.

Ainsi, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles aurait dit Candide et vous pourriez entreprendre ce que vous voulez avec le maximum de chances de réussite et en évitant du même coup les complications psychologiques.

Vue comme ça, la vie ne serait-elle pas simple ?

OUI MAIS…

Tout pourrait effectivement être facile si seulement des soi-disant scientifiques (ou quitte croient tels) ne venaient pas  nous compliquer la vie en embrouillant les cartes.

Je m’explique : les buts de la science sont tout-à-fait louables et ont permis dans nombre de cas d’effectuer beaucoup de progrès. Le fait de prendre des précautions quant à l’objectivité et l’impartialité des expérimentateurs, de reproductibilité des expériences, d’impartialité de ces expériences menées en double insu, de taille significative de l’échantillon,  plus un grand nombre de précautions, représentent des progrès réels. Mais ce dont ne se vantent pas certains partisans à tout crin de la méthode scientifique, c’est qu’on doit aussi à la science un nombre incalculable d’erreurs annoncées pourtant à grand son de trompe comme étant des vérité définitives.

Le nutritionnisme en est certainement une.

Certes, nous désirons tous savoir ce que contient par exemple une simple carotte. Mais le défaut de la cuirasse est qu’il ne suffit pas d’assembler des fibres, du carotène (lequel ?), un colorant (jaune ou rouge ?), du fructose (naturel et non pas du sirop extrait du maïs), quelques vitamines, enzymes et minéraux, pour reconstituer une carotte car de multiples micronutriments qu’elle contient en toutes petites quantités, d’une part échappent à l’analyse et, d’autre part inter-agissent on ne sait pas très bien comment. D’où une première conclusion qu’il est par conséquent impossible de reconstituer une carotte et que le tout est supérieur à la somme des parties.

Mais ce n’est pas tout et vous allez voir que cela se complique (oui, cela se complique et la science aussi pointue soit elle est, aujourd’hui, incapable d’aller plus loin).

Il faut savoir en effet que quand on mange cette carotte (en quelle saison), il est important de savoir si elle est crue ou cuite (quelle cuisson ?), avec quels autres produits (interaction) et dans quel contexte (culture), etc. Comme vous le voyez, il existe tellement de critères qu’il est impossible de les cerner tous.

Á LA RECHERCHE DU PRODUIT MIRACLE

De là provient une énorme erreur exploitée par les commerciaux de tout bord, les bios comme ceux de l’agroalimentaire industriel : la recherche éperdue du produit qui va résoudre tous les problèmes d’un seul coup de baguette magique. J’en cite, en vrac, quelques uns en feuilletant une revue bio : les graines germées, le lait de chèvre, les jus de fruit frais ou de légumes, le poisson (ou ce qu’il en reste), la cuisson à la vapeur douce (ou à basse température), les flocons d’avoine, les tisanes, les produits sans gluten, le cucurma, le gingembre, les antioxydants, le pain d’abeilles, le vinaigre de cidre, l’extrait de pépin de pamplemousses, le nigari, la silice, l’huile de noix de coco, la sève de bouleau, les enzymes, l’aloé véra, le bourgeon de cassis, le charbon végétal, la spiruline et(ainsi que les autres algues), les insectes, la vitamine D… ainsi que mille autre choses qui échappent à ma mémoire du moment.

Quant aux techniques, nous avons (toujours dans le désordre) : le jeûne, la médecine traditionnelle chinoise, l’ayurvéda, l’iridologie, l’homéopathie, l’acupuncture, l’ostéopathie, les huiles essentielles, la naturopathie et, là aussi, de multiples approches, toutes intéressantes.

OÙ EST LA RÉALITÉ PARMI CES ILLUSIONS ?

Il convient malheureusement de se rendre à l’évidence : aucun produit ni aucune technique, d’une part ne peut tout faire à lui tout seul et, d’autre part ne peut convenir à tout le monde, qui p^lus est, n’importe quand.

Autrement dit, il est nécessaire de considérer dans chaque personne, de quoi elle souffre à un moment donné de son existence et rien d’autre. Telle technique qui convient parfaitement pour résoudre tel problème, ne convient pas pour un autre. Il en est de même des produits qui peuvent en outre se combiner et produire des résultats très différents.

La conclusion est que rechercher une même solution pour tout le monde est une utopie et ne sera jamais atteinte.

Par contre, acceptant ce fait, il devient possible de sortir des solutions miracles qu’on essaye de nous vendre à tout prix et qui entraînent toujours des désillusions, pour trouver des solutions relatives qu’on peut adapter à l’évolution de la personne et qui ne seront jamais les mêmes deux fois de suite puisqu’elle s’inscriront dans un progrès.

S’INFORMER

Tout ceci implique une contrainte qu’on croyait envolée mais qui, au contraire, revient en force au galop : s’informer. Puisqu’il faut tout réapprendre en fonction de l’évolution des produits et des modes d’approvisionnement. Heureusement, nous avons de la chance car les moyens modernes de traitement de l’information sont nombreux et très perfectionnés. Très facile d’accès  également : en restant chez soi, avec un simple ordinateur et le courrier, on est pratiquement en relations avec le monde entier.

Livres, newsletters, revues (gratuites qui plus est), vidéos, blogs, mails… : jamais s’informer n’a été aussi facile. Cela prend un certain temps il est vrai mais, d’une part on perd bien plus de temps encore à ne pas savoir et à commettre des erreurs graves, d’autre part c’est de votre vie dont il s’agit,sujet passionnant entre autres ! Et plus, si vous ne trouvez vraiment pas un créneau pour vous informer, faites-vous aider : il existe des personnes qui s’arrangent pour rester au courant de tout ce qui se passe.

MAL MANGER COÛTE CHER

C’est à ce moment-là en général qu’on brandit le super-argument pour résister à tout changement : oui mais ça coûte cher !

Ceci est entièrement faux ! Je m’explique :

Quand on fait un calcul  économique, il est juste de compter à la fois les frais directs ainsi que les frais indirects.

Bon, d’accord : vous aurez payé le kilo de fruits ou de légumes quelques dizaines de centimes de moins au super marché et vous aurez l’impression d’avoir fait des économies. Mais regardons cela de plus près.

Vous aurez en échange obtenu des fruits ou légumes qui auront parcouru des milliers de kilomètres, passé du temps dans des entrepôts, auront été cueillis avant maturité, seront hors saison (les tomates dures et pleines d’eau en provenance du sud de l’Espagne au mois de février : pouah !) et ne contiendront plus aucun des micronutriments utiles à votre santé (même dans ceux étiquetés « bios » où ils seront diminués de façon considérable). Il est en effet de notoriété publique, aujourd’hui, que les fruits et légumes biologiques renferment, par exemple, des anti-oxydants en plus forte quantité (40 % dit-on). Le Professeur Carlo Liefert, de l’Université de Newcastle au Royaume Uni, a même déclaré que manger des légumes bios équivalait à consommer une portion supplémentaire de légumes par jour. De plus, il faut faire la différence entre des produits vivants et des produits morts3. Quant au goût, n’en parlons même pas : c’est le jour et la nuit. Pourquoi tous les grands chefs de cuisine auraient-il pratiquement adopté des produits bios ? Ça aussi c’est terriblement bizarre !

Donc, vous risquez de dépenser en compléments alimentaires cent fois plus que ce que vous auriez payé à l’achat en vous fournissant dans es AMAP sur les petits marchés de quartier, dansles boutiques des producteurs, le plaisir en moins.

Le deuxième point est qu’on ne consomme pas la même chose. D’abord, les quantités sont inférieures (l’industrie agroalimentaire nous pousse à manger trop4) et ensuite on mange moins de produits industriels (qui ont l’air bon marché mais qui, en fait, sont très chers car on paye l’emballage, la marque, la distribution… Faites le calcul !). On mange aussi moins de viande et on ne s’en porte que mieux. J’ai ainsi réduit mon budget nourriture de 30 %. Mais si vous voulez aller plus loin, c’est possible : les graines germées sont ainsi d’un coût dérisoire (et excellentes pour la santé) !

Passons maintenant aux coûts indirects : voyez combien vous coûte une consultation médicale (ainsi que le temps perdu dans les salles d’attente dsmédecins qui ont tous pour règle de faire attendre les patients), les médicaments (ils sont remboursés par l’Assurance Maladie certes mais pas complètement), les arrêts de travail… Et je vous fait grâce des frais d’hôpital car là, on atteint des sommets (et en plus, on mange mal !).

Sans compter toutes les occasions de gagner de l’argent ou de vous faire plaisir à côté desquelles vous passez.

En conclusion, tout bien compris, manger correctement fait faire, contrairement à ce qu’on raconte, des économies.

Finalement, n’accusez personne car c’est à vous de voir si cela vaut la peine de se consacrer à l’essentiel, à savoir soi-même !

 

1 – SOUCCAR (Thierry), Le régime préhistorique, Montpellier, Indigène, 2007.

2 – POLLAN (Michael), Manifeste pour réhabiliter les vrais aliments, Vergèze, Thierry Souccar, 2013.

3 – DESMARAIS (Jean-Michel), Maigrir sans faire de régime, Monaco, Romart, 2011.

4 – WANDSINK (Pr. Brian), Conditionnés pour trop manger, Vergèze, Thierry Souccar, 2009.

Credit photo : <a href=’http://fr.123rf.com/profile_bicubic’>bicubic / 123RF Banque d’images</a>