Peut-on changer ?

5183371_s

Nous avons vu que perdre du poids pour retrouver celui de son âge était relativement plus facile qu’il n’y paraissait. Alors, pourquoi le surpoids pose-t-il autant de problèmes ?

Certes, il existe des conditions économiques que maintenant on a bien mises à jour ainsi que quelques autres raisons globales (comme la mauvaise nourriture industrielle), mais cela n’explique pas tout. La réalité, en fait, c’est que pour maigrir, il faut changer ses habitudes alimentaires : c’est tellement évident que je n’ose à peine en parler. Comment les aliments qui nous ont fait grossir pourraient-ils bien, comme par enchantement, se mettre brusquement à nous faire mincir ?

La difficulté à laquelle nous sommes confrontés n’est donc pas de maigrir mais, avant tout, de changer nos habitudes alimentaires et c’est là que ça coince. Or le changement est un sujet sur lequel il se trouve que j’ai beaucoup travaillé depuis longtemps 1 et je me suis demandé de nombreuses fois ce qui nous figeait dans l’immobilité. Finalement, j’ai retenu une hypothèse qui n’explique peut-être pas tout mais qui semble très vraisemblable.

Pour bien la comprendre, il est nécessaire de remonter au moment où nous avons commencé à vivre, c’est-à-dire dans le ventre de notre mère, au cours de notre vie intra-utérine. Certains croient qu’il ne nous en reste aucun souvenir, ce qui est vrai si nous pensons à une image précise comme celles que nous pouvons conserver de notre enfance, mais pas  aucune trace comme cela a été prouvé à maintes reprises. Nous avons vécu pendant les premiers mois de notre vie une existence quasi paradisiaque puisque tous nos désirs étaient immédiatement satisfaits sans que nous ayons à souffrir le moins du monde de l’attente ou du manque. Certains pensent que c’est même à partir de là que nous avons pu concevoir une image de paradis perdu.

Toujours est-il, qu’avec la naissance, cette première sensation a bien changé. D’abord, nous avons connu physiquement toutes sortes de contraintes (dont celle de passer par un étroit canal d’une vie aquatique dans laquelle tout nous était donné sans que nous ayons à fournir le moindre effort, à une vie aérienne avec les nécessités de fournir un effort pour respirer et réclamer de la nourriture quand nous en ressentions douloureusement le besoin) ainsi qu’une terrible déchirure affective puisque pour devenir autonomes, nous avons dû faire la pénible expérience de la séparation d’avec notre mère. Certes, c’est comme cela que nous avons gagné notre liberté mais cela n’a pas eu lieu sans quelques douloureuses difficultés. Ce qui veut dire très concrètement que depuis, pour nous, la perspective même d’un changement, nous fait toujours peur a priori même quand celui-ci doit nous apporter par la suite des améliorations sensibles. Exemple : les modifications que nous devons apporter à la manière de nous nourrir pour aller mieux.

Si, par exemple, nous voulons cesser de manger tous les matins ces deux tranches de pain que nous sommes habitués à tremper dans notre café depuis trente ans, cela nous paraît tout d’abord impossible même si nous savons que le blé moderne est devenu un véritable poison 2 3, source (entre autres) de nos problèmes intestinaux. Alors, que faire ?

On sait ce que valent les grandes décisions du genre : « Demain, j’arrête de fumer ! ». Cela fait penser à : « Demain, on rase gratis »

Il me semble plus efficace de considérer qu’on ne va pas changer si facilement mais que, pourtant, le changement est possible à condition de ne pas s’y prendre n’importe comment.

Changer, en effet, nécessite d’abord de casser une sorte de rite, de se désaccoutumer. Or, le processus de désaccoutumance ressemble un peu à celui d’une drogue car, s’il n’y a pas toujours d’addiction physiologique, il y a au moins une addiction psychologique qu’on appelle l’habitude. Pour reprendre l’exemple des deux tranches de pain le matin, cela ne me semble pas du tout impossible mais je suggère d’accepter que ce sera relativement long et en tous cas progressif.

D’abord, il convient de trouver un produit de remplacement, par exemple des œufs au plat, du fromage, du poisson, un légume… En l’introduisant peu à peu, au lieu du pain, on commencera à changer l’habitude et à remplacer un rituel par un autre un en minimisant la sensation de manque. Or on sait, grâce à la neuroplasticité, que cette nouvelle habitude, va avoir une influence sur les neurones de notre cerveau 4. Ce qui n’est pas rien car cela lui permettra de se développer et de s’installer.

Ensuite, il me semble souhaitable de ne jamais dire : « Jamais, plus jamais ! ». Les exceptions sont nécessaires et, si elle deviennent naturellement avec le temps de moins en moins fréquentes, elles jouent pour le moment le rôle de soupapes de sécurité. Á leur sujet, je crois nécessaire de ne jamais culpabiliser mais, au contraire, d’en profiter au maximum. S’offrir deux croissants de temps en temps avec des copains ou une assiette de frites quand l’occasion se présente, n’aura pas grande incidence sur le processus de changement mais, par contre, aura un rôle positif sur la tension psychologique.

 

Enfin, en référence à l’expérience de la naissance dont j’ai parlé plus haut, se souvenir de toutes les expériences positives qu’on a pu connaître dans sa vie où le changement nous a d’abord fait peur ou bien a connu un début difficile, mais a été finalement très positif et nous a permis de connaître des plaisirs que nous n’aurions pas osé imaginer précédemment.

Une de mes clientes a ainsi fait une expérience proche de celle racontée par le film humoristique : « Bienvenue chez les Ch’ti ». Elle bénéficia d’une promotion professionnelle mais la contrepartie fut qu’elle se trouva mutée dans le nord de la France (contrairement au film, il n’y avait aucune raison disciplinaire dans son cas, au contraire) Elle y pensa pendant plusieurs jours avant et quitta le midi auquel elle était accoutumée à reculons. Je restai en relations avec elle et nous nous téléphonions de temps en temps. Quelques années plus tard, elle se trouva finalement tellement enchantée par ce changement qu’elle n’avait plus grande envie de redescendre dans le sud.

Maigrir est donc possible et changer aussi. Faites-vous confiance et lancez-vous !

 

 

 

 

PS : Je vous ai dit que manger correctement s’apprenait et que cette nécessité là n’était pas toujours respectée.

J’y reviens et j’insiste.

En effet, si vous vous en tenez aux connaissances traditionnelles transmises de génération en génération, vous allez être horriblement déçu. Pourquoi cela ? Tout simplement parce que le monde a changé très rapidement et que la situation que nous connaissons aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle de nos parents et encore moins nos grand parents.

Quand à  à ce que peuvent raconter aujourd’hui les industriels de l’agro-alimentaire, la plus grande méfiance est de rigueur.

 

1 DESMARAIS (Jean-Michel), HAMELLE (Brigitte) et NIEWENGLOWSKI (Pierre), Anticiper et vivre le changement, Paris, Les Éditions d’Organisation, 1990.

DAVIS (Dr William), Pourquoi le blé nuit à votre santé, Québec, Canada, Les Éditions de l’Homme, 2012.

3 VENESSON (Julien), Gluten, comment le blé moderne nous intoxique, Vergèze, Thierry Souccar Éditions, 2013.

4 DOIDGE (Dr Norman), Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau, Paris, Belfond, 2008.

 

 

 

Crédit photo : Image credit: <a href=’http://fr.123rf.com/photo_5183371_new-born-baby-being-treated-just-after-the-birth.html’>icefront / 123RF Banque d’images</a>

Laisser un commentaire