Eau du robinet

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De toutes parts, on nous encourage à boire simplement de l’eau du robinet. Boire de l’eau en bouteille est presque considéré comme un luxe, parfaitement inutile et, en tous cas, une dépense qu’on pourrait parfaitement éviter. Une espèce de snobisme même ! «Vous n’avez qu’à boire l’eau du robinet, tout simplement ! ». Comme si l’eau du robinet était partout la même, comme si partout on pouvait la boire sans danger.

Comme cela n’est pas du tout le cas, tant pis, mieux vaut être méfiant !

D’abord, c’est vrai, qu’il y a des normes à respecter.

Mais, la première chose à savoir est que, aux dires des spécialistes, ces normes sont complètement dépassées.

La deuxième chose importante est qu’il peut exister des dérogations par rapport à ces normes et que celles-ci peuvent durer neuf mois (soit presque une année, ce qui fait long !). La norme des nitrates contenus dans l’eau de ville est, par exemple, de 50 mg/l. Mais en Eure et Loire, on a relevé dans de nombreux endroits, un taux de 79 mg/l, ce qui rend cette eau tout à fait contre-indiquée pour les femmes enceintes qui sont, du fait de leur état, particulièrement sensibles. Ce qui fait également qu’en Bretagne, où l’ensemble du territoire est contaminé par les déjections de porcs car on y pratique l’élevage intensif, certains maires eux-même conseillent à leurs administrés de ne pas consommer l’eau de leur robinet.

Mais vous n’avez pas fini de vous étonner car pour une même eau, celle que vous buvez, il existe deux lois différentes selon que l’eau est en bouteille ou au robinet. Dans le deuxième cas, elle  doit contenir moins de 50 mg/l de nitrates, dans le premier cas, moins de 30 mg/l de nitrates. Pourquoi cela puisqu’il s’agit bien du même consommateur ? Mystère et boule de gomme !

Certaines municipalité ont à cœur de faire beaucoup moins que la norme (leur approvisionnement est aussi sans doute meilleur). Ainsi, la ville de Besançon  distribue-elle au robinet une eau qui contient moins de 15 mg/l, soit plus de trois fois moins que la norme maximum et deux fois moins que les eaux en bouteille. Ces dernières étant d’ailleurs peu utilisées à Besançon. Mais tout le monde n’habite pas Besançon !

Quant à la norme des pesticides (très utilisés en France – trop sans doute), la norme est de 0,1 mg/l , à peu près respectée partout semble-t-il.

Restent les médicaments dont 40 % finissent à la poubelle sans être utilisés (vive le trou de la sécu !), c’est-à-dire dans les sites d’enfouissement et, finalement dans les nappes phréatiques. Ce n’est pas mieux pour ceux qui sont consommés puisque après avoir été éliminés par l’urine, ils prennent aussi le chemin des mêmes nappes phréatiques.

Alors, bien sûr, on les trouve dans l’eau du robinet à l’état de traces (et à vrai dire dans toutes les eaux puisqu’elles finissent par être toutes – ou presque- polluées) et on nous jure (croix de bois, croix de fer…) qu’aucune de celles-ci ne présente un quelconque danger pour la santé. Tant mieux et merci mais qu’en est-il des cocktails de traces qui eux ne sont pas étudiés car si une trace est inoffensive, son interaction avec une autre peut être très active . Évidemment, on n’en sait absolument rien.

Un bonne nouvelle cependant, d’après les tests du Pr Jean-François Narbonne, toxicologue, expert auprès de l’ANSES, les nouvelles bouteilles plastique ne relarguent dans l’eau aucun de leurs composants,  ce qui n’était pas le cas au début.

Donc, en attendant de pouvoir investir dans un système d’osmose inverse sérieux et un appareil de redynamisation comme le conseillent Nadette et Richard Haas 1, je sous suggère une fois de plus de boire deux litres par jour d’une eau peu minéralisée (Montcalm, Mont Roucous, Rosée de la Reine, x…). Bien sûr, j’explique le pourquoi de tout cela dans mon dernier livre 2.

Quant à l’eau du robinet, gardez-là pour laver la voiture.

Á votre santé !

 

Jean-Michel Desmarais

Nutri-analyste

 

 

1 HAAS (Nadette et Richard),  Purifiez votre eau de table, Paris, Trajectoire, 2008.

2 DESMARAIS (Jean-Michel), Maigrir sans faire de régime, Romart, Monaco, 2011.

 

Crédit photo : <a href=’http://fr.123rf.com/arcady31′>arcady31 / 123RF Banque d’images</a>

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