Eau (suite)

Et ça continue !

Je croyais avoir tout dit à propos de l’eau mais je reconnais que j’étais bien naïf ! Pourtant, je devrais le savoir : la perversité n’a pas de limites !

Certes, je vous ai déjà donné les normes officielles appliquées à l’eau du robinet :

  • nitrates : ≤ 50 mg/l ;
  • pesticides : ≤ 0,1 µg/l pour chaque pesticide et 0,5µg/l pour l’ensemble.

Il existe évidemment des dérogations qui peuvent durer neuf mois pendant lesquels on peut être amené à boire, devinez quoi ?

Pour les eaux en bouteilles, la norme pour les nitrates, curieusement, est ≤ 30 mg/l.

Le chlore, lui, ne présente aucun risque nous dit-on. Quant au calcaire, il n’encrasse que les canalisations et les chauffe-eau électriques. Le plomb, lui, vient de certains tuyaux trop anciens dans certains immeubles : donc, c’est de votre faute ! L’aluminium utilisé dans les stations de traitement de l’eau, lui, on en parle pas. Quant aux traces de médicaments et aux cocktails de traces, dont on persiste à ignorer complètement les effets, il n’existe pas de normes.

Tout cela cependant nous dit-on garantit notre totale sécurité. Ah bon !

Seulement voilà. Le Pr Gilles-Eric Séralini de l’Université de Caen qui a testé les pesticides (ouh, le vilain !), déclare : « Nous avons étendu les travaux que nous avons faits avec le Roundup et montré que les produits tels qu’ils étaient vendus aux jardiniers, aux agriculteurs, étaient de 2 à 1000 fois plus toxiques que les principes actifs qui sont les seuls à être testés in vivo à moyen et long terme ». Et il ajoute « Il y a méprise sur la réelle toxicité des pesticides ».

Dans le même temps (vous allez rire mais peut-être pas vraiment !), certains estiment au contraire que les normes sont trop sévères et qu’il convient de les redéfinir car les pesticides peuvent être bons pour la santé. Voyez-vous ça !

Finalement, voila la stratégie générale : on raconte que les pesticides sont indispensables à l’agriculture (ce qui est complètement faux : l’agriculture biologique ayant prouvé qu’elle obtenait de meilleurs rendements que l’agriculture chimique) et on laisse contaminer les nappes phréatiques par toutes sortes de produits dangereux. Puis on essaye de nous expliquer, sous des prétextes scientifiques douteux, que les résidus contenus dans l’eau du robinet sont bons pour la santé. Avec ça, on se croit autorisé à changer les normes (ou à accorder des dérogations qui n’en finissent pas, ce qui est revient au même). Et le tour est joué ! C’est exactement ce qu’on appelle la perversité dont je parle plus haut !

Mais on semble oublier que le corps humain est composé entre 60 et 80 % d’eau et que l’eau pure (comme l’air pur) nous sont absolument indispensables. S’attaquer à l’eau (ou à l’air), c’est donc s’attaquer au corps humain lui-même. Si on doit changer les normes, cela ne devrait être que pour aller vers le zéro résidu, qu’il s’agisse de nitrites, de pesticides, de calcaire, de chlore (qu’on peut avantageusement remplacer par l’extrait de pépin de pamplemousse 1), d’aluminium,  de médicaments…

Vous dites que c’est impossible ? Vous êtes sûr qu’on veut bien prendre les moyens pour y parvenir ? Moi je pense que si nous ne livrons pas un combat acharné pour l’eau (et pour l’air), la survie elle-même de l’espèce est en danger. Quelle Terre voulez-vous léguer à vos enfants et à vos petit-enfants ?

Un slogan de mai 68 2 me trotte dans la tête : « Soyons réalistes, demandons l’impossible ! ».

C’était pas si idiot !

 

Jean-Michel Desmarais

Nutri-analyste

 

 

 

1MARTIN (Dr Line), Guide des antibiotiques naturels, Saint Afrique, Éditions Équilibre, 2008.

2  COSTA-PRADES (Bernadette), Tu te souviens de 68 ?, Paris, Albin Michel, 2008.

 

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