Restaurants industriels

Vous venez de faire une grande promenade en forêt avec des amis et, au retour, d’une part votre appétit est aiguisé, d’autre part vous passez devant le restaurant « Le relai des mousquetaires » qui a vraiment fière allure. Alors, vous décidez de vous y arrêter pour déjeuner en toute convivialité.

C’est la patronne elle-même qui vous accueille et vous conduit à une table élégante dans un cadre agréable. Sans plus attendre, le patron à sa suite vient prendre votre commande. La carte, bien fournie, est alléchante. Votre ami se décide pour un bœuf bourguignon (son péché pignon !), ces dames choisissent une paella et vous succombez à un cassoulet car cela fait longtemps que vous n’en avez pas mangé. Un quart d’heure plus tard, vos assiettes arrivent sur la table. « Tiens, le temps d’attente est court et le service est impeccable ! vous dite-vous ». Question : « Que s’est-il passé depuis votre commande ? ».

C’est simple mais quelque peu surprenant.

Le patron est retourné à la cuisine où il a confié sa commande à un marmiton (je n’ose pas dire à un cuisinier !), lequel est allé dans la chambre froide chercher quelques sachets de produits surgelés qu’il a ouvert puis réchauffé leur contenu au four micro-onde. Á la suite de quoi, il a rajouté un brin de persil sur le bœuf bourguignon, trois olives sur les paellas et un peu de thym sur le cassoulet (pour avoir le droit de dire que les plats étaient réalisés maison) et ils les a confiés au serveur. Entendons-nous bien, ce n’est pas que ces plats aient été surgelés qui soit critiquable (la surgélation est un mode de conservation parfaitement neutre découvert par nos ancêtres à l’ère glaciaire et remis au goût du jour grâce à l’électricité) mais parce qu’en réalité ils proviennent de cuisines industrielles et ont, tout simplement, été achetés en supermarchés spécialisés (donc non confectionnés sur place comme on le laissait entendre). Il y a donc une large duperie car, généralement, on ne va pas au restaurant pour manger de la cuisine industrielle !

Le restaurateur se défend en disant que, sans cette façon de procéder, il ne pourrait pas offrir une carte aussi vaste aux clients ni employer du personnel de cuisine dix heures par jour.

Les produits industriels préparés à l’avance en usine sont peut-être bien pratiques mais ce qu’on oublie de vous dire c’est qu’avec une autre organisation on pourrait proposer dans le restaurant même une cuisine authentiquement confectionnée sur place, en embauchant par dessus le marché, du personnel supplémentaire  (certains le font) et pour pas plus cher car, en plus, ce genre de restaurant n’est pas spécialement économique. Et puis, surtout, il y a le fait inacceptable qu’on ment à la clientèle qui ne va pas au restaurant pour retrouver la cuisine qu’elle trouve dans son supermarché.

Il semble donc important d’apprendre à reconnaître ce genre d’établissement. Ce qu’il faut savoir c’est que, sauf exceptions, un restaurant ne peut proposer à son menu qu’un plat du jour ainsi que trois ou quatre autre plats : davantage, c’est suspect ! Donc, quand vous voyez une carte abondante, méfiez-vous !

Quant à moi, je continuerai à aller déjeuner chez Suzie pour manger les légumes de son jardin et la viande des producteurs de la région. Quant à la cuisine, c’est François qui la fait : il est cuisinier et c’est toujours bon !

Bon app. !

 

 

 

 

Credit photo : <a href=’http://fr.123rf.com/profile_hasloo’>hasloo / 123RF Banque d’images</a>