TOUS LES MÊMES !

JE CROYAIS POURTANT…
avoir tout entendu en matière de bêtises mais je dois dire que celle qui est parvenue à mes oreilles cette semaine m’a laissé pantois. Voici ce que des personnes dignes de foi m’ont rapporté : c’est l’histoire d’un homme d’une quarantaine d’années qui était trop gros, ce qui, compte tenu de l’épidémie d’obésité que nous déplorons aujourd’hui dans le monde, est assez banal. Chez lui quand même, cela commençait à faire beaucoup car il était parvenu à peser 129 kg. Son médecin, auquel il avait demandé conseil, ne trouva rien de mieux que de lui prescrire de se faire rétrécir l’estomac afin d’être incité à moins manger (ce qui supposait, bien évidemment, une opération chirurgicale). Ce à quoi, en désespoir de cause, il se résolut mais ce qui lui provoqua les plus vives douleurs.UN COUP D’ÉPÉE DANS L’EAUQuand on apprend qu’une telle mutilation a pu avoir lieu sur avais médical et a été pratiquée par des médecins, on est évidemment suffoqué car on voit immédiatement que, d’une part c’est un aveu d’impuissance et, d’autre part  cela ne sert strictement à rien et ceci pour deux raisons.

La première est que, ce faisant, on ne s’est nullement attaqué aux causes du problème qu’on ne connaît toujours pas et auxquelles on n’a en aucun cas remédié. Hippocrate doit se retourner dans sa tombe ! Toujours est-il que d’après le principe moult fois éprouvé selon lequel les mêmes causes produisent les mêmes effets, ce brave homme va, tôt ou tard, recommencer à manger trop.

La deuxième est que l’estomac a pour habitude de se dilater (ou de se rétracter) en fonction de la quantité de nourriture ingérée. Il y a donc fort à parier que dans dix ans on se retrouvera in statu quo ante. Autrement dit : retour à la case départ en ayant tout perdu.

CINQ ANS DE PRISON

Une telle imbécillité qui, par dessus le marché sera, soyons en sûrs, justifiée par des arguties scientifiques, prouve simplement que ses auteurs sont nuls et archi nuls aussi bien en nutrition qu’en psychanalyse. J’ai constaté ce fait un trop grand nombre de fois pour en être vraiment étonné mais cette fois-ci, cela dépasse les bornes ! Á mon avis, la sanction immédiate devrait être d’interdire aux médecins responsables, d’exercer la médecine définitivement et de les condamner, en plus, à une peine de prison d’une durée minimum de cinq ans, temps de réflexion minimum nécessaire pour que les intéressés prennent conscience de l’étendue de leur bêtise.

CONDAMNATION D’UNE PROFESSION ?

Certainement pas mais cela nous rappelle simplement une réalité que nous ne voulons pas voir.

Un jour, un de mes élèves à l’École Polytechnique, me confia en a parte :  « Vous savez, il y a la même proportion d’imbéciles à la sortie de l’École Polytechnique qu’à la sortie de l’école maternelle ! ». Il utilisa en fait un mot plus grossier mais l’idée restait la même.

J’étais jeune et je trouvais cette remarque un peu sévère mais je me mis à observer le monde dans lequel je vivais d’un œil différent et cette observation m’apparut profondément juste. Maintenant, je suis tout à fait persuadé qu’elle correspond exactement à la réalité et s’applique à toutes les populations du monde entier et ceci quel que soit le corps de métier des intéressés. Il existe, hélas, des plombiers qui inondent votre salle de bain, des dentistes qui s’y prennent à trois fois pour réaliser une obturation et échouent en fin de compte à réaliser une tâche correcte, des mécaniciens auto qui oublient de vous remettre du liquide de freins dans le réservoir adéquat, des notaires qui ne se souviennent plus soudainement du B.A. BA des procédures juridiques et même des présidents d’un pays qui prennent des décisions qui font souffrir les citoyens au lieu d’améliorer leur sort. Il ne faut pas confondre en effet la mémoire, qui permet de stocker de grandes quantités d’informations et de passer avec succès des examens (et vous ouvre du même coup les portes de la Faculté de médecine ou de l’ENA), avec l’intelligence, ni une capacité particulière à faire décoller et atterrir un avion de ligne de plus de cent tonnes, avec la possibilité de comprendre ce que vous dit votre concierge.

On peut donc répartir n’importe quelle population selon la courbe de Gauss bien connue : 20 % qui vont du très mauvais à l’indécrottable, 60 % qui s’étalent de l’acceptable au bon et 20 % qui vont du très bon au génial. En cela, les médecins ne sont pas épargnés. Le tout est de fuir les 20 % du bas de la courbe, de slalomer pour ne pas avoir affaire aux 60 % du-dessus et de ne traiter qu’avec les 20 % de la catégorie supérieurs. Cela semble difficile mais, une fois qu’on sait que c’est comme ça et qu’on l’a admis une bonne fois pour toutes, cela devient plus aisé !

Cela implique (entre autres !) que qu’être médecin consiste à exercer une profession comme une autre et que le vieil argument : « Moi, Monsieur, j’ai fait sept ans d’études » est usé jusqu’à la corde. En effet aujourd’hui, dans de très nombreux cas, il faut bien davantage de temps. Quant au triste Ordre des médecins, il est tout simplement, comme tous les Ordres, une insulte à la démocratie car institué par le sinistre gouvernement de Vichy.

N’ACCEPTEZ JAMAIS

En conclusion, en ce qui concerne la nutrition, selon moi (et bien d’autres !) aucune intervention chirurgicale ne se justifiera jamais. Quant aux médicaments si, pour quelque raison que ce soit, on vous prescrivait un produit quelconque, renseignez-vous et réfléchissez à deux fois avant de l’ingurgiter.

Que cela ne vous gâche pas votre journée !

 

 

Credit photo : <a href=’http://fr.123rf.com/profile_Violin’>Violin / 123RF Banque d’images</a>