Regarder au bon endroit

Pour montrer à quel point l’homme est parfois incohérent, on raconte l’histoire suivante : un Monsieur cherche ses clefs de voiture sous un lampadaire dans un parking. Comme il ne les trouve pas, un passant qui l’observait depuis un moment finit par lui demander : « Êtes-vous au moins certain de les avoir perdues là ? ». « Non, répond celui-ci, mais il n’y a que là qu’il y a de la lumière ! ».

Cela pour dire que si maigrir est facile (ou presque), on ne regarde pas toujours au bon endroit.

Ayons d’abord une pensée pour les personnes qui ont pris du poids pour des raisons économiques parce que à partir du 10 du mois elles n’ont pas assez d’argent pour s’acheter autre choses à manger que du pain, des pommes de terre et des pâtes qui sont autant de sources importantes de glucose lequel n’est pas réputé nous faire maigrir (ce qui explique que dans certains pays pauvres, on peut à la fois souffrir de malnutrition et d’obésité).

Pour les autres, vous ne me croyez pas ? Alors voici quelques exemples :

Une amie me dit : « Très bien ton truc pour maigrir : il vaut mieux en effet ne pas manger de pommes de terre et tu as certainement raison. Mais quand j’étais enfant, notre famille n’était pas très riche et les pommes de terre étaient une des bases de notre alimentation : nous les consommions à toutes les sauces. J’ai fini par les aimer au point de ne plus pouvoir m’en passer aujourd’hui ». Que dois-je lui dire ? Nous sommes là devant un problème affectif enraciné dans la petite enfance qui n’entend rien aux raisonnement cartésien.

Autre cas : « Je ne parviens pas à me passer de mes deux tranches de pain tous les matins : que dois-je faire ? » m’écrit cette dame. Voilà quarante ans qu’elle mange avec plaisir en se réveillant ses deux tranches de pain et que, grâce à ce bon petit déjeuner elle commence sa journée pleine d’entrain : imaginez un instant le nombre de souvenirs que ces deux tranches de pain symbolisent et vous comprendrez immédiatement qu’une attitude rationnelle de ma part est hors de propos.

Je continue ? Une autre dame me dit : « Quand j’étais petite, j’étais mince. Puis quand mes parents ont divorcé, j’ai grossi. Ensuite, quand j’ai rencontré mon mari, j’ai maigri. Nous avons fini, hélas, par divorcer et j’ai grossi de nouveau. J’ai alors rencontré mon nouveau compagnon et j’ai maigri. Nous venons de nous séparer et j’ai grossi de nouveau. Du coup, j’ai décidé d’entreprendre une psychothérapie : qu’est-ce que vous en pensez ? » Vous réagiriez comment à ma place ?

Je pourrais multiplier les exemples à l’infini. En réalité, il existe bel et bien des réponses à toutes ces questions à condition toutefois au moins de les poser clairement (rassurez-vous, il y a toujours des solutions). Voici  en tous cas quelques cas qui m’ont poussé à mettre au point la nutri-analyse car au confluent de la biologie et de la psychanalyse (mais aussi de l’économique, du culturel, du social…), il y a la place pour une autre approche dans laquelle on ne prendrait pas les personnes qui cherchent une meilleure alimentation pour des imbéciles et où on cesserait de leur raconter des sornettes comme le font actuellement les champions du marketing qu’ils soient médecins ou pas (mais dans le premier cas, ils aggravent leur cas).

La conclusion pour nous de tout cela est que quand on n’arrive pas (ou plus) à perdre du poids, il faut regarder ailleurs et se poser d’autres questions car il n’y a pas que ce qu’on met dans sa bouche qui nous fait grossir (ou nous empêche de maigrir).

Ce qui en fait est vrai, c’est que nous pouvons tous être sveltes et en bonne santé : il suffit pour cela de regarder au bon endroit.

Je vous invite à tourner la tête de temps en temps.

Cordialement.