Un monde sans céréales

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Souvenez-vous de l’école quand vous étiez enfant. On vous a dit qu’avant notre époque qui a fait des merveilles et après le Paléolithique, qui a duré quelques millions d’années, il y eut le Néolithique et, avec lui, deux innovations considérables sont apparues concernant notre alimentation : le début de la consommation de lait et la culture des céréales. Laissons pour le moment de côté le lait qui mérite un chapitre à lui tout seul et penchons-nous sur les céréales.

La raison qui nous a été donnée est que pour se nourrir la population d’alors, étant donné son accroissement, les hommes avaient adopté la culture des céréales  qui permettait de résoudre le problème. Et comme nous étions des enfants dociles qui croyaient ce que disaient les grandes personnes, nous y avons cru et, la plupart du temps, nous y croyons encore.

Seulement voilà : si aujourd’hui alors que nous avons appris à avoir un regard plus critique sur les choses et les événements, nous examinons cette hypothèse, elle nous apparaît sans aucun fondement. Pourquoi ? Parce qu’avec une population de 7 millions de personnes (au début du Paléolithique, 200 millions à la fin, plus de 7 milliards aujourd’hui) il nous semble que chacun disposait à l’époque d’une immense surface pour cultiver les quelques légumes dont il avait besoin pour se nourrir. Cette hypothèse ne peut donc être qu’un énorme mensonge. Mais comme disait Goebbels qui s’y connaissait en mensonges : « Plus c’est gros, plus ça marche ! ».

Pour ne rien vous cacher, les autres hypothèses, pourtant scientifiques, ne valent guère mieux ! On attend donc une explication qui tienne davantage compte de la psychologie de l’homme, ce qu’on semble ignorer totalement jusqu’à maintenant.

En attendant, on produit près de 500 millions de tonnes de céréales dans le monde, soi disant pour nourrir ses habitants. Hélas, malgré cela, tous les ans, un million trois cent mille personnes meurent de faim sans oublier les millions d’autres qui souffrent de problèmes de malnutrition divers : cherchez l’erreur !

Autre grande trouvaille : les bio-carburants. Des millions de personnes sont donc, comme on vient de le voir, mal nourries mais d’autres, plus favorisées, préfèrent faire rouler leurs voitures. Là encore, nous avons affaire à une fausse bonne idée car il existe une myriade d’énergies renouvelables (étouffées il est vrai par les marchands de pétrole et de nucléaire) ainsi que de nouveaux types de moteurs qui pourraient être utilisés sans avoir recours à cela.

Mais ce n’est pas tout : 56 % de la production de céréales dans les pays développés et 26 % dans ceux en voie de développement, soit 37 % en moyenne mondiale, sont utilisés pour nourrir les animaux.

La conclusion qui découle des informations précédentes est qu’il semble plus intéressant de faire rouler des voitures et donner à manger aux vaches que d’empêcher des populations entières de mourir de faim. Non, ce n’est pas ça ? Alors, je n’ai rien compris !

Le circuit pour le moment est donc : on nourrit les animaux et nous, on mange les animaux. Sauf qu’il faut 16 kg de céréales pour faire 1 kg de viande, que les animaux d’élevage produisent autant de gaz à effet de serre que les transports, que l’élevage intensif utilise des méthodes sadiques envers les animaux et que, finalement, nous mangeons trop de viande, que la viande d’élevage est trop grasse (jusqu’à 30 % alors qu’au Paléolithique les protéines animales – gibier – consommées par l’homme n ‘en contenaient que 4 %) et que nous sommes atteints par un nombre croissant de maladies dites « de civilisation » que nous ne parvenons pas à guérir. Car, en plus de manger les animaux, nous avalons par la même occasion tous les antibiotiques et autres hormones dont ils sont gavés ainsi que les céréales qu’ils ont mangées (ce qui accroît notre ration d’omega-6 dont nous avons déjà de trop).

Venons-en aux céréales elles-mêmes, celles que nous consommons. D’une part, elles contiennent toutes de l’amidon (qui se transforme en glucose au cours de la digestion) qui fait grossir. Et plus elles sont raffinées (comme les fabriquent les industriels aujourd’hui), plus elles font grossir. L’exemple, les USA où 60 % de la population est en surpoids, obèse, diabétique… fait réfléchir. D’autant que les autres pays du monde qui veulent accéder à la culture américaine, prennent le même chemin : la Chine, par exemple, compte déjà 60 millions d’obèses.

J’abrège mais il apparaît de plus en plus clairement que la culture intensive des céréales est un échec sur toute la ligne dont l’humanité risque bien de ne pas se relever.

Alors, la question est : la population mondiale actuelle (infiniment plus importante qu’au Néolithique : plus de 7 milliards contre seulement 7 millions, je le redis) pourrait-elle subvenir à ses besoins sans les céréales ?

Il me faut peut-être rappeler certains faits afin de pouvoir réfléchir au problème qui nous est posé :

    • une surface de potager de 500 m2, convenablement cultivée, peut suffire à nourrir une famille de quatre personnes pendant toute une année, c’est-là-dire à lui fournir les légumes et les fruits dont elle a besoin ;
    • la France compte 65,7 millions d’habitants, soit approximativement 16,5 millions de familles ;
    • ce qui fait en tout un besoin de 8,25 millions x 500 m2 =(à la louche) un peu plus de 4 millions d’hectares.

Comme, en France, la surface cultivée est de 28 millions d’hectares, concluez vous-même.

Oui mais, me direz-vous, et la main d’œuvre ? Vous aurez raison. Je vous ferai simplement remarquer que la mFrance d’aujourd’hui compte 3,316 millions de chômeurs qu’on n’a pas pu dissimuler mais qu’il conviendrait de multiplier ce chiffre par deux (par trois disent certains) pour avoir une idée plus proche de la réalité.

Bien sûr, ce calcul est uniquement théorique et ne peut en aucun cas être considéré pour autre chose qu’un moyen de voir la réalité en face.

Quant à moi, ma conclusion coule de source : j’ai l’impression que dans notre société, on préfère indemniser (mal) des chômeurs, faire gagner des sommes gigantesques à l’agriculture chimique, à l’industrie alimentaire, aux laboratoires pharmaceutiques et dépenser sans compter en frais médicaux divers et en arrêts de maladie que de soutenir l’agriculture biologique.

Il n’empêche que pour vivre mince et en bonne santé et ce le plus longtemps possible, on sait parfaitement aujourd’hui qu’il faut manger moins de viande mais davantage de légumes, bio, locaux et frais de préférence, ainsi que quelques fruits. C’est ce que je répète depuis longtemps et persisterai à le dire en m’imaginant (on peut toujours rêver !) qu’un jour je serai entendu.

Quant à la question de savoir si le monde pourrait vivre sans céréales, on n’ a pas besoin d’expert pour se douter la réponse.

 

 

 

 

 

Crédit photo : <a href=’http://fr.123rf.com/photo_8949162_field-of-wheat-under-cloudy-sky.html’>mycola / 123RF Banque d’images</a>

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