Jamais, plus jamais !

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Une des plus grosses erreurs psychologiques les plus communément commises par les régimes marketing du commerce est de s’instituer en gardiens de la bonne façon de se nourrir. Ce qui prouve bien, une fois de plus, la nécessité d’avoir recours à la nutri-analyse si on veut comprendre et intervenir sur cette question.

Certes, il y aurait beaucoup à dire sur les dérives de notre mode d’alimentation moderne délétère qui provoque surpoids et obésité, favorise (pour ne pas dire « entraîne ») les maladies  dites : « de civilisation » et entretient de nombreux troubles dont on pourrait venir à bout facilement sans faire usage de médicaments, simplement par l’ajustement judicieux de notre mode de vie1.

Ce n’est pas une raison pour dire n’importe quoi et se comporter n’importe comment.

D’abord, chaque personne est différente de sa voisine et son équation personnelle ne peut être comparée à aucune autre. Comment un seul et même régime alimentaire pourrait-il convenir à toutes les personnes ? Le « Je veux voir tout le monde sur un seul rang et pas une seule tête qui dépasse  » et « Au coup de sifflet, on monte à cheval », on a déjà donné, merci : il ne faut pas nous prendre pour des benêts !

Ensuite, nous allons forcément devoir changer un peu nos habitudes car on ne voit pas comment un même mode d’alimentation qui a provoqué en nous de tels inconvénients, pourrait sans être modifié et quasi miraculeusement, nous permettre, à partir de maintenant, de perdre des kilos, pour prendre cet exemple.

Cela n’est pas tout.

Ces habitudes, outre le fait qu’elles ont souvent été acquises depuis fort longtemps (parfois même dans la toute petite enfance : c’est dire à quel point elles sont fortement chargées affectivement) ne peuvent pas être modifiées sans difficultés du jour au lendemain. C’est le moment de se souvenir de la célèbre phrase de Mark Twain qui disait avec beaucoup d’humour « On ne se débarrasse pas d’une habitude en la flanquant par la fenêtres ; il faut lui faire descendre l’escalier marche par marche ». En fait, tous ces comportement automatiques de tous les jours sont mémorisés par notre inconscient et c’est eux qui nous poussent inexorablement vers le placard aux provisions. Ignorer notre inconscient, c’est ne pas vouloir tenir compte d’une partie de nous-mêmes, peut-être même de celle qui détermine la majeure partie de nos actions.

Tout cela me conduit donc à affirmer que le changement ne peut être que progressif et qu’il ne faut pas vouloir brusquer notre nature. « Allons lentement car nous sommes pressés » avait coutume de répéter le Maréchal Lyautey. Autrement dit, un nouveau mode d’alimentation est adopté au début à 10 ou 20 % puis seulement progressivement à 30, 40, 50 % et finalement, au fur et à mesure à 60, 70, 80 puis 90 %. Pratiquement jamais à 100 %.

Enfin (mais j’en oublie peut-être !), il est possible, pendant quelque temps et dans un but précis, de supprimer un aliment qu’on réintroduira ensuite progressivement dans son alimentation. Sans exclure toutefois l’éventualité qu’alors nous n’en aurons plus très envie car nos goûts auront changé imperceptiblement. Par exemple, je peux envisager (plus facilement) de supprimer totalement les pommes de terre ainsi que les céréales pendant deux semaines, le temps de voir l’aiguille de mon pèse-personne se déplacer dans le bon sens. Cela ne m’empêchera pas de me délecter plus tard d’une assiette de pommes de terre frites, laquelle n’aura pratiquement aucune incidence sur ma courbe de poids car elle ne représentera qu’une exception. Donc, oui aux deux croissants du matin qu’on mangera avec les copains venus nous rendre visite pendant le week end et bienvenue aux petits fours que les enfants ont amenés pour Noël !

Finalement, et c’est peut-être là que réside l’essentiel de ma démarche, c’est que la perte de poids (toujours pour prendre cet exemple qui n’est jamais qu’un des symptômes) n’est qu’une conséquence naturelle de la bonne santé et non la cause d’un inconvénient quelconque qu’on cherche à faire disparaître. Autrement dit, et contrairement à la médecine d’urgence qui fait des merveilles par ailleurs en chassant les symptômes mais qui de ne traite que plus difficilement la cause du problème, je suggère d’abord chercher d’adopter un mode d’alimentation qui a fait ses preuves chez nos ancêtres (depuis 200.000 années : excusez du peu !) et qui correspond exactement à ce que nous sommes.

Ce sont là les conclusions auxquelles ont abouti les chercheurs les plus en pointe au niveau mondial.  On « tend » vers une nouvelle alimentation mais il est certain que celle-ci mettra du temps pour s’installer et connaîtra des allers et retours. Sans compter qu’on peut être amené, pour se faire plaisir, d’imiter Proust et de plonger la main dans le plat de madeleines qui rendent inimitables nos souvenirs affectifs même si elles ne sont pas excellentes pour notre régime. Mais, qui est opposé au plaisir ?

Finalement, on voit que cette décision qui consiste à dire :« Rivière, je ne boirai plus de ton eau » est non seulement sadique mais aussi irréaliste : n’est-ce pas le meilleur moyen de craquer ou de s’imposer des effort démesurés.

« Jamais, plus jamais ? » Sûrement pas !

Et c’est comme ça que vous allez maigrir !

 

 

Jean-Michel Desmarais

Nutri-analyste

 

 

 

1 LORGERIL (Dr Michel de), Prévenir l’infarctus et l’accident vasculaire cérébral, Vergèze, Thierry Souccar, 2011.

 

 

Crédit photo : <a href=’http://fr.123rf.com/metsafile’>metsafile / 123RF Banque d’images</a>

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